jeudi 25 août 2016

Voyage dans les bas-fonds d'Edimbourg

Après son premier Steampunk, Les notes de sang, Corinne De Vailly a décidé de nous faire revivre des événements ayant eu lieu à Édimbourg en 1828. En fait, elle nous plonge dans un tourbillon temporel partant de 1828 pour aboutir en septembre 1838, exclusion faite de l’épilogue. Cette reconstitution historique se colore, bien évidemment, de l’imaginaire de l’auteur. Ne relatant pas des faits tel un journaliste, Corinne vient nous les faire vivre dans les ruelles d’Édimbourg et sentir non seulement l’ambiance de l’époque, mais aussi toutes les odeurs des bas-fonds de la ville.

En effet, cette histoire débute par la découverte singulière de 17 miniatures de cercueils par des enfants dans les collines entourant l’agglomération. Façonnés un à un et recelant chacun une figurine différente, ils semblent liés à une série de meurtres survenus 10 ans plus tôt dans les quartiers mal famés. Une fois cette prémisse mise en place et après nous avoir transportés au moment des faits, nous entrons de plain-pied dans l’imaginaire de l’auteur.

Nous y côtoyons ainsi Fingal Angus, un handicapé utilisant un fauteuil automoteur, et sa sœur, les deux propriétaires d’un magasin de curiosités. Parmi ces curiosités se trouvent des animaux morts auxquels, à la manière des taxidermistes, Fingal redonne la vie. À la différence que ceux-ci peuvent de nouveau se mouvoir grâce à un assemblage complexe de rouages. Qui dit bas-fonds de la ville, dit bandes de criminels organisées. La plus puissante est celle des Grim Reapers dont les membres chevauchent des motocycles à vapeur et terrifient la population entière. Et bien sûr, pour lutter contre ces infâmes personnages, la police a fort à faire. D’ailleurs le détective Mael Cullium va devoir être persévérant et puiser en lui toutes les ressources qu’il possède. Sans oublier que ce cher détective est aussi le fiancé de Niamh, la sœur de Fingal.

Liant fantastique, historique et « rétrofuturisme », ce roman se lit d’une traite. À la condition que, contrairement à moi, le lecteur ait suffisamment de temps pour s’immerger intégralement dans cette ambiance. L’écriture ne rencontre aucun à-coup, les phrases se succèdent les unes aux autres sans jamais provoquer un sentiment de lassitude. Afin de mieux nous immerger dans l’ambiance, les personnages ont un langage en phase avec leur situation sociale. Ainsi, les habitants des bas-fonds utilisent un vocabulaire limité et haché alors que la parfumeuse et Fingal jonglent allègrement avec les mots. Le tout est lié par un texte léger et habilement construit. C’est un beau récit d’été qui dépayse le lecteur!

Dominique de Leeuw

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