mardi 30 août 2016

Entretien avec Michel Bussi pour la sortie de son roman Le temps est assassin

crédit photo : D. Ghosarossian
Michel Bussi était au Québec la semaine dernière afin de faire la promotion de son dernier roman Le temps est assassin, maintenant disponible en librairie au Québec. C'est par téléphone que je me suis entrenue avec lui après avoir lu le polar en question. 

L’histoire
Le roman s’ouvre sur Clotilde, une ado de 15 ans, écouteurs sur les oreilles, journal intime sur les genoux. Elle doit rejoindre son père, sa mère et son frère pour aller à un spectacle à Prezzuna, en Corse. Du Manu Chao plein les oreilles, elle résiste encore quelques instants, le temps de terminer d’écrire ce qu’elle avait commencé, mais son père arrive en trombe, lui tirant impatiemment le bras pour la traîner jusqu’à la Renaud Fuego rouge afin qu’elle y prenne place. Il est temps de partir et elle n’y échappera pas! Tous quatre s’élancent sur les lacets corses, le spectacle va bientôt commencer. Mais ils ne le verront jamais. La Fuego rate un virage et plonge dans un ravin. Seule Clotilde survit à l’accident qui aura tué ses parents et son frère sous ses yeux.

Durant l’été 2016, 27 ans plus tard, Clotilde, devenue avocate, revient pour la première fois en Corse depuis l’accident qui a tué sa famille. En vacances avec son mari et sa fille de 15 ans, Valentine, elle effectue une sorte de pèlerinage sur les lieux qui lui ont dérobé ses proches. Quelque temps après son arrivée au bungalow C29, le même où elle a séjourné en 1989 avec ses parents, Clotilde reçoit une étrange lettre qui la porte à croire que sa mère est vivante. Elle a vu elle-même sa mère décédée dans la voiture. Clotilde serait-elle en train de perdre la tête? Forte de cette sensation dont elle n’arrive pas à se départir, d’autant plus qu’elle est amplifiée par d’autres phénomènes étranges et inexpliqués, Clotilde décide de mener sa propre enquête. Cela ne fera pas l’affaire de plusieurs personnes sur l’île.

Nostalgie des rêves de l’adolescence
Avec Le temps est assassin aborde la nostalgie des rêves de jeunesse. Le titre du bouquin est un clin d’œil à une chanson. Mistral gagnant, de Renaud, très populaire dans les années 80. « La chanson dit, à la fin : Le temps est assassin... et emporte avec lui... les rires des enfants... et les mistrals gagnants.J’ai eu longtemps ce titre en tête, car à la fois c’est un titre de roman policier tout en étant un peu nostalgique parce que c’est à la fois le temps qui passe tue les rêves d’adolescence, donc il y avait ce double sens que je trouvais très joli puis curieusement il n’y avait pas de roman qui s’appelait Le temps est assassin, alors j’ai sauté sur l’occasion ».

Plusieurs autres œillades sont faites aux souvenirs de l’adolescence, peut-être la sienne, sont lancées tout au long du livre. Le plus présent est sûrement celle lancée au film Le grand bleu, de Luc Besson. Clotilde, à 15 ans, a adoré le film, qui, à la fin des années 80, a marqué l’imaginaire de beaucoup de gens, notamment beaucoup d’adolescents. Elle peut en réciter de nombreux passages. Elle fera une rencontre qui l’ébranlera. Quelque chose que Bussi aura voulu pur et innocent. Quelque chose de beau et lumineux dans tout l’esprit gothique de la jeune fille. Quelque chose qui la marquera des années durant.

On a tous des rêves qui ne se sont pas concrétisés ou qui se sont concrétisés dans une moindre mesure que ce que l’on aurait souhaité. Les personnages du roman n’échappent pas à cette réalité. Tous, qu’ils aient été adultes ou adolescents en 1989, ont une certaine tristesse face à ce qu’ils auraient souhaité que la vie soit. Pour eux, pour leurs enfants. Peu importe. Pour les ados et les parents de 1989, tout cela a une autre dimension. Le temps qui passe est particulièrement assassin quand un drame nous a volé notre jeunesse. La mélancolie des uns et la détresse des autres sont remarquablement palpables. Bussi a cette sensibilité qui rend ses personnages vivants.

La Corse
Mis à part Clotilde, Cassanu Idrissi, le grand-père de Clotilde, est un autre personnage fort du roman. Son sens de l’honneur et de la protection du territoire sont très présents. Il est l’ultime Corse, si je peux me permettre de le dire ainsi. C’est un homme entier qui va au bout de ses convictions. Dès le début du roman, il y va de ses opinions sur la protection du territoire corse si cher à son cœur. Ce territoire est d’ailleurs si bien dépeint qu’on croirait y être. On sent les odeurs, le vent chaud et la chaleur écrasante. On entend les grillons, on voit les différents minéraux et on se surprend à se recroqueviller quand les voitures zigzaguent sur les routes. L’ambiance de la Corse est si bien rendue qu’elle est un personnage à part entière tout aussi importante que Clotilde.

Je dois avouer que j’étais curieuse de connaître la réception du roman en Corse, en raison des tensions historiques entre la France métropolitaine et la Corse ainsi que la loi de l’omerta qui règne parfois dans cette dernière. L’auteur me répond que la réception est bonne, que les Corses sont heureux de voir leur île si bien dépeinte dans sa beauté et dans ses particularités. Bien sûr, certains trouvent qu’il y a des traits de papé Cassanu qui sont un peu exagérés, mais ils comprennent bien que pour les besoins du romanesque, l’auteur a magnifié certaines choses et ils ne lui en tiennent pas rigueur. Michel Bussi, dont le grand-père était également d’origine corse, se rend d’ailleurs sur l’île en septembre pour des séances de signature. Parions qu’ils seront nombreux à faire la file pour avoir sa griffe dans leur exemplaire du bouquin! 

Calcul précis
Si le thème du post-mortem est un classique du polar, Michel Bussi l’interprète ici d’une manière bien à lui. Est-ce le fantastique ou le paranormal? Non. Du tout! « Ma marque de fabrique, c’est que je ne fais pas intervenir du tout le surnaturel ou des éléments comme le rêve ou le mensonge, c’est-à-dire qu’il y a toujours une explication et ça c’est la promesse au lecteur, je déteste ce genre de roman où il y a un système stérile, où il a des choses qui semblent incohérentes et où à la fin il y a un tour de passe-passe pour l’expliquer, avoue-t-il. Moi j’essaie toujours d’avoir une vraie explication rationnelle. »

C’est que l’auteur aime également que la résolution d’une intrigue paraisse impossible. « J’adore ça, s’enthousiasme-t-il au bout du fil! Il y a quelque chose de fascinant dans l’idée d’inventer quelque chose comme ça qui apparaît impossible, dont on détient la solution et dont on dévoile la solution ensuite. C’est vrai que quand j’ai lu Les dix petits nègres d’Agatha Christie j’étais absolument fasciné parce qu’il y avait d’énigme qui était follement originale avec une explication finale… c’était de la construction pure. Ça relève du chef-d’œuvre. C’est très jubilatoire quand on arrive à avoir une intrigue touffue, complexe, en puzzle, où on perd le lecteur et en un mot ou en une ligne, tout s’éclaire puis que le lecteur à envie de relire le livre et se dit, mais comment, tout était devant moi, je ne l’ai pas vu quoi! » Et c'est comme ça qu'il écrit. Il confond le lecteur jusqu'à la fin. Une lecture dépaysante, prenante et touchante à la fois.

Le temps est assassin est le onzième roman de Michel Bussi.
Michel Bussi a été le troisième meilleur vendeur en France en 2015, derrière Guillaume Musso et Marc Lévy.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

samedi 27 août 2016

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Toutes sortes de belles surprises sont arrivées à notre porte cette semaine! Oh! Que de plaisir en vue!

Bon week-end!

Les suicidés d'eau-clair, Éric Mathieu,
La Mèche

Clochard, Jocelyn Languette, Stanké

Le sans-papiers, Lawrence Hill, Pleine lune

L'archipel d'une autre vie,
Andreï Makine, Seuil

jeudi 25 août 2016

Voyage dans les bas-fonds d'Edimbourg

Après son premier Steampunk, Les notes de sang, Corinne De Vailly a décidé de nous faire revivre des événements ayant eu lieu à Édimbourg en 1828. En fait, elle nous plonge dans un tourbillon temporel partant de 1828 pour aboutir en septembre 1838, exclusion faite de l’épilogue. Cette reconstitution historique se colore, bien évidemment, de l’imaginaire de l’auteur. Ne relatant pas des faits tel un journaliste, Corinne vient nous les faire vivre dans les ruelles d’Édimbourg et sentir non seulement l’ambiance de l’époque, mais aussi toutes les odeurs des bas-fonds de la ville.

En effet, cette histoire débute par la découverte singulière de 17 miniatures de cercueils par des enfants dans les collines entourant l’agglomération. Façonnés un à un et recelant chacun une figurine différente, ils semblent liés à une série de meurtres survenus 10 ans plus tôt dans les quartiers mal famés. Une fois cette prémisse mise en place et après nous avoir transportés au moment des faits, nous entrons de plain-pied dans l’imaginaire de l’auteur.

Nous y côtoyons ainsi Fingal Angus, un handicapé utilisant un fauteuil automoteur, et sa sœur, les deux propriétaires d’un magasin de curiosités. Parmi ces curiosités se trouvent des animaux morts auxquels, à la manière des taxidermistes, Fingal redonne la vie. À la différence que ceux-ci peuvent de nouveau se mouvoir grâce à un assemblage complexe de rouages. Qui dit bas-fonds de la ville, dit bandes de criminels organisées. La plus puissante est celle des Grim Reapers dont les membres chevauchent des motocycles à vapeur et terrifient la population entière. Et bien sûr, pour lutter contre ces infâmes personnages, la police a fort à faire. D’ailleurs le détective Mael Cullium va devoir être persévérant et puiser en lui toutes les ressources qu’il possède. Sans oublier que ce cher détective est aussi le fiancé de Niamh, la sœur de Fingal.

Liant fantastique, historique et « rétrofuturisme », ce roman se lit d’une traite. À la condition que, contrairement à moi, le lecteur ait suffisamment de temps pour s’immerger intégralement dans cette ambiance. L’écriture ne rencontre aucun à-coup, les phrases se succèdent les unes aux autres sans jamais provoquer un sentiment de lassitude. Afin de mieux nous immerger dans l’ambiance, les personnages ont un langage en phase avec leur situation sociale. Ainsi, les habitants des bas-fonds utilisent un vocabulaire limité et haché alors que la parfumeuse et Fingal jonglent allègrement avec les mots. Le tout est lié par un texte léger et habilement construit. C’est un beau récit d’été qui dépayse le lecteur!

Dominique de Leeuw

samedi 20 août 2016

Dans la boîte aux lettre cette semaine!

Les vacances sont pas encore terminées pour nous et les lectures s'empilent déjà! Heureusement qu'on ne prend que deux semaines de congé!

Bon week-end!


Terminus, Nathalie Lagacé,
Les Éditions Sémaphore

La fille dans le placard, tome 2,
Chantal Brunette, Libre Expression

Sarah et moi, Christian Tétreault,
Les Éditions de l'Homme

samedi 13 août 2016

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Alors qu'on s'apprête à prendre ce qu'on espère être des vacances (on peut toujours espérer, non?), les nouveautés de la saison 2016 nous arrivent avec une cadence qui augmente un petit peu. On sait déjà qu'on aura d'autres livraisons la semaine prochaine et on devrait procéder à une entrevue la semaine suivante. C'est un pas raté pour des vacances totales! Vous nous direz que nous n'avons pas beaucoup publié cet été et vous avez raison. La saison estivale n'a pas été de tout repos pour autant, par contre. Bah! On vous reviendra coûte que coûte avec nos lectures et rencontres, comme d'habitude, vous le savez bien!

Bon week-end pluvieux! :-)

Télésérie, Hugo Léger,
XYZ Éditeur, collection Romanichels


The Deal, Elle Kennedy, Hugo Roman

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samedi 6 août 2016

Dans la boîte aux lettres cette semaine

Ça va commencer fort pour nous, cette saison littéraire 2016! Un gros pavé et une entrevue avec Michel Bussi! Ce n'est pas pour cette semaine, mais pour la fin du mois. Ne ratez pas ça! Fort populaire en Europe, il gagne à être connu. 

Bon week-end!


Le temps est assassin, Michel Bussi, Les Presses de la Cité