mercredi 27 avril 2016

Une piscine où il ne fait pas bon se baigner

Un roman noir intitulé « la piscine ». De par mon historique culturel, je dois avouer que la première chose qui m’est venue à l’esprit se résume à : « tiens! Un roman noir sur le monde de l’espionnage? » À ma décharge, il faut savoir que la « Piscine » est le surnom du quartier général de la DGSE, le contre-espionnage français, qui bien sûr a changé de nom depuis mon départ. Les sigles ne font qu’un temps puis sont remplacés. Bref, je me suis fourvoyé!

« La piscine » est bien un roman noir à n’en pas douter, mais pour le côté OSS-117, pas vraiment. Ainsi, même avant de vraiment me plonger dans le livre, Jonathan Gaudet avait réussi à me déstabiliser. Les quelque 239 pages qui le constituent n’ont certes pas arrangé les choses. L’histoire se déroule aux Mares-Noires, à Bécancour où se trouve la centrale de Gentilly. À cette époque, la ville de Gagnon est détruite à la suite de la fermeture de la mine qui l’a engendrée. Mais, non! Le livre ne commence pas ainsi. Le début est constitué d’un prologue de quelques pages finissant par la phrase : « Maintenant, dis-moi d’où vient la cicatrice que tu as au visage. »

Puis, après avoir pris cette brève inspiration, l’auteur ne nous lâche pas une seconde. Le premier chapitre m’a tout simplement donné l’impression d’être écrit dans un seul souffle. L’écriture est captivante. Les descriptions oscillent entre le passé de la région, les paysages et les personnages sans jamais rencontrer le moindre à coup. Rien ne semble forcé, tout s’écoule sous un même trait de plume. À tel point qu’il est difficile de faire une coupure dans le texte pour le reprendre plus tard. Le chapitre premier finit, le second n’arrange rien. Lui aussi ne nous laisse pas aller. L’histoire nous pénètre, s’invite en nous. Elle pourrait, dans un sens, être la nôtre. Mais, de cet ordinaire, Jonathan Gaudet a réussi à créer une toile qui peu à peu nous retient prisonniers. La description de chacun de ses protagonistes nous amène dans leur tête et sous leur peau avec beaucoup de réalisme. La torpeur de la jeune mère qui apprend la mort de son mari dans un accident à la centrale nucléaire est criante de réalisme. Chaque récit, chaque événement nous approchent un peu plus du cœur de l’intrigue.


Un peu comme un espresso bien foncé et bien serré, cet opus se déguste sans modération!

Dominique de Leeuw

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