vendredi 15 avril 2016

Ventre à louer

Ce roman se réclame d’un nouveau genre de littérature qu’on appelle la Wit Lit, ce qui signifie, traduit littéralement, littérature d’esprit. En fait, c’est une littérature qui aborde des sujets plutôt sérieux avec un humour intelligent. L’objectif étant d’alléger la lourdeur du sujet et de permettre à un plus grand lectorat d’en apprécier la lecture.

Dans Ventre à louer, le principal type d’humour utilisé est le calambour. Je ne suis pas particulièrement adepte des calembours, alors ça m’a pris un certain temps à m’habituer à cette manie des personnages principaux. Après cette adaptation, je ne me rendais presque plus compte. Il faut savoir que l’auteure s’adresse à la lectrice tout au long du roman. Il faut aimer ça.

Comme vous vous en êtes sûrement douté d’après le titre, on traite ici de l’épineux sujet des mères porteuses. Florence et Philippe ne peuvent avoir d’enfant par eux-mêmes. Après avoir considéré de nombreuses avenues qui n’ont pas fonctionné ou qui ne leur convenaient pas, Florence a l’idée de confier la gestation de leur enfant à une mère porteuse. Malgré sa réticence au départ, Philippe se rallie au projet et ils rencontrent quelques candidates avant de choisir celle qui portera leur bébé. Deux mois après sa rencontre, bébé est bien au chaud dans son utérus.

Les futurs parents sont heureux, mais de sérieuses inquiétudes viennent les tarauder. Et si elle voulait garder le bébé? Et si le juge ne voulait pas leur permettre d’adapter le bébé? Pourquoi ne veut-elle pas qu’ils soient présents à la première écographie? Ils connaissent peu la mère et, même si elle semble bien gentille, comment fera-t-elle pour donner ce bébé qui est à moitié le sien, à moitié celui de Philippe? Est-ce que cette histoire se finira bien? Pourront-ils enfin tenir leur enfant dans leurs bras un jour?

C’est un livre d’une belle sensibilité avec une certaine dose d’humour. J’ai cependant trouvé que le couple s’est lancé dans cette grande aventure sans avoir vraiment posé suffisamment de questions importantes à la fois à la mère ainsi qu’à d’autres personnes qui ont vécu l’expérience. Ils ont bien eu quelques conversations, mais ne sont pas allés dans les vraies zones à problèmes potentiels.

Du côté de l’écriture, l’auteure a escamoté quelques scènes que le lecteur aurait voulu lire, comme le souper chez Sabrina, le résultat de la consultation d’un avocat, certaines conversations plus sérieuses que Florence voulait avoir avec Philippe ou encore avec son amie Audrey. Ça nous donne l’impression qu’elle avait peur d’aller dans les choses plus épineuses, ce qui est bien dommage.

Par contre, on passe en revue les diverses motivations qui poussent les femmes à s’offrir pour porter un enfant pour une autre personne. De ce côté-là, le portrait est complet. C’est un grand défi de s’attaquer à ce genre de sujet au statut encore très flou au Québec. Je crois que le roman permettra de faire réfléchir, car pour y avoir matière à réflexion, il y en a! En passant par certaines croyances et certains préjugés portés par quelques personnages.

C’est le premier roman que je lis de Suzanne Quimper. Je dirais que c’est assez bien, mis à part quelques petites maladresses. On passe un bon moment, ça divertit, il y a du suspense, la fin surprend!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire