samedi 28 novembre 2015

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Ah, le pauvre petit orphelin! Heureusement, on a plein de petit copain qui l'attendent dans la bibliothèque! Fini la solitude pour lui!

Bon week-end!


25 missions à réaliser durant le temps des fêtes,
Annie Groovie, Les Malins

jeudi 26 novembre 2015

Petit Homme et le géant qui fait prouttt!

Quand un dragon qui mange le contenu des champs de son maïs, un cultivateur court alerter le roi. Ce dernier offre une récompense à qui pourra terrasser le dragon. Après plusieurs jours, aucun homme n’a eu raison de l’animal mythique, et les champs de maïs sont de plus en plus dévastés. C’est que ça mange beaucoup, un dragon. Alors que tous croient qu’il ne sera pas possible d’en venir à bout, un géant se porte volontaire. Petit Homme était aussi prêt à accepter la tâche, mais tous doutent de sa capacité à le faire. Les villageois font davantage confiance au géant Kassoulet – il mange beaucoup de cassoulet, c’est pour cela qui a tout le temps des flatulences malodorantes. Mais Petit Homme est patient et suit le convoi. Lequel des deux viendra à bout du dragon?  


Les histoires de pets, c’est connu, ça fait rire les enfants. Ils rigoleront sûrement beaucoup tout en recevant le message que, même si on est différent, on peut oser prendre sa place. Qu’il ne faut avoir confiance en ses forces et les utiliser au profit de l’ensemble de la collectivité ou du groupe. Qu’il faut tirer parti des forces de chacun et ne pas se moquer ni intimider un individu parce qu’il est différent ou qu’il n’a pas nécessairement le profil typique pour faire quelque chose.

Un petit livre bien écrit et agréablement illustré, quelle bonne idée pour les cadeaux de Noël!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

mercredi 25 novembre 2015

Un autre bon coup pour Héliotrope Noir!

Alix quitte Paris pour le Québec. Elle y a retrouvé la trace son jumeau, Paul, dans la petite ville de Pohénégamook, dans le Témiscouata. Pas très loin de là se trouve Monster, que Paul a traqué. Alix craint pour son frère qui a tendance à se mettre dans de sales pétrins. Depuis l’horrible drame qui a marqué leur enfance, ils n’ont plus jamais été pareils. Pour gérer les blessures du passé, Alix s’automédicamente à fortes doses d’alcool. De son côté, Paul, le taciturne, semble avoir longtemps planifié sa vengeance. Lui sera-t-elle salvatrice? Une chose est certaine, leur traumatisme en a fait des adultes souffrant d’un sérieux trouble de l’attachement. De tendance résolument solitaire, ni l’un ni l’autre n’arrive à s’engager avec les gens. Malgré la dévastation qui les habite, ils s’agrippent à quelque chose afin de continuer, non pas de vivre, mais de respirer. Ce qui constitue en soi un exploit.


Réussiront-ils à réparer le tort qui leur a été fait? Alix pourra-t-elle empêcher son frère de commettre l’irréparable? Je ne peux vous en dire plus sur ce court roman de 130 pages, sinon que l’écriture d’Isabelle Gagnon est efficace et puissante. Que l’intrigue est impeccablement ficelée et tient le lecteur captivé jusqu’à la toute fin! Le reste, je vous laisse le plaisir de le découvrir vous-même. 

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

lundi 23 novembre 2015

Place Bonaventure : Que fait-on des personnes à mobilité réduite? Ou «Mon expérience au Salon du livre de Montréal : la visite avortée»

Je suis généralement pas du genre à me plaindre, mais là, la madame est pas contente! C’est que, voyez-vous, j’ai essayé d’aller au Salon du livre de Montréal. Ben en fait, j’ai réussi à y aller… un gros 45 minutes! Si ce n’était du fait que j’ai pu parler avec quelques auteures (Stéphanie Deslauriers, Johanne Seymour et Syvlie-Catherine De Vailly) au stand 146 et un adjacent, on pourrait dire que je n’y suis pas allée. Pis j’ai rien ramené. Pas de livres, j’entends. Juste une énorme colère. Une frustration intense, qui, chaque fois que j’y pense, même trois jours plus tard, n’a rien perdu de sa superbe.

Comme certains d’entre vous le savent, je me déplace maintenant avec des béquilles à bras, vous savez, les mêmes qu’utilise le fils de Walter White dans la série Breaking Bad. Ce qu’il faut savoir, c’est que quand notre mobilité est réduite, avant de se rendre où que ce soit, à l’épicerie, au dépanneur, n’importe où, on estime le chemin à parcourir – c’est tout juste si on ne compte pas les pas qu’on prévoit faire – et on le compare à la force que l’on croit avoir, pour avoir une idée de la faisabilité du projet. Ça, c’est sans compter la gestion des liquides. Hé oui! Chaque détour à la salle de bain signifie des pas de plus, alors on essaie de les réduire au minimum. Pis là, c’est si on se rend au petit coin, parce que quand on a une vessie neuropatique, c’est pas une garantie! Ce qui veut dire qu’on arrête de boire au plus tard une heure trente avant de partir.

Me voilà donc vendredi, à me demander si c’était faisable pour moi d’aller au Salon du livre. Je me suis dit : « J’ai pris l’avion toute seule avec trois bagages pas plus tard qu’il y a deux semaines, si je suis capable de faire ça, je suis capable d’affronter le Salon du livre! » Ouais, bon, ça n’a pas trop bien fonctionné, mon affaire.

Premier obstacle : pas de stationnement pour personne handicapée libre. Le stationnement d’en face plein, mais bon, un se libère devant l’entrée… je suis chanceuse… mais je dois revenir déplacer ma voiture avant 15 h 30, car à partir de cette heure, c’est une zone d’embarquement pour les autobus.

Deuxième obstacle : Je gravis les nombreuses marches pour entrer à l’intérieur du bâtiment, puis je descends un escalier, puis un autre, pour accéder à la billetterie. Je me présente à l’espace média pour réclamer mon accréditation. Troisième obstacle : elle n’est pas là. Ma demande a pourtant été faite en septembre auprès de la nouvelle firme de communication qui s’occupe du Salon du livre. Demande réitérée dans un échange courriel juste avant mon départ précipité pour la France au début du mois. J'ai toujours fait une bonne couverture du Salon, je ne comprends pas. Mais bon, elle n’est pas là. La fille du kiosque doit texter la salle de presse pour savoir si elle peut m’en faire une. J’attends… Je me dis que tu sais, 8 $, c’est pas la fin du monde, je vais aller m’acheter un billet. Sauf qu’il y avait une queue et, comme la position debout stationnaire est difficile pour moi, alors j’attends qu’on éclaire la situation au sujet de mon accréditation. Quelques minutes après arrive un vrai journaliste Jean-François Nadeau, du Devoir, pour ne pas le nommer). Pas d’accréditation pour lui non plus. Mais bon, il s’est peut-être trompé, peut-être sa passe se trouve-t-elle avec celles des auteurs, puisqu’il doit faire une animation à 15 heures. Elle s’apprête à lui en faire une, et me voit du coin de l’œil, à attendre qu’elle ait la réponse de la salle de presse pour me faire une accréditation. La fille est visiblement mal à l’aise. Elle me fait donc une accréditation, puis fait celle du journaliste.

Je m’avance vers l’entrée, cherchant des yeux une indication vers un ascenseur, un monte-charge, quelque chose. Rien. Quatrième obstacle. Je monte donc le long escalier jusqu’au palier. Là, je vois une pancarte poussette et fauteuil roulant. Je suis le chemin, mais je ne vois rien. Je monte donc un autre escalier, de plus en plus lentement puisque mes jambes commencent à vraiment avoir du mal.

Après avoir placoté avec deux, trois auteures, c’est l’heure d’aller déplacer ma voiture. Et rebelote le combat entre mes jambes et les escaliers à descendre et à remonter pour me rendre à l’extérieur. C’est là que je vois le « monte-charge » pour poussette et fauteuil roulants, entre deux volées de marches. Quelle super idée! Il faut monter ou descendre un escalier pour y accéder! Comme il y avait une file de poussettes, j’ai pris l’escalier. Le temps que ça m’a pris de faire chaque marche une à une, mes jambes faiblissant à chaque foulée, je suis arrivée avec cinq minutes de retard à ma voiture. J’avais donc, en prime, une contravention de 86 $. Bon, celle-là, je l’assume. J’ai choisi, parce qu’il n’y avait pas de stationnement pour personne handicapée proche de l’entrée, de me garer là. Pas de problème. Sauf qu’une fois rendue à ma voiture, je me suis bien rendu compte qu’il m’était impossible de refaire le parcours digne de Shawshank redemption deux autres fois (pour retourner à la salle d’exposition et revenir à ma voiture ensuite). Fait que je suis partie. En beau maudit!

Sérieusement, en 2015, il est inconcevable qu’une des principales salles d’exposition de Montréal ne soit pas mieux équipée pour recevoir les personnes à mobilité réduite. Et si on veut aller au Salon du livre ou au Salon des métiers d’arts? On reste chez nous, c’est ça? Encore une fois, on se sent exclus de la société dont nous faisons partie. Pourtant, on paie nos impôts et nos taxes, comme tout le monde. Et, n’en déplaise à une jeune participante à l’émission Un souper presque parfait, on a contribué à la société et on le fait toujours. Juste différemment. Alors, pourquoi des situations comme celle que j’ai vécue se produisent encore?


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique 

vendredi 20 novembre 2015

Elektra à l'Opéra de Montréal

L’Opéra de Montréal présente les 24, 26 et 28 novembre, Elektra, de Richard Strauss, sous la direction du chef Yannick Nézet-Séguin. C’est un court opéra de 1 h 40, donc parfait pour s’initier. En plus, des billets sont disponibles à partir de 20$ !


Agnes Zwierko (Egisthe) & Lise Lin dstrom (Elektra) © Yves Renaud
Voici l’argument de l’opéra.
«Sous le regard de leur surveillante, des servantes commentent le comportement étrange d’Électre qui, chaque soir, pleure la mort de son père Agamemnon, assassiné par sa femme Clytemnestre et son amant Égisthe. Restée seule, Électre invoque le nom de son père, et revoit le meurtre dont il a été victime. Une pensée l’obsède : venger cette mort avec l’aide de son frère Oreste, exilé.
Chrysothémis, sœur d’Électre, entre, inquiète. Elle l’informe que Clytemnestre et Egisthe menacent de l’enfermer dans une tour. Elle lui confie aussi son rêve d’avoir des enfants et d’être heureuse.  Électre méprise la faiblesse de caractère de sa sœur.  On entend alors approcher Clytemnestre, accompagnée de son cortège. Électre veut confronter sa mère. Chrysothémis tente de l’en dissuader, en vain, et s’éclipse.
Clytemnestre paraît. Tourmentée par les cauchemars qu’elle fait chaque nuit, elle demande à Électre
Lise Lindstrom (Elektra) - © Yves Renaud
 par quel sacrifice elle pourrait les faire cesser. Électre lui révèle alors que seule sa propre mort, sous les coups d’Oreste, saura en venir à bout. Une confidente entre et murmure à l’oreille de Clytemnestre une nouvelle qui semble la réjouir. Elle sort sous le regard intrigué d’Électre.
Chrysothémis reparaît, horrifiée, et déclare que deux étrangers ont annoncé la mort d’Oreste. Électre refuse d’abord d’y croire, puis essaie de convaincre sa sœur de l’aider à tuer Clytemnestre et Égisthe. Devant le refus de Chrysothémis, Électre décide d’agir seule.
Tandis qu’elle récupère la hache ayant servi à tuer Agamemnon, entre un des étrangers porteurs de la terrible nouvelle. Après avoir reconnu Électre, il révèle son identité : il est Oreste, son frère dont le retour fut tant espéré. Oreste accepte d’accomplir la vengeance et, peu après, on entend, venant du palais, les cris d’agonie de Clytemnestre.
Électre apprend, par Chysothémis et les servantes, le retour d’Égisthe. Elle l’accueille avec une étrange amabilité et l’escorte jusqu’au palais où, une fois entré, il sera aussi assassiné. Sa vengeance ainsi accomplie, Électre, ivre de joie, se lance une danse extatique au terme de laquelle elle s’effondre.»
 
Pour de plus amples informations et pour vous procurer des billets, rendez-vous au site suivant : http://www.operademontreal.com/fr
 

Sculpture d'Agamemnon -© Yves 20Renaud




HORAIRE :
21, 24, 26 et 28 novembre 2015

DÉBUT : 19 h30
DURÉE : 1 h40
ENTRACTE : aucun
SALLE : Wilfrid-Pelletier
LIEU : Place des Arts
PRÉOPÉRA : 18 h 30


Billets à partir de 20$

La belle mélancolie

Arnaud Delagrave est un ancien avocat qui travaille dans une boîte de communication spécialisée en gestion de crise. Alors que des meurtres ont lieu à la Drago Polar Mine, des clients dont l’entreprise se situe dans le Grand Nord, il est appelé à la rescousse par le propriétaire pour minimiser l’impact de cette tragédie sur l’entreprise. Une enfilade d’événements l’y ramèneront à plusieurs reprises et de concert avec d’autres éléments, le conduiront à se questionner sur les limites de son travail ainsi que sur ses choix professionnels.

Depuis quelques années, Michel Jean tourne sa lunette sur les injustices envers les Amérindiens. Dans La belle mélancolie, il se penche sur un aspect du sort des Inuits, un peuple qui, contrairement à la croyance populaire, ne fait pas partie des Premières nations. Il nous sensibilise encore une fois sur les problématiques sociales qui touchent les Inuits. Pauvreté, prostitution, viol, alcoolisme, contrebande d’alcool et j’en passe.

Dans La belle mélancolie, on retrouve l’aspect « redéfinition existentielle » qui était présent dans ses premiers romans. Comme toute personne qui occupe une profession qui ne lui convient va totalement, Arnaud est en prise à des remises en question. Il s’est laissé prendre par la vie et a suivi un chemin qui l’a éloigné de l’homme qu’il est. De ses passions, de ses valeurs. En cela, il ressemble à plusieurs d’entre nous qui, d’un choix à l’autre, nous sommes laissés entraîner dans le tourbillon des nécessités, des ambitions. Pour Anraud, l’un des déclencheurs est sans nul doute sa liaison avec Amélie Roy, une jeune avocate. Étant à différents stades de leurs vies personnelles et professionnelles, sa présence soulève des interrogations. Soudainement, sa conscience du passage du temps est exacerbée. Ce qui n’était au départ qu’un vague inconfort se transforme en malaise de plus en plus palpable. De plus, la confrontation des deux mondes; sa vie à vive allure à Montréal dans le confort et la détresse et le dénuement vécu dans le Grand Nord, ainsi que le fait de fréquenter une femme dans la vingtaine le plongent directement dans le souvenir de sa jeunesse, à l’époque où il rêvait d’aide humanitaire. Pour en rajouter, son passé se rappelle vivement à lui sous la forme d’une ancienne amoureuse, rencontrée par hasard, ce qui exacerbe son trouble. La vie nous met parfois dans des situations qui forcent la remise en question. Cette réalité, Michel Jean l’aborde habilement.


Derrière le journaliste que l’on connaît se cache un humaniste. Un homme qui, par ses écrits, suscite la réflexion sur l’état de notre société ainsi que sur notre vie en tant qu’individu. Le tout sans ton moralisateur. Il ne fait que dépeindre des situations, parfois bien injustes, mais bien réelles.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique