lundi 17 octobre 2016

Un autre superbe roman pour Sophie Bienvenu!

D’emblée, je dois le dire, je suis une avide lectrice de Sophie Bienvenu. Dès les premières pages de Au pire on se mariera, j’ai été conquise. Chercher Sam, m’a également chamboulé.
Il va sans dire que j’attendais Autour d’elle avec impatience.

Dans son dernier roman, l’autrice – c’est ainsi qu’elle se désigne – raconte Florence, une jeune femme timorée, qui rencontre un garçon lors de sa première journée à sa nouvelle école. Celui-ci est tout de suite attiré par elle et met tout en œuvre pour la charmer. Ils se donnent régulièrement rendez-vous chez le jeune homme après les cours et une relation intime se développe entre eux. Cela prendra trois mois avant que Florence accepte de coucher avec lui.

Quand elle lui dit qu’elle l’aime aussi, après avoir eu une première relation sexuelle, Étienne panique et lui demande de partir. C’est la dernière fois qu’elle le verra. Neuf mois plus tard, à Montréal – elle a quitté son coin de pays peu après sa soirée avec Étienne – elle accouche d’un petit garçon qu’elle donne en adoption.

Les voix s’additionnent pour nous donner un portrait de Florence et de son fils Adrien. On découvre qu’Adrien a été adopté par une famille aisée et qu’il semble être heureux et entouré d’amis. Florence, quant à elle, est devenue une journaliste qui couvre des dossiers internationaux. Malgré son amour et son dévouement pour son travail, on sent, à travers les récits d’anciens amoureux, d’amis, de réfugiés, etc., qu’elle porte une mélancolie plus ou moins latente. Elle est demeurée marquée à vie par le résultat de sa première expérience sexuelle. Qui ne l’aurait pas été dans de telles circonstances? Depuis, pour elle, l’amour, le vrai, avec engagement et attachement n’aura plus eu de place dans sa vie. Ce fut trop souffrant. C’est trop risqué. Elle a tout donné. Elle tient les gens à distance, de manière générale.

Sophie Bienvenu a toujours la même sensibilité pour inhumer la souffrance profondément enfouie. Ses personnages sont entiers, complexes et, comme j’aime à le dire, tout en rondeur. Ce que j’entends par là est qu’ils sont complets, qu’il n’en manque aucun aspect et que le tout est d’une cohérence parfaite. Elle présente les choses avec honnêteté et sans condescendance. Puis, dans Autour d’elle, il y a une étincelle d’espoir qui jaillit à même la grisaille. Parfois dans la vie, c’est tout ce qu’il y a, une étincelle. Mais c’est tout ce qu’il faut.



Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

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