lundi 30 janvier 2017

Mata Hari : payer le prix de la liberté quand on est une femme


Pour son dernier roman, Paulo Coelho a choisi de retracer les grandes lignes de l’histoire de Geertruida Zelle, alias Mata Hari; la première femme a dansé complètement nue dans une Europe de la fin des années plus ou moins prête à cela.

Le récit se décline en trois parties dont les deux premières constituent une longue lettre qu’elle adresse à son avocat. La troisième partie, pour sa part, est la réponse dudit avocat à cette lettre. Le texte est agrémenté de photos et coupures de presse de l’époque. L’auteur insiste sur le fait qu’il s’agisse d’un roman. Il s’est inspiré des renseignements recueillis lors de ses recherches, mais a parfois modifié le cours des faits et a créé les dialogues de toute pièce.

Dès les premières pages, on assiste à son exécution, alors qu’elle est âgée de 41 ans. Le reste du texte retrace les grandes lignes des événements qui ont mené à ce moment tragique.

Née en Hollande en 1896, celle qui prendra le nom de Mata Hari alors qu’elle habite Java, dans les Indes orientales, où elle se trouvait avec un mari général de l’armée, en a rapidement eu assez de jouer le rôle d’épouse. Elle a donc quitté le mari et le pays pour s’établir à Paris. Pour subvenir à ses besoins, elle a préparé un spectacle de danse qu’elle présenta dans les cabarets. La nouveauté et la hardiesse de la chose ont attiré beaucoup d’attention et dans les premières années, la presse a été louangeuse à son égard. Quand la Première Guerre mondiale s’est déclarée, elle a dû quitter le pays, et c’est après quelque temps en Hollande qu’elle a été contactée par un officier allemand qui lui a remis un permis pour retourner à Paris à condition qu’elle lui transmette certaines informations.

Accusée par la France de vendre des informations à l’Allemagne, alors qu’elle prétend ne pas l’avoir fait, elle doit faire face à un procès perdu d’avance. Cela on le constate dans la troisième partie, celle de la réponse de l’avocat à sa lettre. On constate aussi qu’il a lui-même des préjugés et que sa défense en a assurément souffert.

Le portrait que dresse Paulo Coelho est celui d’une femme avant-gardiste, libre et assumée. Une femme qui avoue rêver d’être acceptée et respectée. C’est ce qui la mène à échanger le sexe pour du pouvoir. Malheureusement pour elle, ça ne fonctionne pas très longtemps. Au début, elle est adulée, mais les critiques et le mépris arrivent rapidement. Sa hardiesse est loin de faire l’unanimité dans une société où la femme est encore reléguée aux rôles d’épouse et de mère. Les multiples amants fortunés et haut placés qu’elle collectionne font parler et dérangent. Son côté frondeur lui vaudra des problèmes.

La lecture nous révèle ce dont on se doutait : Mata Hari a été persécuté parce qu’elle était une femme, parce qu’elle dérangeait la morale ambiante et aussi, il faut le dire, parce qu’elle a quelque peu joué avec le feu en parlant tant à des responsables français et allemand des services d’espionnage.

Comme plusieurs personnes, je connais vaguement le personnage de Mata Hari. En fait, ce que j’en sais, c’est qu’il s’agit d’une danseuse que plusieurs considéraient comme une prostituée de luxe, et qu’elle a été exécutée parce qu’elle a été reconnue coupable d’espionnage.

Le livre de Coelho permet d’en découvrir un peu plus le personnage; notamment sur la partie de sa vie avant qu’elle devienne célèbre. L’auteur ne s’attarde d’ailleurs que peu sur la période durant la guerre, laissant flotter un certain voile de mystère sur ses alléguées activités d’espionnage.

L’histoire se lit facilement, même si la dernière partie est peut-être un peu moins palpitante. Même si certains détails sont véridiques, l’auteur admet avoir parfois un peu arrangé la réalité pour coller au format de roman.  

J’y ai trouvé un petit peu de redondance et j’aurais aimé que l’histoire soit davantage approfondie. Le sujet est passionnant et j’aurais aimé en savoir plus. On se trouve devant un survol des faits, on a l’impression de rester en surface d’une histoire qui aurait pu être encore plus intéressante. J’aurais aimé qu’on aille plus profondément dans le personnage, dans ses entrailles. J’aurais aussi aimé en savoir davantage sur son quotidien et la manière dont elle le vivait. Bien sûr, le choix d’aborder le récit par l’entremise d’une lettre adressée à son avocat alors qu’elle est emprisonnée ne permettait pas l’exploration en ce sens. Et ça, c’est le choix de l’auteur.

Pour ceux qui ont déjà lu du Paulo Coelho, ne cherchez pas de ressemblance avec ses autres romans. On est loin des romans dans lesquels on trouvait un sens, une inspiration. On ressort toutefois avec la certitude que cette femme a été mal jugée et persécutée parce qu’elle dérangeait. Qu’elle a été forte, mais que parfois, cela ne suffit pas.


C’est donc un roman vite lu, somme toute agréable, qui nous fait redécouvrir un personnage connu, une femme souvent enviée et décriée.

Yannick Ollassa / La bouquineuse boulimique

samedi 28 janvier 2017

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Cette semaine nous avons reçu plusieurs envois surprise! La saison reprend officiellement!

Bon week-end!

Marée montante, Charles Quimper,
Alto

Le choix 2,
Anna Todd, Les Éditions de l'Homme

Off campus, Saison 1 - L'entente,
Elle Kennedy, Hugo Roman

La voix du silence, Jano Bergeron,
Les Éditions La Semaine

samedi 21 janvier 2017

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Après une belle pause de plusieurs semaines, c'est le retour des livraisons! Voici ce que nous avons reçu :

Ô Cannabis, Michel Morin, Perro Éditeur

Mots cachés secrets #2, Éditions Bravo!

Sarah et moi, tome 2, Christian Tétreault,
Les éditions de l'Homme

N'oublie jamais, saison 1 - Never,
Colleen Hoover et Tarryn Fisher,
Hugo Roman

jeudi 19 janvier 2017

Le parfait compagnon de voyage!


Bien que l'hiver soit plutôt clément pour l'instant, il n'est pas dit que l'appel du Sud et de ses rayons de soleil ou d'une contrée lointaine ne se fera pas sentir! Pour ma part, je quitte pour un séjour à... Paris (évidemment! 😉) dans 55 jours! Quand je voyage, j'ai tout un arsenal dans mon dans mon bagage à main! Des médocs, qui prennent la moitié de mon sac à dos, mon kit d'hydratation (yeux, bouche, sinus... c'est sec en maudit dans les avions) des livres, bien sûr, et un cahier de jeux de mots. Je ne prends pas un vol sans avoir cet ami précieux. Je trouve ça long sans bon sens de rester assise pendant 6 à 7 heures et avec ma chance, j'ai souvent vu pas mal tous les films du répertoire offert par la compagnie aérienne. Et comme j'ai un peu la bougeotte depuis que j'ai la sclé (sclérose en plaques), ma capacité de concentration  (surtout avec le bruit ambiant), j'ai besoin de changer d'activité de temps en temps entre les repas.


Cette semaine, j'ai reçu un album de mots cachés secrets, des Éditions Bravo. Ce qu'il a de génial, c'est qu'au lieu de nous donner la liste de mots à trouver dans la grille, ils nous donnent des indices pour les trouver. Ça nous permet donc de faire travailler une autre zone de notre cerveau. Si jamais on arrive pas à trouver tous les mots, en derniers recours, il y a les réponses pour chaque grille à la fin du livre.  Comme vous pouvez le constater, j'ai déjà commencé à faire quelques grilles. 


Avec près de 140 grilles, je ne risque pas de les avoir toutes terminées avant mon vol! Les sujets sont variés, le niveau de difficulté est assez facile et le lettrage est gros, ce qui est parfait pour ceux qui commencent à avoir la maladie des bras trop courts... alias, la presbytie!

Les Éditions Bravo offrent également d'autres albums forts intéressants, dont Ultime remue-méninges (ça j'aurais besoin de ça pour faire travailler mon cerveau sclérosé) et Quiz Québec. Voici le lien pour en savoir plus https://www.groupemodus.com/categorie-produit/livre/livres-jeux/



Bonne distraction!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


dimanche 15 janvier 2017

Une anticipation de notre société… vraiment?

Marie-Ève Sévigny a choisi de placer l’action de son roman d’anticipation dans un cadre normalement reposant : l’île d’Orléans. « Chef », un retraité de la SQ en poste sur l’Île, y coule des jours paisibles à bord de son voilier. Il fuit sa femme, Nathalie, avec laquelle les relations sont simplement réduites à leurs stricts minimums. Il voit régulièrement son « thérapeute », c’est ainsi qui nomme son libraire, qui lui conseille la lecture de polars étrangers puisque les québécois lui rappellent trop son travail. La vie suit donc son cours sur ce bout de terre majoritairement paisible, jusqu’au jour où le chalet de Gabrielle vient à être incendié.

Gabrielle étant son ancienne amante, il ne peut résister à l’envie de mener sa propre enquête en parallèle de celle de la SQ. Il faut dire que ce petit bout de femme mène une vie bien peu ordinaire. Militante écologique très active, elle lutte contre le développement d’un consortium pétrolier « Cliffine Energy » tout en travaillant dans une ferme qui emploie de nombreux travailleurs étrangers. Malheureusement, le cadavre de l’un de ces employés est retrouvé non loin de la zone d’incendie. Y a-t-il un rapport? Où simple coïncidence?

Sur un fond d’enquête policière, nous ne pouvons faire autrement que rester pensif à la lecture de ce livre. Les enjeux qui sont soulevés au travers des pages sont loin d’être fantaisistes et si éloignés dans le futur que cela. Les conditions de travail dans les fermes des personnes issues d’Amérique du Sud ne sont pas problématiques que dans ce roman. Elles nous rappellent certains événements qui ont fait la une, il n’y a pas si longtemps. De plus, la corruption omniprésente de la classe politique et la résignation de la population qui la subit trouvent aussi un écho dans le climat actuel qui prédomine un peu partout. Sans compter les scandales et enjeux du transport du pétrole qui cadrent parfaitement à l’actualité.


Bref, avec une écriture agréable, l’auteur nous transporte non seulement dans une histoire intéressante à lire, mais elle nous invite à penser à ce que nous nous préparons comme futur. Un livre qui, à mon avis, devrait trouver sa place sur toutes les tables de chevet.

Veuillez noter que Sans terre est en lice pour le Prix France Québec. Félicitations et bonne chance!

Dominique de Leeuw