vendredi 14 avril 2017

De la confiture aux cochons

Simone a perdu sa mère il y a quelque temps. Ressentant le besoin de s’éloigner de Montréal pour faire son deuil, elle décide de partir pour New York un moment. Elle fera d’une pierre deux coups et profitera de ce séjour dans la Grande Pomme pour visiter des ateliers de tatouage afin de trouver de l’inspiration, elle qui se considère déjà comme une vieille tatoueuse.

Après quelques jours sans nouvelles d’elle, alors qu’elles se parlaient chaque matin, son amie Élyse est inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles. Au sein de leur groupe d’amis, il y a Robert, un client de la taverne où travaille Élyse, qui est un enquêteur à la retraite. La jeune femme lui fait part de ses inquiétudes et lui demande de faire des recherches afin de retrouver sa trace. 

Madeleine reprend connaissance avec les mains et le chandail taché de sang qui n’est pas le sien. Elle ignore ce qui est arrivé. Elle n’a avec elle qu’un sac à dos, pas de téléphone ni de portefeuilles. Tout ce dont elle se souvient, c’est qu’elle s’appelle Madeleine et qu’elle veut aller à Key West.

Voilà, la toile est tissée. Où est passée Simone? Pourquoi ne répond-elle à personne? Que s’est-il passé pour que Madeleine soit ainsi ensanglantée alors qu’elle n’est pas blessée? Quel est son lien dans tout ça? Le lecteur élabore des hypothèses sur ce qui s’est passé. Toutes sortes d’hypothèses.

D’un côté, l’enquête avance lentement. De l’autre, Madeleine se souvient de quelques bribes de son passé. Elle était travailleuse de rue à Montréal.

Je ne peux pas tout dire ce que j’aurais envie de dire sur ce que contient ou a suscité en moi ce livre, car cela nuirait au suspense. Dans ces cas-là, je souhaiterais être membre d’un club de lecture où tout le monde a lu le même livre, car on peut discuter sans se censurer.

Roman sur la puissance des liens qu’on tisse (ou pas) avec amis et parents. À travers la disparition de Simone, le deuil de sa mère est très présent. Il a dans le roman, un beau témoignage d’amour de l’auteur pour sa mère décédée il y a quelques années, à travers le personnage de Simone. Les passages qui s’y attardent sont certes les plus émouvants. Ils parlent d’un amour puissant et de la douleur de l’absence, du sentiment d’abandon.

Il y a également cette solide amitié qui unit Simone et Élyse. Une relation qui semble fort simple entre deux femmes qui sont en apparence des contraires. Puis, celle avec le groupe d’amis qui se rencontre une fois par semaine.

C’est bien écrit avec un mélange de pudeur et de vulnérabilité. Le rythme lent permet au lecteur de faire certaines réflexions sur sa propre vie et les relations qu’il entretient. J’avoue qu’à la lecture des derniers chapitres, je me disais que j’aurais aimé une chute à la toute fin du roman au lieu qu’on découvre peu à peu dans les derniers chapitres ce qui s’est passé ainsi que la manière dont tout se lie. Cependant, le dernier chapitre compense amplement mon besoin d’être surprise. C’est émouvant, et ça termine sur une belle note.

Une lecture dont vous aurez sûrement, vous aussi, envie de parler avec quelqu’un qui l’a lu.



Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


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