samedi 28 mai 2016

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Voici trois titres que je garderai tout près de moi. L'un d'entre eux est une surprise, les deux autres non, je les ai identifiés ou on m'a contacté et j'ai très envie de les lire. Mais ce ne sera pas pour cette semaine. J'en ai d'autres à lire avant. Eh oui! C'est comme ça! Il faut savoir attendre.

Bonne fin de semaine!




Le hasard des rencontre, Donald Alarie, Pleine Lune

Les méduses ont-elles sommeil?, Louisiane C. Dor,
Édito

Pavana - Une enfance en Afghanistan,
Deborah Ellis, Plaines

vendredi 27 mai 2016

Ça peut pas être pire

La prolifique Nathalie Roy nous revient avec un roman unique dans lequel elle nous présente une nouvelle protagoniste, Valéry Aubé. La jolie rousse est gérante d’une boutique de vêtement de la rue Saint-Denis. Quand elle se retrouve sans emploi, sans frigo et avec un ventilateur qui lui lâche en pleine face – en pleine canicule –, c’en est trop pour elle. Elle fuit Montréal et file se réfugier dans un chalet aux allures de shack dans les Cantons-de-l’Est. C’est dans le chalet de son adolescence qu’elle décide de faire le point de sa vie professionnelle et amoureuse.

Une fois arrivée au chalet, on se doutait bien que Valéry vivrait des mésaventures, cela va de soi. Mais qu’est-ce que je me suis bidonnée de certaines! Je ne vous les raconterai certainement pas ni ne vous donnerai des indices. Le plaisir de la découverte, c’est sacré! Je peux quand même vous dire quelques petites choses. Célibataire depuis un bout de temps, notre charmante Valéry profitera également de son éloignement de l’été pour revoir sa relation à son corps. C’est que la pulpeuse rousse a quelques kilos en trop. Eh oui! Elle est ronde. Cela n’empêche que sa joie de vivre et son charisme font en sorte qu’elle charme les hommes. C’est sa propre façon de percevoir son corps qui fait défaut. L’été lui promet suffisamment de matériel pour travailler tout ça, ne vous en faites pas!

Au départ, quand j’ai constaté qu’il était encore question de plaisir culinaire, j’ai eu un peu peur que ce soit aussi présent que dans les précédents romans, j’ai eu peur que l’auteure ne soit pas capable de sortir de ce qu’elle avait bâti auparavant, mais non. C’est là, mais moins présent. On sent rapidement que l’auteure garde certaines caractéristiques qui lui sont propres, mais qu’il s’agit bien d’une histoire différente, avec un ton différent. Dans les remerciements, Nathalie Roy remercie son éditrice de l’avoir encouragée à sortir de sa zone de confort. En effet, elle en est sortie! Valéry est différente en bien des choses de Charlotte et Juliette. Ce qui est plus hors de la zone de confort de l’auteure, à mon avis, c’est qu’elle sacre, qu’elle et quelques autres personnages parlent un peu en anglais. Ah! On a Juliette Gagnon qui vient faire nous faire un petit coucou!

Comme dans ses autres romans, Nathalie Roy allie sujets légers et sujets plus profonds. Ici, elle aborde l’image corporelle, la recherche de validation dans le regard des autres, le travail d’équipe et l’alliance des forces de chacun, la valorisation par ses propres forces, l'intégrité, l’authenticité, la joie, le plaisir, être bien dans sa peau et la notion d’être soi-même, dans son chemin. Le tout intégré avec humour, mais de manière à faire réfléchir à notre façon de les vivre dans notre propre vie.

Sinon, l’écriture de Nathalie Roy est toujours aussi parfaite. L’alternance entre les scènes rigolotes et les scènes plus touchantes ou encore plus réflexives est réglée minutieusement. Chaque répartie se trouve au moment exact où elle devrait être, chaque mot est scrupuleusement choisi pour un effet maximal. Sans aucun doute LA chick lit à lire ce printemps! Pourquoi attendre à cet été, ça sert à rien de bouder son plaisir plus longtemps! ;-)

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

mercredi 25 mai 2016

Un «slow polar» n'est pas un moins bon polar. Absolument pas!


Rinzen et son coéquipier Luc sont appelés à enquêter sur la mort du Frère Samuel Clément trouvé pendu les bras en croix dans son appartement. Il n’y a pratiquement pas d’indice sur place. Leur travail s’annonce plutôt ardu. L’affaire se complique alors qu’un torse est retrouvé flottant dans les eaux glaciales du Saint-Laurent, puis, plus tard, un homme noir, accroché à un arbre. Rien ne semble lier les hommes ensemble, mais certains éléments étranges pourraient en lier deux, mais… de quelle manière?

Rinzen Gyatso, enquêteuse à la police de Montréal, vit avec son jeune fils et avec ses parents âgés. Ces derniers ont quitté le Tibet 10 ans avant sa naissance au Québec. La petite famille vit selon les traditions bouddhistes, bien qu’il ne soit pas toujours aisé pour Rinzen de résister aux tentations de la vie nord-américaine. Cependant, l’héritage de ses parents lui prodigue son calme, son intuition, et autant d’autres forces. Qu’est-ce que ça fait du bien, un personnage policier calme, capable d’évacuer son stress de manière positive, saine! Un personnage lumineux, bien qu’elle porte aussi une certaine tristesse.

Luc Paradis vit seul. Sa vie sentimentale est aride comme le désert. Insomniaque, il passe ses nuits à s’entraîner dans une salle de boxe ou à chercher à se dépenser autrement grâce à l’application Grindr. En raison de ses réactions durant l’enquête, on lui soupçonne un lourd passé durant son enfance et son adolescence. De toute évidence, ce ne sera pas une investigation de tout repos pour lui.

Le duo d’enquêteur se complète bien. Rinzen est à l’écoute d’elle-même et des autres, ce qui lui permet de faire confiance à son intuition qui ne la trompe pas souvent. Luc, lui, est un homme d’action et cherche à entraîner Rinzen à être plus prompte à bouger. L’enquête qui les occupe leur fournira des occasions de confronter leurs différentes façons de concevoir la vie qui permettront des remises en questions.

J’ai été enchantée de lire un polar qui ENFIN nous sort des personnages d’enquêteurs éculés. Quelle audace de Johanne Seymour! Le coup de l’enquêteuse bouddhiste, fallait quand même le faire! Et c’est le personnage qui m’a le plus charmée, cette femme en quête d’équilibre, de compassion.

Johanne Seymour a une écriture soignée. Dans ce roman précis, on a l’impression de suivre tout autant sinon plus les personnages que l’intrigue. Cela ne veut pas dire que l’intrigue n’est pas intéressante, mais les personnages sont tout aussi importants qu’elle. Qu’ils ne sont pas là pour la servir, mais pour travailler ensemble pour se dévoiler les uns les autres.

Plus on avance, plus la toile se tisse autour de nous et on est pris entre les personnages, les pages du journal du confesseur, les aveux d’un enfant qui décrit son impression de disparaître depuis que l’Autre – son frère – est née, et les indices relatifs à l’enquête. Il est impossible d’envisager de ne pas terminer notre lecture et on y revient dès que l’on a une minute.

Bien que certains éléments des meurtres ou des sentiments exprimés soient troublants, la lumière de Rinzen est comme un baume, nous donne une certaine forme d’espoir. En tout les cas, on sort de la lecture sincèrement impatient d’en lire une suite. Pour moi, c’est un nouveau genre de polar qui me fait du bien et que j’ai envie de lire plus souvent. Chapeau bas à Johanne Seymour! Sincèrement!

Ah! Une dernière chose! Johanne Seymour a très à coeur la mise en avant de la littérature policière québécoise et pas seulement par l'entremise des Printemps Meurtriers de Knowlton. Dans le présent roman, un personnage lis beaucoup de polar québécois, il y a donc plusieurs clin d'oeil aux auteurs ainsi qu'à leurs romans. Ça, c'est l'œuvre d'une vraie passionnée!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


samedi 21 mai 2016

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

C'est enfin le week-end de trois jours! Le dernier avant les vacances! Autant en profiter. 
Cette semaine, les surprises se sont multipliées dans la boîte aux lettres. On vous en parlera dès que possible.


J'adore Rome, Isabelle Laflèche, Québec Amérique

Zut! J'ai raté mon gâteau, Annie L'Italien, Druide

La peau du mal, Corinne De Vailly, Recto Verso

Le Pacte, Karina Halle, Hugo Roman

Confess, Colleen Hoover, Hugo Roman

Irrésistible menteur, Christina Lauren,
Les Éditions de l'Homme




vendredi 20 mai 2016

Venez rencontrer Jacques Expert aux Printemps Meurtriers de Knowlton ce week-end!

Crédit photo : C. Guibbaud Abaca PressL
S’il n’en est pas à son premier séjour au Québec, c’est la première fois qu’il participera au Festival international de littérature policière, les Printemps Meurtriers de Knowlton. L’homme de communication qui a une feuille de route impressionnante dans son domaine – il a été grand reporter à France Inter durant 15 ans, producteur et rédacteur en chef chez TF1, directeur des magazines chez M6, directeur général adjoint à Paris Première, et maintenant Directeur des programmes de RTL –, a écrit des essais, quand il a décidé de se tourner vers la fiction. Et pas n’importe quel genre de fiction. Le polar, le roman noir.

Je lui ai demandé pourquoi. Parce qu’il faut savoir qu’en France, jusqu’à tout récemment la littérature de genre, ce n’est pas nécessairement un réflexe. Eh bien, Jacques Expert est lui-même un grand lecteur de polar. Ils composent environ 80 % de ses lectures. « J’ai une appétence pour le genre policier et une appétence pour les faits divers. » Bien qu’ils reflètent une sombre image de la société, c’est tout de même une image de la société, estime-t-il. « C’est un peu banal de le dire, mais la réalité dépasse la fiction. C’est une facette de la société qui m’intéresse. Je ne suis pas fasciné par les criminels, mon intérêt est plus ethnologique, si vous voulez. »

Jacques Expert veut ses romans ancrés dans le quotidien. À l’image de Simenon, il aime raconter les détails de la vie des gens qui pourraient être qui que ce soit d’entre nous. Car il n’est pas particulièrement intéressé par les criminels. C’est pour cela que l’on ne risque pas de découvrir qu’un de ses personnages est un tueur en série. Ce qu’il aime explorer sont les histoires des gens ordinaires qui ont vécu une vie plutôt banale jusqu’au jour où ils ont traversé de l’autre côté de manière extraordinaire. « Ce qui m’intéresse c’est le moment de basculement du côté noir de l’individu. J’ai le sentiment profond que personne n’est totalement noir, ni totalement blanc. Les saints n’existent pas et Lucifer n’existe pas. C’est le panachage des gris qui m’intéresse dans l’écriture et dans la vie, que j’exprime dans l’écriture. »

C’est là toute la complexité de l’être humain, il va sans dire. Et on sent distinctement cette sensibilité
dans ses romans, notamment dans le dernier qui soit paru au Québec, Deux gouttes d’eau, qui raconte l’histoire de deux jumeaux identiques qui s’accusent mutuellement du meurtre de la copine de l’un d’eux. Une histoire tortueuse qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la toute fin. À travers de nombreux allers-retours dans le temps, on en apprend davantage sur la relation d’amour-haine entre les jumeaux ainsi que sur ce qui est arrivé à leurs parents et leur jeune sœur qui sont également morts et dont un des frères est suspecté dans un des cas. On se rend compte que le vrai coupable n’est peut-être pas celui qu’on croyait, tant l’écrivain joue habilement de l’intrigue.

Ce qui est le plus étonnant dans tout cela, c’est que Jacques Expert écrit sans plan défini, n’écrit que la fin de semaine et ne se relit pas avant de reprendre l’écriture d’une fin de semaine à l’autre. Quand je lui ai demandé comment il faisait pour ne pas s’emmêler lui-même dans ses intrigues, il ne pouvait expliquer le phénomène. « Ce n’est pas que ce soit une volonté d’écrire sans plan, c’est une impossibilité d’écrire sans plan, précise-t-il

J’ai essayé justement sur celui-là, Deux gouttes d’eau, je me suis dit, c’est plus tranquille, au moins tu sais où tu vas… mais non, je n’y arrive pas et non seulement je ne fais pas de plan, mais en plus, mais en plus, je ne connais pas la fin. Par exemple, la scène finale […] ne m’est venue qu’à la fin. […] c’est une façon de me surprendre, à la limite, je suis le lecteur de mes propres surprises. »

Ça prend un cerveau sérieusement organisé pour rédiger le genre d’intrigue contenue dans Deux gouttes d’eau sans schéma préalable et sans se prendre dans les fils de la toile d’araignée. Mais ce n’est pas la seule faculté dont il est reconnaissant d’avoir. « J’écris rapidement, et ça, c’est une chance. J’écris sur l’impulsion. Ça me vient probablement de l’époque où j’étais journaliste. J’ouvre l’ordinateur et hop! Ça vient! […] Quand je fais exister un personnage, jamais je ne reviens en arrière. Quand je suis parti, je suis parti. »

Heureusement pour ses lecteurs, car depuis Deux gouttes d’eau paru en 2015 (dont je vous ferai une chronique complète plus tard), il a écrit deux autres romans, dont Tu me plais, publié directement en version de poche en 2015 en France et Hortense qui sortira en France le 9 juin prochain.
Comme quoi tout roule bien pour lui! Je vous incite fortement — langage codé des profs d’université voulaient nous dire que ce serait très, très important de nous procurer un lire —, à découvrir cet auteur qu’on connaît peut-être un peu moins au Québec. Quel tisseur de toile et tendeur de pièges!



Jacques Expert sera aux Printemps meurtriers de Knowlton du 20 au 22 mai 2013
Il participera notamment au Killer Martini Quiz et au Cocktail-bénéfice d’ouverture ainsi qu’aux activités suivantes :
Rendez-vous coupable 1Crime et société, le samedi 21 mai à 13 h
Rendez-vous coupable 6Les morceaux du casse-tête, le dimanche 22 mai à 16 h

Pour tout renseignement supplémentaire ou pour vous procurer vous billets rendez-vous sur http://lesprintempsmeurtriers.com


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

lundi 16 mai 2016

Vivre en funambule



Bien que provenant de deux coins différents de la France, Pamela et Thad étaient prédestinés pour se rencontrer. De sa Bretagne natale, Thad a vécu une enfance plutôt morne où seules les téléséries de kung-fu venaient illuminer ses jours. En grandissant, il est devenu fasciné par les samouraïs, lis à répétition La pierre et le sabre et travaille comme homme de main pour un général nippon.

Pour sa part, Pamela est née en banlieue parisienne. Sa mère, adepte de la télésérie Dallas, l’a nommé en l’honneur d’un personnage de la série. La jeune femme se passionne pour les geishas au point de s’habiller comme elles pour aller travailler dans le restaurant chinois de Meluns, où elle connaît une forte popularité et où le docteur Atsuro, un Japonais, lui offre de gérer sa boutique de bonsaïs à Paris, du côté du quai Malaquais.

C’est là que Pamela et Thad se rencontrent, alors que le jeune homme tentait de se protéger de la pluie. C’est le début d’une histoire d’amour qui ne fera que croître rapidement entre eux deux. Ils ont des passions communes. Les deux jeunes adultes désirent pratiquer des professions, samouraïs et geishas, dont la profession et le statut sont, même dans leur pays d’origine, désuets. La belle époque où ils étaient au sommet de leur gloire est révolue.

Leur amour dure près de deux ans durant lesquels Thad doit s’absenter parfois pour le travail. Les périodes se font de plus en plus longues. Leurs traits de caractère qui se complètent font également parfois en sorte qu’il y a très peu de communication entre eux. Pamela ne pose pas de questions à Thad, comme une bonne Geïcha. Car la vie d’une geisha est centrée sur l’observation des détails pour aller au-devant des besoins des hommes, pour anticiper. Cependant, elle ne doit que parler que quand l’homme lui parle et comme Thad est peu bavard, plutôt solitaire, il apprécie que Pamela ne pose pas de questions. Cependant, durant une période plus mouvementée après une mission qui l’a laissé quelque peu troublé, cela aurait pour s’avérer utile.

Quelque temps après cela, Pamela trouve une lettre laconique. Au départ, elle est absolument écroulée. Isabelle Artus a les mots pour décrire les lancinantes souffrances, si vivantes qu’on sent encore notre cœur battre dans nos yeux qui auraient trop pleuré, notre gorge qui retient la boule qui est prise entre elle et l’estomac et qui ne veut le quitter et finalement les tambourinements distinctifs à nos tempes qui irradies dans tout notre cerveau.

À ce stade, je me suis posé la question suivante : comment apprend-on à aller vers l’avenir si on n’a jamais appris à le faire?

Pamela tient dur comme fer à son rêve. Devra-t-elle le confronter à la réalité pour en avoir une idée plus réaliste et construire une vie qui pourrait lui permettre de joindre l’utile à l’agréable?


Mon premier commentaire sur l’écriture concerne les notes en bas de page qui seront, j’en suis assurée, fort appréciées, notamment par les Québécois qui ne sont pas familiers avec, produits, personnalités, événements, système scolaire français. C’est la première fois que je vois ça et c’est apprécié.

Ensuite, j’ai bien aimé les titres de chapitres qui sont parfois amusants. Ça permet d’enlever un peu de lourdeur à certains chapitres et donner un ton d’ensemble un peu plus frais au roman, ce qui permet de rejoindre une clientèle plus grand public.

Isabelle Artus excelle à nous démontrer les moments de tensions internes des personnages, plus spécifiquement de Paméla. Cette espèce de tension, de toujours garder la maîtrise, cette constante retenue, mais qu’est-ce que c’est épuisant! Sa vie est axée sur les détails. Son maquillage, sa tenue, la taille des bonsaïs.

Il ne fait pas non plus passer sous silence la fantastique description de la lancinante souffrance ressentie par Pamela lors de la rupture amoureuse. Cet état que l’on a trop connu jusque dans le plus menu détail nous transporte dans un foudroyant cas de retours en arrière!

J’ai trouvé rafraîchissant cet amour du Japon, mais avec des personnages français qui essaient d’intégrer la culture et la philosophie japonaise, et ce, d’une manière presque pure. Les interventions du Dr Atsura, qui était en quelque sort de la voix du Japon, permettaient d’insérer une certaine sagesse dans les questionnements sans fin de ces êtres décalés de leur société. Des êtres qui se cherchent à travers la philosophie, les principes d’autres cultures, fascinés qu’ils sont par des symboles mythiques de la société japonaise au point de vouloir en endosser l’identité. Même au Japon, ils n’y arriveront pas.

Un roman sur la nécessité de ne pas chercher en dehors de soi pour se définir. Même s’il est difficile d’accomplir cet exploit quand les parents censés nous montrer le chemin n’ont trouvé mieux à faire que de rêver à une vie inaccessible.

C’est quand même ironique parce qu’ils en ont voulu à leurs parents d’être déconnectés de la réalité, mais il l’étaient tout autant puisque c’est ce qu’ils ont appris et ça leur a pris du temps à s’en affranchir, comme s’il devait s'en débarrasser leur ADN.

Mais, au-delà de tout ça, dans tout le roman, on passe notre temps en constant décalage entre les personnage et la société. Entre la société et les personnages, entre un métier et la société. L'auteure nous maintien toujours dans un déséquilibre minime soit, mais toujours présent, qui nous porte à réfléchir. Avons nous vraiment une place confortable dans cette société? Est-ce réaliste de croire que nous avons tous un espace bien précis, comme un morceau de casse-tête ou devons-nous apprendre à vivre tel un funambule sur un fil de fer? Qu'est-ce qui est le plus confortable? Le moins contraignant? Ça vaut le coup d'y méditer un peu!

 Yannick Ollassa / La Bouquineuse Boulimique