mercredi 30 septembre 2015

D'après une histoire vrai, de Delphine de Vigan

Après le succès considérable de Rien ne s’oppose à la nuit, un roman très personnel qui raconte la vie de l’auteure avec sa mère atteinte de bipolarité et suicide de celle-ci, Delphine de Vigan a vécu une période de passage à vide. Pendant deux ans, elle n’a pas été capable d’écrire une seule ligne. Le fameux syndrome de la page blanche puissance mille. Une fois la période passée, l’auteure revient sur ce moment difficile et sur ce qu’elle estime en avoir été la cause.

À cette époque apparaît dans sa vie L., une auteure fantôme rencontrée lors d’une soirée chez une connaissance commune. Cette rencontre fortuite s’est développée en une relation très serrée qui petit à petit devient malsaine. Jour après jour, L. s’est immiscée dans la vie de Delphine de Vigan, à force de compréhension, de gentillesse, d’attention. L. récolte des informations sur sa proie, la fait parler, lui pose de nombreuses questions, se livre peu. L’auteure est impressionnée et envoûtée par L., une femme intrigante et étrange à la fois. Mystérieuse, elle se livre peu. En toute occasion, L. contrôle ses émotions, ses réactions, ses mouvements, son image, hormis pour quelques instants où elle se trouve en proie à des crises de colère impressionnantes. Mais ça n’arrive que tard dans la relation, alors que celle-ci est bien installée, que l’emprise de L. est implantée, que ses serres entourent sa proie.

Au même moment, de Vigan reçoit des lettres haineuses envoyées par une personne qui se dit membre de la famille, l’accusant d’avoir sali sa famille avec son dernier. Ces missives plongent l’écrivaine dans un profond malaise. Intimidée, elle a perdu le peu de confiance qu’elle avait en elle. Peu à peu, alors qu’elle sombre dans une dépression invalidante, Delphine de Vigan lui cède un considérable pouvoir sur sa vie.

Au début, cet espèce de Misery à la française a un ton qui frôle presque la plainte, du genre « pauvre petite moi », puis cela s’atténue et le récit devient un suspense intense dont certains passages ne sont pas sans rappeler le film Single white female, de Barbet Shrœder. On trépigne, on s’énerve… Parfois on se demande comment il se fait que certains événements, certaines paroles ne l’alarment pas. Puis on se souvient qu’elle était alors dans un état de vulnérabilité. Que lorsqu’on est impliqué, il est difficile d’avoir le recul nécessaire à se prémunir de tels manipulateurs.

Delphine de Vigan soulève ces questions : qu’écrit-on après un roman qui a remporté un succès monstre? Celui qui suivra sera-t-il à la hauteur du précédent? Est-on condamné à cesser d’écrire, ayant atteint l’apogée, ayant écrit le livre de notre carrière? La réflexion sur le réel vs la fiction dans la littérature se révèle également fort intéressante. L. soutient qu’il n’y a que le réel qui importe. Pour sa part, de Vigan estime que dès que l’on écrit, on est dans la fiction. On peaufine, modifie les événements, les perceptions, les lieux, etc. Ce différend est au cœur de l’impuissance de de Vigan, qui a le sentiment de décevoir L. en voulant écrire de la fiction. L. veut qu’elle aille au cœur de ses douleurs, de son être pour écrire « le livre caché », que de Vigan avait évoquée lors d’une entrevue sur Rien ne s’oppose à la nuit. Delphine de Vigan refuse de le faire, disant être ailleurs. L. lui reproche constamment de rester dans sa zone de confort. Elle veut qu’elle se lance du précipice chaque fois qu’elle écrit un livre. La pression à laquelle L. la soumet la paralyse.

On se régale de cette histoire dont on arrive très peu à séparer ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas. Et ça importe peu. Ce qui est essentiel, c’est justement de ne pas pouvoir discerner la frontière, ce qui dénote la qualité de l’écriture. Je me suis exclamée à plusieurs passages où de Vigan se laisser enrouler dans la farine par L., j’ai hoché la tête en accord avec certains passages, bref, cette lecture m’a emballée.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

lundi 28 septembre 2015

Le Grand Galop

Comment décrire ce roman de Marie-Noëlle Gagnon? L’éditeur utilise le terme audacieux. Parfois, après ma lecture, je suis plus ou moins en accord avec les descriptions des éditeurs. Dans ce cas-ci, audacieux est le terme juste. Alors que le propos du roman est assez commun – la désillusion d’une jeune femme dans la vingtaine qui, après une rupture, réalise que la vie qu’elle a menée jusqu’à maintenant n’est pas celle dont elle a rêvé –, la forme est, pour sa part, on ne peut plus originale. La narratrice, dotée d’une imagination débridée, invente deux versions ou plus de chaque événement de sa vie. Un peu comme un DVD nous propose une fin alternative, ou un roman dont vous êtes le héros nous laisse choisir le chemin que prendra le personnage. Laquelle est la vraie? Personne ne sait.

En plus d’anticiper son avenir en le rêvant de diverses manières, elle retourne dans ses souvenirs d’enfance et les revisite également en deux ou trois versions. Comme portée par le flot des vagues, le récit avance, puis recule un peu. Avance à nouveau, recule à nouveau, et ainsi de suite. Une lente, mais constante progression. Une lutte pour mener une vie hors de l’ordinaire. Un texte hautement poétique et éclaté qui désarçonne. Il est ravissant de singularité. Amateurs de récits linéaires et esprits cartésiens, soyez avertis!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

jeudi 24 septembre 2015

Jeudi jeunesse : Tout mignon, Petit cœur de cochon!

Tortillon le cochonnet se réveil un matin avec une question bien importante. De quelle taille est son cœur? Est-ce qu'il pourrait tout aimer? Il va voir ses amis animaux pour leur demander s'ils savent, eux, de quelle grosseur est leur cœur. La vache, la coccinelle, la lapine, le mouton, bref tous ses amis lui répondent que oui, ils connaissent la grosseur de leur cœur. Ils ont tous des tailles différentes. Cela ne l'aide pas dans sa recherche et génère d'autres questions. Comment une coccinelle peut-elle avoir un cœur aussi grand qu'un arc-en-ciel? Heureusement, sa maman a une réponse pour lui. Vive les mamans! ;-)

Mais qu'est-ce qu'il est mignon cet album! Wow! Les illustrations sont douces et délicates! À travers le texte les petits apprennent que quelque soit la grosseur de leur cœur, ils ont suffisamment de place pour aimer sans limite!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

mercredi 23 septembre 2015

Trésor des expressions québécoises

Je suis sûre que, comme moi, vous trouvez la langue québécoise belle, riche et je dirais même savoureuse… Parfois! ;-) On a beau vivre au Québec, il est impossible de connaître toutes les expressions. En tout cas moi, fière Québécoise, j’en ignore des centaines. Je me suis rendu compte à quel point ma culture de la langue du Québec était imparfaite en feuilletant la nouvelle édition de l’ouvrage Trésor des expressions québécoises. Augmentée de plus de 400 nouvelles entrées, elle en compte plus d’un millier au total. Elles ont été cueillies dans environ une centaine d’œuvres québécoises, dont celles de Michel Tremblay, de Francine Noël, d’Yves Beauchemin et de Germaine Guèvremont, pour ne nommer que ceux-ci.

Ce n’est pas qu’un ouvrage de référence pour ceux qui ne sont pas originaires du Québec. Il est pratique à avoir pas trop loin quand on lit un roman québécois, quand on en écrit un et qu’on veut faire ressortir la richesse de notre langue, ou encore comme livre de chevet, question de parfaire notre culture. Pour ma part, il trône sur la table d’appoint dans le salon. Ainsi je saurai que « faire du farfinage », veut dire tergiverser, ou branler dans le manche. Que « Fait en peau de pet » signifie être de constitution fragile.


Bref, comme le dit si bien l’éditeur, ce n’est « pas un travail de cabochon ». C’est bondé d’informations de provenances variées et vraiment tripant à lire!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

lundi 21 septembre 2015

Petit Piment d'Alain Mabanckou

Petit Piment, de son vrai nom « Tokomisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami anmboka ya Bakoko » (ce qui veut dire « Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est né sur la terre des ancêtres »), vit à l’orphelinat de Loango, en compagnie 303 autres pensionnaires, dont son ami Bonaventure. Entre le goujat qui dirige l’orphelinat et les jumeaux Tala-Tala et Songi-Songi qui persécutent les autres orphelins, Petit Piment s’alliera, un peu contre son gré, aux deux jeunes voyous.

Quand la révolution socialiste est annoncée, le curé Papa Moupelo, vieux prêtre zaïrois qui leur prodigue l’enseignement religieux, est banni de l’établissement. Sans ces moments de chants et de danse qui sont pour lui du pur bonheur, Petit Piment décide de s’évader de l’orphelinat avec les jumeaux.

Il connaîtra la vie de la rue, au Grand Marché de Pointe-Noire où ils commettra de nombreux larcins avec son clan. C’est à ce moment que Petit Piment rencontre Maman Fiat 500, tenancière d’une maison close. Auprès d’elle et de ses filles, il trouvera un semblant de famille. Mais ce bonheur est de courte durée. Le maire de Pointe-Noire déclare la guerre aux putes zaïroise et Maman Fiat 500 disparaît, ainsi que sa maison, détruite par un brasier. La perte de sa nouvelle famille constitue un point de rupture pour Petit Piment. Il perd ses repères et sa mémoire commence à faire défaut. Il « perd ses compléments circonstanciels » tout comme il ne maîtrise pas les circonstances de son existence.

Alain Mabanckou est un excellent conteur, comme ses personnages, d’ailleurs. Avec ses guérisseurs, ses légendes et croyances africaines, Petit Piment est un genre de fable colorée, divertissante, dépaysante. Malgré le fait que le roman s’essouffle un peu au cours du dernier tiers, on a droit à de superbes passages. Une lecture haute en saveurs!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

samedi 19 septembre 2015

Dans la boîte aux lettres cette semaine

Nos nouvelles acquisitions!
Bonne fin de semaine!



Choisir Éléonore, Andrée A. Gratton,
Pleine lune

La trahison des corps, Stéphanie Deslauriers,
Stanké

Conversations d'un enfant du siècle,
Frédéric Beigbeder, Grasset

Zaq et moi, tome 3 - Meilleurs ennemis,
Marie-Josée Soucy, Recto Verso



Juliette à Amsterdam, Rose-Line Brassard,
Hurtubise


jeudi 17 septembre 2015

Jeudi jeunesse : Fafounet va au pommes!

Cet automne, Bafouent va aux pommes! Il est tout excité à l’idée de concocter de savoureuses recettes, des tartes aux pommes, de la gelée de pommes... il se voit déjà comme un scientifique qui fait des expériences.

Alors qu’il s’amuse follement à cueillir les fruits, il se rend compte qu’il y a plein de cœurs de pommes dans son panier. Quelqu’un a mangé sa récolte! Mais qui peut avoir fait ça?

Un autre album dont les illustrations et les textes feront rire les petits. Ils seront intrigués de savoir ce qui s’est passé avec les fruits de Fafounet.

Lecture approuvée par Suzie frisette!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

mercredi 16 septembre 2015

La vie après bébé, que de défis!

C’est avec plaisir que l’on retrouve le quatuor de mamans de Bébé boum. Les bébés ont maintenant un an et il est temps pour leurs mères de retourner au travail. Celles-ci affronteront donc le défi de taille qu’est la conciliation travail-famille.

Lili a décidé de se lancer dans le monde du travail autonome et devient photographe professionnelle. Elle estime que cela l’aidera à concilier les nécessités financières et les besoins de Léonard. Cependant, d’avoir un nouveau bébé la prend. C’est bien mieux de le faire pendant qu’elle est en démarrage plutôt que de monter une clientèle pendant deux ans et les laisser en plan pendant un an, pense-t-elle. Arrivera-t-elle à concilier les exigences d’un lancement de carrière, un bébé d’un an et une grossesse? Pour sa part, Thomas, son chum, anticipe les sautes d’humeur de sa blonde, mais accepte de se lancer dans l’aventure.

Jean-François subit une réanostomose afin d’inverser sa vasectomie. Esther et lui sont résolus à avoir un quatrième enfant. Le couple a convenu qu’Esther deviendrait maman à la maison. En attendant, celle-ci commence un nouvel emploi qui demande plus de temps de déplacement. Ce n’est qu’un des bouleversements qui touchera la petite famille habituellement réglée au quart de tour. Esther devra relever des défis de taille.

De son côté, Frédérique, qui n’a pas suivi Simon au Japon, fait face à la monoparentalité. Pas toujours facile pour la femme enflammée qui cumule les amants. Sans compter que l’accro au luxe devra se serrer la ceinture pour être en mesure d’arriver chaque mois. Elle décide de se trouver une façon de faire de l’argent le plus facilement possible. Notre charnelle Fred retrouvera-t-elle l’amour après le départ de Simon?

Quant à Jeannine et Gerry, les parents de jumeaux, rien ne va plus. Gerry est encore ébranlé par ce qu’a fait Jeannine et se sent de plus en plus loin de sa femme des dix dernières années. Jeannine refuse de croire à la fin de son couple, ignorant des messages qui ne mentent pas, et fera tout en son possible pour que leur petite famille reste unie.

Toujours sous le signe de l’amitié, le roman aborde de nombreux sujets : deuil périnatal, rupture amoureuse, conciliation travail-famille et famille-vie amoureuse, coups du sort, et ainsi de suite. L’écriture de Josée Bournival coule de source, hormis pour un tic d’écriture, « tenir pour acquis » et ses diverses conjugaisons qui reviennent souvent. Remarquez que cela a un effet éducatif. À force de répétition, on va peut-être arrêter d’utiliser l’expression fautive « prendre pour acquis ». ;-)  Le roman de 500 quelques pages se lit rapidement. L’humour est subtil et délicieux et les personnages attachants. Les lectrices peuvent s’identifier facilement aux personnages qui sont comme vous et moi.  Et je précise qu'on n'a pas besoin d'avoir des bébés pour aimer. Mon bébé a bientôt 19 ans, et j'ai beaucoup aimé. Josée Bournival raconte des vies de femmes. La maternité n'en n'est qu'un aspect. Alors, ne boudez pas votre plaisir! ;-)


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

lundi 14 septembre 2015

Là où la lumière n'a pas d'emprise

François Lévesque nous livre son sixième roman, « la noirceur ». Avant tout, pour ceux qui ne le connaissent pas, sachez quoutre être auteur, il est critique de cinéma et que sa passion pour lécriture lui est venue durant sa maîtrise en études cinématographiques. Cette information nest pas anodine puisque le livre est truffé dallusions à de nombreux films. En fait, le récit ne regorge pas simplement de référence, mais il est construit comme un film!

Pour ma part, dès les premières pages, jai eu limpression dentendre la voix hors champ de « The Twilight Zone » plantant le décor et les personnages. Jai simplement adoré et tout de suite embarqué. Et tout comme dans les épisodes de cette célèbre série, lambiance est extrêmement importante ainsi que le jeu des acteurs. Les protagonistes sont décrits avec précision, sans aucune lourdeur. Afin que le lecteur puisse facilement sidentifier aux deux personnages principaux Guillaume Kaminski et sa fille , les dialogues ne sont pas écrits dans un français impeccable, mais dans un langage parlé. Dailleurs, le langage des adolescents est bien rendu et est différent de celui des adultes. Tous ces « petits » détails permettent au lecteur daller encore un peu plus loin dans son identification avec les personnages. Encore une fois, tout comme dans un vieux classique, film ou série, lhistoire prend son temps. Pas dexplosions ou de quelconques artifices. Simplement une tension qui sinstalle et monte graduellement. Je dois avouer que le texte ma suffisamment capturé pour créer en moi une impatience, une envie de savoir ce qui se passe. Je ne dirais pas que cest dû a des longueurs dans le récit. Tellement pas! Lambiance est si bien mise en place que les petites « révélations » qui surviennent aux fils des pages donnent le goût den savoir plus, et tout de suite. 


La lecture du roman est agréable, les pages se tournent facilement. François nous invite donc à partager la vie de Guillaume, récemment divorcé, et de Daphné, sa fille de quinze ans. La relation entre le père et la fille est assez houleuse, cette dernière nétant pas particulièrement contente dêtre sous la garde complète de son père et de devoir déménager dans la maison de son grand-père mort subitement. Grand-père dont, il faut l'ajouter elle vient tout juste dapprendre lexistence, de même que, contrairement à ce quil a toujours prétendu, son père nétait pas orphelin... Je nen dirai pas plus, puisque je veux vous laisser le plaisir de découvrir ce passé mystérieux. Alors bonne lecture!

Dominique de Leeuw

samedi 12 septembre 2015

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Pour l'amour de Dimitri, Didier Leclair,
David, Indociles



Aux délices de Miss Caprice, Evelyne Gauthier,
Guy Saint-Jean Éditeur


Bébé Boum 3, Josée Bournival,
Hurtubise


D'après une histoire vraie, Delphine de Vigan,
JC Lattès

Lance et compte - Les débuts

Tatoué dur le cœur
et
Temps mort,
Hélène Gagnon, Le Petit homme

jeudi 10 septembre 2015

Jeudi jeunesse : Les immondes


Fanny habite chez sa sœur Renée depuis la dépression de sa mère. Il ne s’y sent pas tout à fait chez elle, mais suffisamment confortable. Sauf quand un homme vient cogner à sa porte. Son allure est inquiétante. Il est sale, il sent mauvais et il ne cesse de crier que les immondes veulent le tuer. Avouons que c’est assez affolant! Même quand René lui dit qu’il s’agit d’un voisin qui est un ancien patient de l’hôpital psychiatrique et qu’il est inoffensif, elle n’est pas plus rassurée… peut-être bien qu’elle n’a pas tort.


C’est agréable de voir deux filles dans un roman d’épouvante. Il n’y a pas que les garçons qui aiment ce genre de lecture. Avec Les immondes, garçons et filles de 8 ans et plus éprouveront assurément quelques frissons. Il y a du suspense et des personnages inquiétants. En revanche, je trouve que la fin est un peu précipitée. Ça m’a donné l’impression d’un premier tome dont on allait avoir plus d’information après. On aurait aimé plus d’interactions avec monsieur Boisvert. Il y avait là de quoi creuser le suspense et l’horreur.


Je ne peux passer un élément sous silence. Les personnages n’utilisent que le mot fou pour désigner aux personnes atteintes de maladie mentale. Qu’on fasse dans l’horreur ou non, que le mot fou soit utilisé par le commun des mortels ou non, dans un roman jeunesse, il m’apparaît primordial de ne pas propager des informations qui nourrissent la stigmatisation des individus. Le personnage peut avoir des préjugés, mais il me semble que le narrateur ou un autre personnage peut nuancer les propos. Par exemple Renée, la sœur de Fanny, étant dix ans plus âgée qu’elle aurait pu lui expliquer que la maladie mentale est traitable et qu’avec la prise de médicament, on peut améliorer la situation, que monsieur Boisvert a probablement cessé de prendre ses médicaments et que c’est pour cela qu’il est en crise.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique