lundi 29 mai 2017

Tuer la poule

Katia De Luca est une auteure populaire de comédie romantique. Après un scandale concernant un plagiat, elle court à New York retrouver son chum et tenter de faire carrière là-bas. Ses efforts sont vains et à la suite de sa rupture avec son amoureux, elle se retrouve de nouveau à Montréal, complètement fauchée, sans appart et sans boulot et.

Ne voulant affronter les gens et refusant d’afficher sa déconvenue – non, mais, elle a été célèbre, que vont penser les gens! – elle se cloître dans sa chambre miteuse avec un affreux chien baveux aux yeux exorbités, que sa sœur la pratiquement forcée à adopter. Elle a toutes les intentions de se remettre à l’écriture, a même promis un manuscrit à son éditrice pour la fin de l’été, mais elle n’arrive plus à trouver l’inspiration pour écrire.

Des visites à la bibliothèque et à la librairie lui confirment qu’elle a été déclassée, ce qui la met dans tous ses états. Pire, une femme qu’elle a connu s’est mise à l’écriture et remporte un franc succès qui achève de mettre Katia hors d’elle. À partir de ce moment, elle n’est obnubilée que par une idée : tuer sa rivale. Ainsi elle invite ses compétitrices, auteures de chick lit, dans un chalet où elle compte se débarrasser du cadavre dans les bois… puis d’écrire un livre à succès à ce sujet!

Voilà un roman rigolo et grinçant sur la trahison, la compétition, le désir de célébrité et de vengeance. Karine Glorieux a sûrement eu du plaisir à écrire tout ce qu’on n’ose pas dire tout haut quand on s’estime lésé par quelqu’un. En tout cas, nous, on a du plaisir à le lire!

Pour ceux qui pensent – y’en a-t-il vraiment? –, qui pensaient que le milieu de l’édition était exempt de compétition et d’hypocrisie, pour ceux qui oublient que l’édition c’est une entreprise privée et que, donc, l’objectif est de vendre des livres, il y a un topo de ce que cela peut être aussi. Il ne faut pas oublier que, comme dans tous les milieux, il y a des humains. Que les humains sont souvent en compétition. Qui, déjà, disait « Quand y’a de l’Homme, y’a de l’hommerie! » C’est pas un personnage joué par Micheline Lanctôt? Bref, ici, on se trouve dans un exemple où c’est un peu exacerbé, puisque c’est le sujet du roman.

Il n’en demeure pas moins que c’est un roman fort plaisant qui saura assurément égayer le temps que vous prendrez à le lire!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

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