mercredi 10 mai 2017

Le prochain Nathalie Roy en librairie le 17 mai prochain

En mai, c’est le retour des romans de Nathalie Roy. Après avoir relaté des vies de femmes dans la vingtaine et la trentaine, elle nous présente un pan de la vie d’Alice, 43 ans.

Parenthèse
Tout de go, je dois vous dire que quand on lit et qu’on écrit, il n’est pas rare que l’on tombe sur des romans qui abordent des thématiques avec nos manuscrits et qu'il y ait des similitudes. C’est le cas pour moi cette fois-ci. L’histoire d’Alice est différente de celle du personnage de mon manuscrit amorcé il y a cinq ans et qui dort maintenant sur une tablette après de nombreux refus (justifiés, je dois le dire). Il y a de nombreux points de ressemblance entre elles, parce qu’elles vivent quelque chose de commun. Mais ce n’est pas du tout la même histoire, je tiens à le préciser. Je ne voudrais pas que l’on pense que je sous-entends un plagiat, loin de là. Il est des sujets universels que l’on exprime différemment. Ça, on s’en rend compte quand on lit beaucoup! Chaque histoire est unique. Bref, ça fait toujours drôle quand ça arrive. 😀
Fin de la parenthèse 😉

Alice Dansereau est en couple avec Martin depuis une vingtaine d’années. L’enseignante au secondaire est très investie dans sa vie familiale et prend bien soin de ses ados de 16 et 13 ans. Son mari avocat travaille de longues heures et ils n’ont pas beaucoup de temps juste tous les deux. C’est pourquoi quand Martin annule le voyage prévu à destination de l’Italie, Alice, la femme responsable, raisonnable, dont la vie est réglée au quart de tour, le prend mal. Pour prendre de l’air, elle décide d’aller faire une course avec la mobylette de sa fille. Puis, sur un coup de tête, elle décide de faire un roadtrip sans destination précise. Elle quitte donc le dépanneur et se dirige où le vent la mène. Ça lui ressemble si peu qu’elle s’étonne elle-même et pense à rebrousser chemin. Puis, à l’idée de retourner à la maison, elle change d’idée à nouveau et s’élance (c’est un bien grand mot, faut pas oublier qu’elle est en scooter!) sur la 132, laissant Ste-Foy loin derrière elle.

Elle ira de lieu en lieu, rassurant presque quotidiennement son conjoint. Elle goûte chaque seconde de cette liberté sans enfants ni conjoint à s’occuper. Bien sûr, la culpabilité la frappe par moment, mais il arrive toujours quelque chose ou quelqu’un pour l’en faire sortir. Après tout, sa fille est à Chicago pour l’été et son fils de 13 ans sera bientôt à son camp de hockey. Elle ne pourrait rien faire de plus pour eux.

Les rencontres qu’elle fera l’amèneront à se dépasser, à réfléchir à sa vie, mais surtout, à sortir de sa sacro-sainte zone de confort. Et de ça, elle en a bien besoin pour redécouvrir qui elle est hors de son rôle de mère et d’épouse. Elle souhaite, à la fin de son périple, avoir trouvé réponse aux questions qui surgissent tout au long de son escapade. Que lui manque-t-il dans sa vie? Qui est-elle vraiment? Pourquoi a-t-elle besoin de tout prendre en charge? Et qu’en est-il de sa relation de couple, qui, sans être vraiment insatisfaisante, est encrassée dans la routine? Elle est si peu habituée à penser à elle et ses réflexes de mettre les besoins des autres avant les siens sont coriaces.

C’est avec légèreté, mais sans éluder les points cruciaux que Nathalie Roy aborde la crise existentielle commune à tant de femmes. Qui n’a pas eu besoin de recadrer les choses afin de trouver une vie où les aspects personnels, familiaux, professionnels et amoureux soient plus équilibrés? J’ai bien aimé sa façon de l’aborder, car une remise en question ne se passe pas toujours dans un contexte dramatique. Il y a moyen de vivre ça sainement et de manière constructive, ce que fait Alice, même si parfois elle a l’élan de saboter le processus. Alice n’est pas parfaite, elle est humaine, même si elle est en général très responsable. Ses petits défauts la rendent charmante. Heureusement, un élément interne ou externe la ramène toujours vers sa quête de mieux-être.

Un roman très sympathique que j’ai lu d’une traite! Comme dans tous les romans de l’auteure, il y a des surprises, des mésaventures et des revirements de situation qui rendent la lecture un moment de plaisir. Un autre coup sûr pour Nathalie Roy!


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

1 commentaire:

  1. Dans ce billet, ce qui me rejoint, c'est la parenthèse. Ça me fait mal quand je lis "rejets" et encore plus quand je lis "justifiés". Combien de temps ça prend avant d'accepter qu'un refus est justifié. Ou de pouvoir le ranger et commencer autre chose avec espoir?

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