samedi 25 mars 2017

Dans la boîte aux lettres!

C'est un raz-de-marée de livre auquel on a droit cette semaine! Ben ces deux dernières semaines, puisqu'on était à Paris depuis le 15 mars. 

Dans la boîte aux lettres, il y avait

Pivot, Marie-Ève Cotton, VLB

Le bal des absentes, Julie Boulanger
et Amélie Paquet, La Mèche
 
Mara M., Élyse-Andrée Héroux,
Les Éditions de l'Homme

Quelque part entre toi et moi, Annie Quintin,
VLB Éditeur

L'Apprentie, Mélissa Blais, Société des écrivains

Jardiner avec Marthe, Marthe Laverdière,
Les Éditions de l'Homme

Tu aimeras ce que tu as tué, Kevin Lambert,
Héliotrope

De la confiture aux cochons, Véronique
Marcotte, Québec Amérique

Toutes les fois où je ne suis pas morte,
Geneviève Lefebvre, Libre Expression

Dans la tête d'un gars, Maxim Martin,
Les Éditions du Journal
Raconte-moi Pierre Lavoie, Jessica Lapinski,
Petit homme

Raconte-moi Yan England, Kim Nunès,
Petit homme

La monde de Rosemarie, Rosemary Doyle,
Éditions L'Interligne

Raf à la rescousse - Le journal d'Elly,
Nadine Descheneaux et Amy Lachapelle,
Les Z'Ailées
Durant notre séjour à Paris, on a visité French Pulp éditions. Voici ce qu'on a ramené dans la soute à bagages :

Nous étions une frontière, Patrick De Friberg


Bronx - La petite morgue, Laurent Guillaume

La compagnie des glaces, tome 1 et 2, G.-J. Arnaud

Génération Clash, G.-M. Dumoulin

Frankenstein, tomes 1 à 6, Jean-Claude Carrière

De sinistre mémoire, Jacques Saussey

Colère noire, Jacques Saussey

On a visité le libraire à Paris et on a acheté les livres des auteurs qu'on a rencontré à l'émission On n'est pas couché 

Un escargot tout chaud, Isabelle Mergault,
Grasset


Croire au merveilleux, Christophe Ono-Dit-Bio,
Gallimard

Puis, je suis tombé sur un livre que je n'ai pas pu m'empêcher d'acheter!

Kurt, Laurent-David Samama, Plon

mardi 14 mars 2017

Un vibrant témoignage de Roméo Dallaire

L’auteur de J’ai serré la main du diable, présentait la semaine dernière son dernier récit, Premières lueurs.

Dans ce nouveau bouquin, il nous explique, et on le constate, qu’il y a deux Roméo Dallaire, celui d’avant puis celui d’après. Après le génocide rwandais survenu en 1994, où il a été responsable du commandement de la mission de l’ONU. Il en est revenu avec ce que l’on appelle une blessure opérationnelle au cerveau.

C’est que là-bas, en plus d’avoir vu des atrocités, il a vécu de l’impuissance et de l’indignation alors que l’ONU ne retient pas ses recommandations et lui interdit d’agir. Le sentiment de culpabilité le hante. Il s’en veut de n’avoir pu faire plus pour sauver les plus de 800 000 personnes décédées et les centaines de milliers d’autres blessées.

Le TSPT (trouble de stress post-traumatique) dont il souffre toujours peut se manifester par des sautes d’humeur, des cauchemars, des réminiscences, des comportements autodestructeurs (automutilation, excès d’alcool, excès de vitesse). Les sujets qui en sont atteints feront tout pour éviter de sombrer dans le sommeil. Les nuits sont l’ennemi. Avec la noirceur, le sommeil qui, lorsqu’il vient, amène avec lui d’affreux cauchemars qui ramènent Roméo Dallaire au Rwanda, où le visitent les âmes en peine qu’il a l’impression d’avoir abandonnées. Ce n’est que quand le jour se lève qu’ils le quittent. Ce n’est qu’à ce moment qu’il peut respirer un peu mieux, d’où le titre, Premières lueurs.

Pour composer avec les fantômes de la nuit, il se réfugie dans l’alcool, dans le travail, dans la malbouffe ou dans le parc face à son minuscule et minable appartement qu’il a transformé en une réplique de son bureau.

Roméo Dallaire incarne le sens du devoir. C’est le moins qu’on puisse dire. Malgré son état, il ne cesse d’accepter des mandats, à plusieurs reprises durant sa carrière post-Rwanda. Étant de toute évidence une personnalité de type A, il est acharné, travaille sans relâche et ne s’accorde pas de plaisir, il ne sait sûrement plus comment et peut-être est-ce aussi une manière de se punir. Le côté positif, ça l’occupe, c’est ce qui le sauve, avec les médicaments qu’il doit ingérer quotidiennement. Le pendant, c’est que ça vide et ça rend plus vulnérable, d’autant plus que c’est toujours des mandats dont l’objet réactive sa blessure.

Si l’on en entend parler que lorsqu’il est à l’origine de suicide, de très nombreuses personnes vivent avec un trouble de stress post-traumatique tous les jours. Survivent, devrais-je dire. Car c’est bien de survie dont il s’agit. Chaque jour est un combat pour la survie. Roméo Dallaire lance un plaidoyer pour qu’on brise le silence, mais surtout pour qu’on puisse le déceler et le traiter rapidement, afin qu’il fasse le moins de dommages possible, pour que l’on puisse en guérir. Dans son cas, il estime qu’il a commencé à le traiter trop tard et qu’il devra vivre avec jusqu’à la mort.

Celui qui a eu plusieurs rendez-vous manqués avec la mort se dévoile avec générosité.Roméo Dallaire n’est jamais vraiment sorti de l’enfer du Rwanda. Les souvenirs des atrocités, des cadavres, des gens mutilés sont toujours frais dans sa mémoire, comme s’il y était encore. S’il a couché sur papier les conséquences de cette blessure de guerre, c’est afin que l’on comprenne et qu’on intervienne. Qu’on offre de meilleurs services à ceux qui souffrent de TPST. Afin qu’on reconnaisse que les militaires ayant été en mission de paix peuvent également être d’anciens combattants. Qu’on élimine un des éléments qui contribue à l’occurrence du trouble chez certains combattants, le phénomène des enfants-soldats.

J’ai trouvé cette lecture très difficile par moments. J’ai senti l’impuissance de Roméo Dallaire à travers chaque mot et je peux comprendre à quel point cela a pu être aliénant. J’ai été outrée de constater à quel point l’ONU a ignoré ses avertissements et l’a empêché d’agir. Il est à se demander si cet organisme n’est pas là que pour qu’on se donne bonne conscience. A-t-il un pouvoir ou une utilité concrète? Je me le demande bien.

Il y a peu de descriptions de ce qu’il a vu. Ce n’était pas le propos du livre que de faire un relevé plutôt gore des atrocités. Ce qu’on lit n’a que pour objectif d’illustrer au minimum les images qui le hantent afin que l’on comprenne d’où provient la maladie. Pour cela, je remercie les auteurs qui ont évité d’en mettre plus que nécessaire. C’est déjà bien assez troublant comme cela.

Le Lieutenant-Général Dallaire détient plusieurs pistes et moyens d’améliorer la situation canadienne et mondiale et pose d’importantes questions. Qu’il s’agisse des enfants-soldats, des anciens combattants, de la gestion de conflits armés complexes, il a démontré à de nombreuses reprises qu’il est possible de faire quelque chose. Il ne manque que la volonté et l’agir politique. Pour cela, nous, citoyens, avons également un rôle à jouer. En exigeant de nos élus qu’ils posent des gestes concrets afin d’améliorer les droits de la personne.

Un livre bouleversant qui ouvre les yeux et devrait nous sensibiliser suffisamment pour que nous nous mobilisions.


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

samedi 11 mars 2017

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Ouh lala! Une belle récolte cette semaine! Heureusement que des vacances se pointent à l'horizon, ça va nous donner le temps de lire ça... en tout cas une partie!

Bonne fin de semaine!
Jeanne, Sophie Bouchard, À l'étage

Philippe H. dans l'angle mort, Mylène Fortin,
Québec Amérique

Les trésors cachés du français d'Amérique,
Hubert Manson, Les Éditions de l'Homme

Amqui, Éric Forbes, Héliotrope Noir

Révolution fermentation, Sébastien Bureau
et David Côté, Les Éditions de l'Homme



Zoélie l'allumette, tome 4 - Le voleur de tartes
et
Les filles modèles, tome 7 - Transitions chocs,
Marie Potvin, Les Malins







vendredi 10 mars 2017

La pureté de la blancheur n'exclut pas le vice


Quel spécimen, cette Andréanne Mars! C’est une jeune femme d’un narcissisme consommé! Elle n’en a que pour elle, les autres ne l’intéressent pas vraiment. Elle est jolie, blonde, s’admire dans les miroirs du centre de conditionnement physique où elle travaille comme entraîneur personnel. Entre l’âge de 19 et 26 ans, elle s’est mariée, et a divorcé, trois fois. Ce n’est pas l’engagement qui l’intéressait tant, mais le fait que ça lui permet de se mettre une belle robe blanche, manger un gâteau blanc, avoir des papillons dans les cheveux.

Le comble, c’est que tout le monde l’aime, ses clients, ses amis, ses voisins, les gens qu’elle croise. Tout le monde! Peut-être pas tant pour sa personnalité, quoiqu’elle sait bien se faire courtoise avec les clients, mais plutôt pour l’image qu’elle dégage. Elle possède une espèce d’aura angélique, elle qui est toujours habillée de blanc. D’ailleurs, le duplex qu’elle habite (celui que son troisième mari lui a acheté, ainsi que celui d’à côté) est exclusivement blanc des murs aux meubles.

Après son troisième divorce, sa vie sexuelle est inexistante. Il faut dire qu’elle n’a pas été très satisfaisante pour elle auparavant. Sur les conseils de son frère, Jacquo, atteint d’une maladie mentale non spécifiée pour laquelle il s’automédicamente, elle s’essaie à la masturbation. Pour se stimuler un peu, elle tente de regarder de la porno. Très peu pour elle, tous ces artifices.

Alors que les travaux de rénovation sur son deuxième duplex semblent avancer trop lentement, elle y installe une caméra pour voir ce que font ses ouvriers. Elle découvre quelque chose qui changera sa vie sexuelle du tout au tout. Elle se met donc à la recherche de locataires temporaires pour les observer avoir des relations sexuelles. Ça la comble, jusqu’à ce qu’elle rencontre Clothilde, qu’elle invite à louer le deuxième duplex. Clothilde voue une admiration à Andréanne. Elle est attirée à elle comme un papillon de nuit à une source de lumière. C’est une femme très introvertie, plutôt lunatique et, plus gros problème, elle ne baise pas. Andréanne part en croisade pour lui trouver un partenaire de baise, cependant, ce ne sera pas chose facile et Andréanne aura du fil à retordre.

Le ton du roman m'a beaucoup plu. Véronique-Marie Kaye a une écriture vive, sarcastique et parfois grinçante. Les touches d'humour sont bien dosées. Les personnages sont bien construits et tout en complexité. Il est intéressant de voir celui de Clothilde se développer. Quant à Andréanne, que dire! On se demande parfois comment les gens peuvent être attirés par la jeune femme qui dans le fond, est exécrable! Tout ce qu’elle fait est motivé par la quête de satisfaction de ses besoins. Les autres n’ont d’intérêt que dans la mesure où ils peuvent l’aider en ce sens. Ça l’amène parfois à dire des choses qui sont absolument ahurissantes! Le pire étant qu'elle ne s'en rend pas compte ou bien qu'elle s'en fiche, en bonne narcissique qu'elle est. Des jours après la fin de ma lecture, j'ai le même malaise quand je pense à Andréanne. Elle est tout simplement fascinante et dérangeante à la fois. Bravo à l'auteure qui a réussit à créer chez le lecteur cette fascination ( un peu comme pour les gens qui la côtoient) et ce malaise devant ce qu'elle est et ce qu'elle fait.

Andréanne, Jacquo et Clothilde ont quelque chose en commun. Ils ont tous trois de la difficulté à « être » avec d’autres personnes. Chacun à sa façon n’arrive pas à se trouver sur le même plan que les autres et à entamer une communication efficace.

C’est un roman fort divertissant qui vous fera passer un bon moment.


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


mercredi 8 mars 2017

Lady Boomerang

Nitou et Ntinu Luaka sont amoureux comme au premier jour. Ils ont une petite fille, Santou Mango-Mango, qu’ils couvrent d’amour. Lorsque Ntinu Luaka, la mère, meurt avalée par les eaux de la rivière, la vie du mari et de la fille devient dévastation. Nitou n’arrive pas à reprendre pied dans la vie et se laisse aller. Il se rend souvent au bord de la rivière pour pleurer sa défunte épouse.

Plusieurs années, après que Dalida lui a fait une cour assidue, Nitou accepte de se remarier. Dalila lui donnera des fils jumeaux. Malheureusement, Nitou décède dans un tragique accident de voiture. La vie continue et le temps passe. Santou devient amoureuse de Dina, avec qui elle compte se marier. Pour sa part, Dalida, la jeune veuve de son père prend un amant en la personne de Nzenza, l’ancien patron de Nitou. Mais voilà que Nzenza fait des avances à la jeune Santou et s’arrange pour que Dina s’éloigne d’elle.

Et c’est là que tout bascule... vraiment. Au départ, on croit que Santou est en proie à un cauchemar, mais en continuant à lire, on se rend compte que ce n’est pas cela. Santou a basculé dans une autre dimension, se retrouvant à son tour dans les eaux. C’est à ce moment que l’aspect fantastique du récit prend son envol. Santou se retrouve enceinte et accouche de jumeaux qui sont en fait des monstres. Nzenza compte bien la garder dans son royaume, mais après maintes épreuves, Santou réussit, avec l’aide d’une femme mystérieuse, à se sauver et à retrouver le chemin de la maison. Cependant, elle n’est que l’ombre d’elle-même. C’était une épreuve de trop. Sera-t-elle en mesure de redevenir celle qu’elle était?

Les talents de conteuse de Marie-Léontine Tsibinda sont indéniables. Elle nous plonge dans un univers magique fort original où les secrets foisonnent autour d’histoires d’amour et de haine. Elle partage également avec le lecteur son amour de la poésie dans quelques passages. Par contre, comme il n’y a pas d’indication de qui parle, il est parfois difficile de suivre les dialogues qui sont, en contrepartie, fort colorés.

Il s’agit du premier roman de cette Néo-Canadienne originaire du Congo-Brazzaville. Elle est également conteuse, poète et nouvelliste. 

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

samedi 4 mars 2017

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Cette semaine, nous avons reçu un récit tant attendu qui porte sur le trouble de stress post-traumatique, puis une petite surprise, une réédition d'un roman de Lise Demers. 

On vous en parle le plus rapidement possible! Sûrement d'ici deux semaines!

Bon week-end!
Premières lueurs - mon combat contre
le trouble de stress post-traumatique
,
Roméo Dallaire, Libre Expression

Gueusaille, Lise Demers, Sémaphore

jeudi 2 mars 2017

Et si, tout d'un coup, la vie se mettait à être plus facile?

Catherine Chamberland travaille dans une grande firme de relations publiques après avoir œuvré en politique. Sa carrière est florissante, ses amours vont bien, elle a un mari génial qui l’aime profondément et qui l’accepte telle qu’elle est. La famille recomposée qu’elle a conçue avec son mari, son fils et la fille adolescente de son mari la comble de bonheur.

Puis un jour, elle croise un ancien ministre très apprécié de la population, Max Belfond, qui est surtout son grand amour qui a rompu avec elle dix ans auparavant. Quand ils se rencontrent pour souper au restaurant, celui-ci lui remet une enveloppe, en lui faisant une promesse : tout sera désormais facile pour elle. C’est tout ce qu’il lui dit, mis à part pour la directive de n’en parler à personne.

Qu’est-ce que peut bien être ce cadeau? Dans l’enveloppe, une carte argentée avec une bande magnétique et un carton avec les bouts de phrases : « en toute humilité, j’aimerais… » et « pour le bien de tous, il faudrait… », « parce qu’il est important d’aller au fond des choses ». Lorsqu’elle les utilise, une chose impressionnante se produit. Toutes les barrières à ses requêtes fondent comme neige au soleil.

Intriguée par la carte, elle se met à l’utiliser un peu par hasard et, du coup, elle reçoit des cadeaux, des rabais incroyables. Bien sûr, tout cela a un côté qui lui plaît, mais elle se questionne sur l’origine de cette carte. Est-ce l’outil d’une société secrète? De plus, elle ne se sent pas bien d’avoir à cacher des choses à son mari.

Elle se trouve dès lors prise dans des dilemmes d’ordre moral et éthique, saura-t-elle préserver son intégrité? Elle craint de basculer dans l’illégalité et l’idée de faire partie d’une société secrète comme celles dont sont membres certains hauts dirigeants d’entreprises, politiciens et autres fortunés, la rebute. Elle souhaite demeurer intègre et mériter ce qu’elle obtient, cependant la vie et les privilèges que peut lui offrir la carte argent sont très tentants.

Puis il y a la question de l’amour, qui la titille. Il y a, d’une part, la passion profonde pour celui qu’elle a toujours perçu comme l’amour de sa vie, d’autre part, il y a cet amour doux, tranquille et profond pour un homme qui à la base n’était pas son type physique, qui est si différent d’elle. Son mari est du genre posé, alors qu’elle vit les choses intensément. Pourtant son mari l’aime de manière constante et l’amour qu’il lui voue est indéfectible. Mais comment résister à la tentation de rallumer la flamme d’un ancien amour, quand cela nous a pris tant de temps à nous remettre de la fin de la relation? Quand on aime encore cet ex. Catherine est manifestement confuse quant à déterminer si son amour tranquille avec son mari est aussi puissant que les sentiments qu’elle éprouve pour Max.

Toute femme ayant connu une histoire d’amour forte, qui a un « IL », un « LUI›, avec qui le lien fut si fort qu’elle a peiné à l’oublier au point qu’il l’habite encore, comme une dépendance comprendra, s’y retrouvera.

Catherine est un beau personnage. Elle est intègre, droite, et humaine. Elle aussi peut succomber à certaines tentations par moment. Cependant, elle est en mesure de se sentir glisser et de rectifier le tir si nécessaire. Le récit est parsemé de notions psychologiques ou de vérités de la vie qu’on ne remarque que si on les connaît tant elles sont intégrées de manière naturelle dans le récit. Catherine est une femme qui possède une grande sagesse et une bonne conscience d’elle-même et de ses processus internes. Non seulement elle excelle en politique et en relations publiques, mais elle connaît bien la psychologie humaine, nécessaire à l’accomplissement de son travail. Quoique certaines personnes dans ce milieu ont des lacunes de ce côté-là, ce qui fait en sorte qu’ils ont moins de succès que Catherine peut en avoir. On sent qu’elle a appris de ses expériences passées, qu’elle a l’humain à cœur bien qu’elle œuvre dans un milieu où il peut être aisé de l’oublier. Pour préserver l’image de leurs clients, certains spécialistes pourraient être tentés d’écraser ou d’humilier quiconque se dresse entre eux et leur objectif ultime.

On est aspiré dans l’histoire de Catherine et les pages se tournent d’elles-mêmes. Quand je regardais où j’en étais rendue, j’étais étonnée d’avoir lu tant de pages en si peu de temps. Ça se lit en une journée, pour peu que vous ayez quelques heures.

Je lis Sophie Bérubé depuis son tout premier roman, Sans antécédents. Un roman coup-de-poing qui a connu beaucoup de succès. La chance qu’on a quand on suit une auteure depuis le début, c’est qu’on est à même de constater la progression de son écriture, mais aussi celle-là même de l’écrivaine. C’est un phénomène qui me ravit chaque fois qu’il m’est donné de le constater.

L’écriture de Sophie Bérubé a beaucoup progressé depuis son premier roman. Elle est plus solide, son style s’est affiné. Elle manie l’intrigue de brillante manière. Le travail d’édition est impeccable. Les coupures sont faites au bon moment, le rythme est maintenu, le suspense est juste bien dosé.

Autre roman de Sophie Bérubé : La sorcière du palais


Yannick Ollassa  / La Bouquineuse boulimique