vendredi 25 mars 2016

La belle et le bad boy, version Marie Potvin

Il y avait un petit bout de temps que Marie Potvin n’avait pas publié un roman pour adulte. Ces derniers temps, elle s’était concentrée sur la littérature jeunesse, mais elle nous revient avec un nouveau roman sentimental.

Quand Benoît « Hood » Desbois se présente à son domicile pour y effectuer des rénovations (un thème récurrent pour Marie Potvin), la belle Roxanne à l’impression de l’avoir déjà vu. Son visage lui dit quelque chose. Elle est loin de se douter que c’est l’homme avec lequel elle a eu une histoire d’un soir six ans plus tôt, qui lui non plus ne la reconnaît pas. À leur décharge, les deux ont changé physiquement.

Le gaillard, c’est une autre version de « la belle et le bad boy ». Benoît « Hood » Desbois est le bad boy typique, il boit, fume et baise. Le registre sentimental de l’entrepreneur en construction ne contient que des aventures sans lendemain. Roxanne, une belle blondasse mince, est célibataire depuis qu’elle a rompu les liens avec son amant marié, il y a plusieurs années. Enceinte, elle avait rayé l’homme de la carte pour se consacrer à son fils, qui est malheureusement décédé à l’âge de trois ans. Depuis, elle erre… Oh! Elle a bien eu un homme ou deux qui sont passés dans sa vie, mais rien de sérieux. Le cœur brisé par ses deux deuils, elle n’arrive pas à envisager de s’engager à nouveau. Trop souffrant. Mais bien sûr, on sait que les choses vont changer avec l’arrivée de Ben Desbois. Je dis, on sait, car quand on lit de la littérature sentimentale, ce n’est pas pour le dénouement surprenant, on sait déjà que la belle finira avec le gars. On lit plutôt pour se divertir, pour retrouver les premiers émois qu’on a oubliés.

De ce côté-là, ça marche. On est divertis, notre cœur palpite par moment. Marie Potvin n’est pas à ses premières armes pour émouvoir la lectrice, et cela se sent. Comme d’habitude, son écriture est fluide et généralement naturelle hormis pour certains dialogues. Il arrive parfois que l’on oscille entre deux niveaux de langage. C’est peut-être parce que Marie Potvin écrit pour deux lectorats différents, soit le grand public québécois et les lecteurs européens.

Le gaillard réunit beaucoup de personnages, mais heureusement l’auteure a inséré une liste de personnages au début (bien que je n’en ai pas eu besoin). Tous ces personnages sont liés sans le savoir et les intrigues se chevauchent d’habile manière. Un peu comme dans un soap où tout le monde se connaît et tout le monde couche avec tout le monde, sauf qu’ici, les liens ne sont pas tirés par les cheveux. Bien sûr, il y a quelques clichés, notamment le gars de la construction qui ne sait ni lire ni écrire. Mais bon, les clichés sont peut-être inhérents à la littérature sentimentale. Il est difficile de réinventer la roue sans cesse.

Si vous avez lu les romans précédents de Marie Potvin pour un lectorat adulte, vous remarquerez qu’il est encore question de rénovations. Pour moi l’auteure a connu des rénovations qui l’ont marquée. J’avoue que ça m’a fait un peu tiquer. En espérant que le prochain sera dans un autre cadre. Parce que du Marie Potvin, c’est quand même de la bonne littérature sentimentale et les lectrices l’affectionnent beaucoup.
  
Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

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