samedi 31 octobre 2015

Dans la boîte aux lettres cette semaine

Encore plein de surprises et le demandé-depuis-longtemps-tant-attendu-Martin-Michaud! 

Bon week-end, chères lectrices, chers lecteurs!

Des papillons pis de la gravité, Alexandra Larochelle,
Libre Expression

Les corps extraterrestres, Pierre-Luc Landry,
Druide

L'heure sans ombre, Benoît Bouthillette,
Druide

Quand j'étais Théodore Seaborn, Martin Michaud,
Goélette

L'important, c'est ce que les autres pensent,
Marc Boilard, Les Éditions de l'Homme

Mon affreux maillot beige, Agnès Ruiz,
Recto Verso

Après la poussière, tome 2 - Conformité,
Maureen McGowan, Québec Amérique



jeudi 29 octobre 2015

Jeudi jeunesse : Le bal du diable


C’est la fin du primaire pour Laura et ses amies. Pour l’événement, un bal costumé est organisé. Qui dit bal, dit fabuleuse robe et recherche d’accompagnateur. Souvenez-vous du stress que ça vous a fait vivre. Personne ne veut être seul à cette soirée! Laura a fait faire une superbe robe par sa tante, mais elle n’a pas trouvé de cavalier. Alors qu’elle hésite un peu à s’y rendre, elle reçoit des lettres d’un admirateur secret qui souhaite l’accompagner à la soirée. Mais qui est ce garçon qui lui écrit sur un vieux papier qui sent le souffre?

Arrivée à l’école, elle se rend au lieu de rendez-vous pour trouver un beau garçon qu’elle ne connaît pas. Charmée par l’inconnu, Laura accepte de passer la soirée avec le garçon. Elle est heureuse de danser avec lui, mais bientôt quelque chose cloche chez lui. Ses traits et ses comportements changent au fur et à mesure que la soirée avance. Est-ce que Laura sortira indemne de cette soirée qui prend des allures d’enfer?


Un suspense qui fait frissonner et reconsidérer l’idée de faire confiance à un inconnu. Une petite lecture tout indiquée pour l’Halloween!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


mercredi 28 octobre 2015

Conversations d'un enfant du siècle

Cet automne, Frédéric Beigbeder nous offre un recueil de conversations. Il y a colligé quelques dialogues, ayant eu lieu entre 1999 et 2014, avec des écrivains qu’il a rencontré, et quelques-uns qu’il aurait aimé rencontrer. Ces derniers sont bien sûr des discussions imaginaires, vous l’aurez deviné.

Le but de l’exercice : échanger sur des questions plus ou moins relatives à leurs livres, qui sont des prétextes pour parler de littérature et même de la vie en général, puisque la littérature raconte la vie. Certains échanges sont plus profonds, mais à la Beigbeder, c’est-à-dire qu’il y a intégré un peu de folichonneries. On sait bien que d’une part, c’est plus plaisant de le faire en s’amusant un peu, et d’autre part, Beigbeder n’aime pas trop faire dans le traditionnel sérieux qui entoure généralement ce type de rencontres.

Beigbeder voulait également tenter de déceler la méthode de travail des écrivains interviewés et leur façon de l’aborder. Je ne sais pas s’il estime avoir atteint cet objectif. Pour ma part, je n’en suis pas totalement convaincue.

Dans ces 380 pages, on peut lire les échanges qu’il a eu avec, Philippe Sollers, Jean d’Ormesson, Jay McInerney, Michel Houellebecq, Tom Wolf, Alain Finkielkraut, James Salter, Bret Easton Ellis, notamment. Puis il y a des discussions imaginaires avec Charles Bukowski, F. Scott. Fiztgerald et Françoise Sagan. Les entretiens ne sont pas de toute actualité, car plusieurs ont été faits il y a très longtemps et, comme tout être humain, un auteur évolue, sa vision des choses aussi. Donc il faut tenir ce détail en tête alors qu’on fait sa lecture.

Il va sans dire que Beigbeder reste Beigbeder. Comme dans ses romans, il fait du coq à l’âne, il badine. Il est impertinent. Dans certaines conversations, cela nous va, on sourit, on est satisfait, mais dans d’autres, on aurait aimé qu’il aille un peu plus loin, qu’il creuse un peu plus. Cela dit, la plupart de ces entretiens sont intéressants. Par contre, certains passages ou certains détails auraient pu être biffés et on n’aurait rien manqué.


Pourquoi lit-on un recueil d’entretiens? me demandez-vous? Par curiosité de connaître la conception de la littérature et du monde des écrivains. Ce que j’ai apprécié, c’est de déceler l’humain derrière chaque auteur. De trouver, ne serait-ce qu’une parcelle d’information sur leur conception des choses. Cela m’a d’ailleurs donné envie de me procurer les œuvres de certains.

Un ouvrage pour les férus de littérature.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

mardi 27 octobre 2015

Livre du mois de novembre du Club de lecture Châtelaine

Oups! Ayant quitté le groupe avant la publication de ma dernière participation au Club de lecture Châtelaine, j'ai oublié de vous transmettre le lien pour y lire les avis des membres.

Le roman du mois était La nuit de feu, d'Eric-Emmanuel Schmitt. Je vous invite à cliquer ici pour découvrir ce que nous en avons pensé.


lundi 26 octobre 2015

Enfants et tueurs, une histoire à glacer le sang.


Je m’en souviens comme si c’était hier. Cela fait déjà 22 ans de cela. Une horrible histoire. Deux enfants de dix ans qui ont torturé et assassiné un bambin de deux ans. Jusqu’à ce 12 février 1993, on n’aurait jamais cru que des enfants étaient capables de tant d’ignominie.

Le 12 février 1993, Jon Venables et Robert Thompson ont enlevé, torturé et assassiné le petit James Bulger. Hugues Corriveau s’est inspiré des faits pour reconstruire la trajectoire qui a mené les deux garçons à commettre l’inimaginable. Il retrace le cheminement de Jon et Rob, tente de répondre aux questions « Pourquoi ont-ils posé ce geste? Comment deux enfants peuvent-ils se rendre là? » Imaginant les divers facteurs qui ont joué un rôle dans ce drame abominable, il présente cet événement comme une suite logique, qui serait en partie libérateur de la violence vécue, accumulée.

Durant la majeure partie du roman, il dresse la liste des éléments qui ont contribué au passage à leur passage à l’acte. Tous deux ont été immergés dans la violence dès l’enfance. Rob fait partie d’une famille monoparentale qui compte sept enfants et dont la mère, alcoolique, fréquente assidûment le Top House. Jon, dont le frère aîné et la sœur cadette sont atteints de déficience intellectuelle, vit avec sa mère la semaine et son père la fin de semaine. Les enfants sont victimes de sévices de la part de leurs deux parents, qui ont également un penchant pour la bouteille. Neil, le père, est accro à la pornographie violente et regarde ces films devant Jon. Avec tout cela, on n’est pas étonné d’apprendre que Jon s’automutile. Les deux garçons vivent une souffrance lancinante depuis le berceau. Ils vivent dans un monde crasseux, crade, répugnant. D’ailleurs, le qualificatif crasseux revient souvent pour les décrire, décrire leurs parents, leur vie. À tel point qu’on la voit, on la sent qui dégouline à travers les pages.

L’écriture poétique de Corriveau fait en sorte que c’est presque lyrique. Il veut qu’on soit empathique, qu’on réalise qu’ils sont également des victimes et que c’est ce qui les a poussés à agir. C’est bien sûr le cas, cependant il y a des endroits où l’on se dit qu’il insiste peut-être un peu trop. C’est sans nul doute tragique et horrible, mais après cinquante pages, j’ai commencé à me dire que le ton était à la limite du misérabilisme. Toutefois, cette impression s’efface dès qu’il relate la rencontre des deux goujats à l’école. Alors, le récit prend un peu plus de corps. On les suit dans la progression de leurs larcins. Un jour, lassés des vols à l’étalage, un projet s’impose à eux. Et s’ils volaient un enfant? Le jour J, ils se rendent au centre commercial à la recherche de leur proie. Sans s’en parler, ils ont tous deux l’idée de prendre un enfant qui est leur antithèse. Un enfant heureux et aimé. Un genre de vengeance.

À partir du jour fatidique, l’histoire est racontée selon plusieurs points de vue. Malfaiteurs, enseignants, parents, témoins, tous donnent une parcelle d’information pour créer un portrait sur 360 degrés. On décrit toutes les étapes de leur chemin entre le centre d’achats et les rails de trains, tous les témoins croisés et témoignant au procès pour démontrer que les gens ont vu les trois gamins, mais, même si le petit était blessé, ils n’ont pas contacté la police, ce qui démontre que le fait que ce soit des enfants fait en sorte que personne ne se serait douté qu’ils l’avaient enlevé, qu’ils lui ont fait du mal.

Le récit des atroces tortures que les garçons ont fait subir au petit James sur le chemin de fer est à glacer le sang. Le lecteur n’est pas épargné de façon à ce qu’il saisisse l’ampleur de la cruauté des jeunes malfrats. Les coups, les piles insérées dans le corps, les pierres lancées, tout y est. Les sévices dont il est victime s’accroissent de minute en minute, car le petit se relève chaque fois, contrairement aux personnages des jeux vidéo auxquels les enfants ont l’habitude de jouer. Jon et Rob sont énervés par cet enfant qui geint et que se relève sans cesse. Qui ne se soumet pas. Ils n’avaient pas prévu de le tuer, mais l’idée s’est imposée d’elle-même. De le rendre immobile une bonne fois pour toutes. Leur quête de pouvoir ne pouvait pas ne pas aboutir, alors ils sont devenus plus brutaux. Le lecteur ne peut être que fortement ébranlé par Les enfants de Liverpool.

De l’ensemble du roman, je dirais que l’auteur a peut-être trop voulu nous convaincre que ces enfants ne sont pas que des monstres et qu’ils ne sont pas les seuls responsables de la tragédie. Il y met tant d’effort que c’est un peu trop. Certains passages ont un ton à la limite du misérabilisme. Puis il y a l’abondance de témoignages au procès, témoignages qui se ressemblent parfois, ce qui ajoute un peu de longueurs, mais qui servent à marteler qu’il y a eu plusieurs opportunités d’arrêter les enfants-tueurs.

Par ailleurs, l’écrivain s’est livré à un immense travail de recherche. Travail qui n’a pas dû être facile, pas plus que celui de l’écriture à proprement parler. Le tout est fait avec honnêteté et sans ménagement. Ce qu’Hugues Corriveau laisse transparaître dans ce roman est que cette tragédie est issue directement de problèmes sociaux tels que la pauvreté, l’alcoolisme, l’intimidation, et la violence. Il pose, sans la poser, des questions sur la responsabilité sociale dans tout cela. Certaines mesures sociales auraient-elles pu éviter une situation de ce genre? Les témoins auraient-ils pu stopper ce drame immonde? Les questions se posent.


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

samedi 24 octobre 2015

Dans la boîte aux lettres cette semaine

On termine une semaine qui a été pauvre en sommeil, donc aussi en lecture et en rédaction. Nous en sommes désolés, mais reprenons le collier, ne vous en faites pas. On a encore tous ces livres qui s'ajoutent à notre bibliothèque.

Bon samedi!

Le secret de Marie Julie François,
Lucien Morin, Fides

Le village entré dans le silence,
Ronald Lavallée, Fides

Du sang sur ses lèvres,
Isabelle Gagnon, Héliotrope Noir

#BITCH - Les filles et la violence,
Jasmin Roy, Les Éditions de l'Homme

Boîte de_messagerie_sulfureuse,
Dominique Girard, La Semaine

Jackpot - Plaisirs et misères du jeu,
Denise Bombardier, Les Éditions de l'Homme

Bine 2 - Bienvenue dans la chnoute,
Daniel Brouillette, Steven Dupré, Alcante,
Les Malins

lundi 19 octobre 2015

Choisir Éléonore : dans les petits pots, les meilleurs onguents ;-)



Par un beau jour, à la sortie du travail, Marianne aperçoit Éléonore qui discute avec des amies. Celle-ci la captive d’emblée. Cette femme a quelque chose de particulier. Sa façon de se tenir, de se vêtir accrochait l’œil. Marianne ne sait pourquoi, mais elle est irrépressiblement envoûtée par cette femme. Elle décide donc de la suivre.

Soudainement obnubilée par Éléonore, elle épie ses moindres mouvements, fait le pied de grue devant son appartement en s’imaginant ce qu’elle fait, se couche devant sa porte en l’attendant, elle est persuadée qu’elle est son amie et est convaincue qu’Éléonore veut d’elle comme amie. Cette femme souffre d’une immense solitude, direz-vous? Oui, mais à ce point-là, c’est plus que ça. Elle est atteinte d’érotomanie, une forme de psychose qui consiste à croire qu’on est aimé par une personne. On la suit dans ses fabulations avec avidité.

Marianne est intense, possessive et jalouse. Éléonore, pour sa part à une réaction plutôt étrange à la présence de celle-ci. Une telle histoire peut-elle bien finir? Je vous laisse le découvrir!

Le minuscule roman de 79 pages est un pur plaisir! Ça fait toujours du bien de constater qu’il y a plus mal-en-point que soi. Non, sérieusement, en peu de pages, Andrée A. Gratton caractérise de manière juste l’érotomanie. Elle a le sens du suspense et accroche le lecteur qui en demande plus!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique