lundi 29 février 2016

Un cas de «mauvais endroit au mauvais moment»?


Vincent Galtier est vétérinaire tout près d’Auxerre. Après une soirée passée chez un client puis chez sa maîtresse, il se rend chez lui. Le chemin de la maison traverse une forêt. Alors qu’il est arrêté sur le bord de la route, il est témoin d’un meurtre. Il quitte les lieux en vitesse, les meurtriers à ses trousses. Après quelques heures, il arrive chez lui, en sale état. Lui qui pensait pouvoir se reposer n’est pas au bout de ses peines. Un affreux drame l’attend.

C’est difficile de vous en dire davantage, car la trame est si solidement tissée que ça en dévoilerait trop. Ce qui est un bon signe. Mais je me risque à vous révéler ceci : le loup peint est un chien sauvage africain dont le vrai nom est lycaon. Je ne vous dis pas comment il s’intègre dans l’histoire, mais je peux vous dire que l’auteur nous offre le point de vue du chien, ce qui est assez intéressant. Je vous avoue que sur le coup, le titre ne me charmait pas particulièrement. J’ai cédé à ma 
Source : 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lycaon_(animal)
curiosité et j’ai fait une petite recherche pour voir de quoi il pourrait s’agir. La photo vous montre à quel point il sort de l’ordinaire. Mais le Loup peint n’est pas qu’un chien, il y a aussi un parallèle à faire avec un des personnages principaux. Tout comme le lycaon, ce personnage est meurtrier, sauvage, primal et pourchassé.

Ancré dans une réalité actuelle, Le Loup peint foisonne de rebondissements inattendus. Jacques Saussey maintient le suspense jusqu’à la fin et son écriture imagée fait sourire.
Il ne lésine pas sur l’humour et effectue quelques clins d’œil à des auteurs.

Par ailleurs, j’ai trouvé que certains personnages étaient typés, notamment les flics (le dur, le con, le commandant chiant qui s’écoute parler, etc.). Ce qui m’amène à souligner que la dimension sexuelle toujours présente dans le regard que les hommes posent sur les femmes. Elles sont des baises potentielles ou non. Bon, ça pourrait être le reflet d’une certaine réalité, je sais bien. Mais ce qui a retenu mon attention est le fait que ce soit quasi généralisé chez les personnages masculins, et que cet aspect est très présent dans le roman. C’était la première fois que je remarquais cela dans une lecture. De plus, la majorité des personnages masculins sont infidèles. Je n’oserais pas affirmer que c’est peut-être une question culturelle, mais l’hypothèse peut avoir un certain intérêt.

Grosso modo, le roman m’a plu. Il est façonné de manière à ne pas laisser de répit au lecteur, qui tourne les pages les unes après les autres, fasciné par l’intelligence du récit.

Jacques Saussey sera au Salon du livre de Montréal en novembre et mon petit doigt me dit que ce ne sera pas sa seule visite au Québec cette année.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


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