lundi 22 février 2016

Une chick lit rafraîchissante!

Aujourd’hui, Maxime Lafleur (il s’agit bien d’une fille, au cas où vous vous seriez posé la question) se marie. Pour cette belle journée, elle est accompagnée d’un groupe de fille d’honneur coloré. Bon, perso, j’ai trouvé ça un peu cucul, l’idée que chaque fille soit habillée d’une des différentes couleurs du drapeau de la fierté gaie, mais bon, ce n’est pas dramatique. À l’aide d’aller-retour dans le temps, Chantal Brunette nous présente le cheminement amoureux de Maxime ainsi que la naissance des amitiés avec ses demoiselles d’honneur.
J’avoue que tout au début, l’ordre des événements n’est pas toujours facile à suivre, mais cet effet s’estompe après une trentaine de pages.

On découvre donc que Maxime est une frencheuse en série. Jusqu’à la vingtaine, elle n’a pas eu de relation sérieuse, se contentant de frencher des gars sur les pistes de danse des clubs. Elle n’a jamais ressenti les fameux papillons dans le ventre qui aurait pu lui permettre de pousser les flirts un peu plus loin. Jusqu’au jour où, enfin, ils se manifestent… alors que par une soirée bien arrosée, sa meilleure amie Carrie l’embrasse. C’est le début du questionnement de Maxime sur son orientation sexuelle. Au départ, elle joue à l’autruche, mais des événements la poussent à faire face à la réalité. Elle ressent une attirance pour des filles. Afin de vérifier si elle est bien lesbienne, elle se tournera sur les sites de rencontres. Vous vous doutez que cela la placera dans des situations tout aussi loufoques qu’inconfortables.

La fille dans le placard est la première chick lit que je lis dont la protagoniste se questionne sérieusement sur son orientation sexuelle et explore l’avenue homosexuelle. En cela, ce roman est différent et ça fait du bien. Sinon, il comprend les éléments habituels d’une chick lit : la recherche de l’amour, des anecdotes savoureuses de relations amoureuses et amicales, une expression imagée et humoristique pour désigner la séduction. Ici, c’est « Shark attack ». Bien sûr, une chick lit implique de l’autodérision. De ce côté-là, on est servi!

Le texte contient plusieurs notes en bas de page. En général, on essaie de les limiter au minimum, car cela alourdit la lecture, mais heureusement dans le cas présent, elles sont rigolotes. Maxime est une jeune femme charmante et lucide. Le fait qu’elle étudie en criminologie est rafraîchissant. Ça fait du bien de sortir des professions du domaine de la communication. L’effet secondaire de ses études en crimino, la paranoïa, donne lieu à des passages succulents.

En plus d’explorer l’ambivalence, la dualité et une certaine confusion par moments, La fille dans le placard défait quelques stéréotypes envers les gens d’orientation homosexuelle. Plusieurs personnes croient que parce que deux filles ou deux gars se rencontrent, ils vont obligatoirement se frencher ou baiser. Comme si les individus d’orientation homosexuelle tombent sur tout ce qui bouge. Comme hétéro, on frenche pas n’importe quel représentant du sexe opposé avec qui on a une date. Même chose concernant la féminité. On a souvent le préjugé que les lesbiennes ont toutes une apparence masculine, parce qu’on les remarque davantage.

Ce roman n’est pas hermétique et, quelle que soit l’orientation sexuelle de la lectrice, elle prendra beaucoup de plaisir à lire La fille dans le placard. De toute façon, on ne se le cachera pas, Maxime n’est pas la seule à s’être questionnée sur ses attirances. Et de toute manière, la recherche d’amour a toujours des paramètres communs, quels que soient les individus et leurs préférences.

J’attends donc avec impatience le deuxième tome, pour connaître la suite des aventures de Maxime et de ses copines. 

 Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

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