lundi 31 août 2015

Nuit de noces à Ikonos

En couple avec Richard depuis trois ans, Lottie espère que celui-ci la demande en mariage. Quand il l’invite au restaurant en lui mentionnant qu’il avait quelque chose d’important à lui demander, Lottie s’imagine tout de suite qu’il s’est enfin décidé à lui faire LA grande demande. La pauvre s’est complètement fourvoyée. Contrariée qu’il ne manifeste aucun intérêt pour des épousailles, elle rompt avec lui.

Quand Fliss apprend que sa sœur mit fin à sa relation avec Richard, elle anticipe le pire. En période post-rupture, Lottie a l’habitude de faire des « choix malheureux », comme de s’enrôler dans une secte, s’acheter un appart qu’elle n’a pas les moyens de payer.

Son inquiétude est d’autant plus forte qu’elle doit partir pour deux semaines à l’étranger, et que Lottie risque de faire des bêtises en son absence. Sa sœur la rassure, elle ne fera rien d’insensé. Cependant, quand Fliss revient de voyage, elle apprend que Lottie a l’intention de se marier. Elle croit que Richard a changé d’idée, mais non…

Elle met donc sur pied une stratégie pour stopper le mariage. Malheureusement, son plan floppe. Fliss s’envole alors pour Ikonos, où Lottie et son nouveau mari sont en voyage de noces. Sa mission : les empêcher de consommer leur mariage. Un défi de taille s’il en est un, d’autant plus que le nouveau couple n’a pas baisé avant le mariage.

J’étais contente que ce ne soit pas une autre histoire mettant en vedette une héroïne gaffeuse et pathologiquement naïve. Bien sûr, il y a une petite part de ça dans le personnage de Lottie, mais à peine un soupçon. En gros, je me suis bien amusée et j’ai lu le roman avec intérêt d’un bout à l’autre. Oui, bon, certains passages sont rocambolesques, mais tout de même tolérables.
  
Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


samedi 29 août 2015

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Bon samedi à tous nos lecteurs! Voici nos nouvelles acquisitions. Parmi elles, des titres qu'on attendait impatiemment. De quoi passer de bons moments!


Profession du père, Sorj Chalandon,
Grasset

Éloi et la mer, Karine Geoffrion, Sémaphore



Délivrances, Toni Morrison, Bourgeois,

Corps désirables, Hubert Haddad,
Zulma

Petit piment, Alain Mabanckou,
Seuil

La promesse des Gélinas, tome 2 -
Édouard
, France Lorrain, Guy Saint-Jean Éditeur

Mirabelle - Pluie, neige et idées grises,
Catherine Boulanger

Fichu champignon!, Caroline Boucher

Les Z'Ailées

Les atypiques, tome 1 - Ce jour-là à 7 h 22,
Camille Bouchard, Québec Amérique


Entre sœurs, tome 3 - Dans la peau de Laurie,
Amy Lachapelle, Les Z'Ailées

Les immondes, Jonathan Reynolds

Le bal du diable, Keven Girard,

Les Z'Ailées, Zone frousse

Le petit bonheur, Jessie Chrétien,
Les Z'Ailées

Petit cœur de cochon, Mélanie Giguère-Gilbert,
Québec Amérique

jeudi 27 août 2015

Jeudi jeunesse : Oui, allô?

J’ai acheté Oui, allô? le 12 août dernier dans le cadre de l’événement Le 12 août, j’achète un livre québécois. J’ai choisi cet album pour ma nièce, Suzie frisettes, notamment parce que la maison d’édition Fonfon publie des livres produits à 100 % au Québec. Ça me semblait tout indiqué dans la thématique de la journée.

Alexe se fait garder chez sa grand-maman. Quel plaisir de s’amuser chez ses grands-parents! Il y a toujours toutes sortes de choses aussi intéressantes que bizarres. Comme Alexe, j’aimais beaucoup regarder les albums photo et fureter dans le grenier. Alors qu’elle explore le grenier et toutes ses richesses, elle trouve un étrange téléphone. Curieuse comme une belette, elle décroche le récepteur et compose le 1. Au bout du fil, c’est le père Noël qui répond. Elle passe chaque chiffre, un peu anxieuse de se faire surprendre par sa grand-mère. Heureusement, elle a le temps de parler au Poisson d’avril, au Lapin de Pâques, à la Fée des dents, pour nommer que ceux-ci, avant d’appuyer sur le 0 et d’avoir sa grand-mère en ligne.


C’est un bel album amusant qui enchantera les petits et rappellera de bons souvenirs aux grands qui leur en feront la lecture.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

mercredi 26 août 2015

Concerto pour petite noyée : Une symphonie de mots

En cette rentrée littéraire 2015, Annie Loiselle nous offre Concerto pour petite noyée, son cinquième roman. Comme dans ses précédents romans, il est question de destins de femmes qui s’entrecroiseront. Des existences où l’amour est trahi, refusé, perdu.

D’une part, il y a Valentine Aligheri, pianiste de concert. Elle existe par et pour la musique. C’est là qu’elle donne de tout son être. À tel point qu’il ne lui reste pas grand-chose dans les autres sphères de sa vie. Lorsqu’elle n’est pas assise au piano, elle n’est que douceur et retenue. Même ses étreintes avec son conjoint, Greg, sont dénuées de passion.

D’autre part, il y a Pervenche Provencher. Une jeune femme que la vie n’a pas choyée. Sa mère, Agnès, en proie à un deuil malsain l’a abandonnée avant même sa naissance. Tout d’abord en étant incapable de l’aimer, ensuite en la laissant aller vivre en Italie avec son père, à l’âge de 4 ans et en refusant tout contact avec elle.

L’histoire débute sous le signe du drame. On apprend que Greg est mort. Trois balles. Abdomen. Poumon. Cœur. Qui l’a tué? On ne le sait pas. Dans quelles circonstances, on l’ignore également. De la pelote de laine emmêlée, l’auteure désentortille le fil lentement pour garder son lecteur captivé jusqu’à la toute fin.

Je me suis entretenue avec Annie Loiselle la semaine dernière. Je lui ai demandé pourquoi elle écrivait sur l’amour trahi, déçu, absent. « Je suis un peu anti happy end. La vie est profondément injuste. En écrivant des histoires qui finissent par “ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants”, on envoie le message que c’est comme ça que ça se passe dans la vie », me répond-elle.

Maître dans l’art de nous émouvoir, Annie Loiselle aborde dans ce cinquième roman le sujet tabou qu’est le délaissement maternel à la suite du deuil d’un enfant. « Quand on parle du deuil parental, on montre beaucoup la surprotection des autres enfants, mais pas l’abandon ». Le jugement social est dur envers les mères qui, submergées par la peine, n’arrivent plus à ressentir d’amour pour leurs autres enfants. L’auteure a voulu ouvrir sur le sujet en démontrant la douleur vive ressentie par Agnès, la mère de Pervenche, après le décès de sa fille aînée à l’âge de trois ans. « Après la mort de Valérie, Agnès renonce à tout », dit-elle. Elle aimerait être capable de surmonter sa peine, mais elle ne l’est tout simplement pas. « Ce n’est pas facile de changer sa vie. Il ne suffit pas de vouloir », mentionne l’auteure.

La plume d’Annie Loiselle est toujours aussi incisive que dans ses œuvres précédentes. Elle a cette extraordinaire capacité de nous émouvoir, de déchiffrer pour nous les dynamiques des personnages et de nous les rendre attachants. Dans cet opus, l’écriture de l’auteure est encore plus soignée. Elle a du souffle, du rythme, comme les vagues de l’océan qui nous emporte. Chaque ensemble de mots est d’une poésie émouvante. Les noms des personnages contribuent également à construire l’ambiance.

En terminant notre entretien, je lui ai demandé ce qu’elle aimerait que le lecteur retienne du roman. « J’aimerais que le lecteur soit marqué par une scène. Qu’il éprouve un trouble. » Ça tombe bien, parce que c’est ce que je cherche dans une lecture, le trouble. Parce qu’après l’émoi surgit une meilleure compréhension de soi, de l’autre, de l’humain.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

mardi 25 août 2015

Une passion qui brûle à des mille à la ronde!

Lorsque David la largue, Alycia vit une peine d’amour. Mais pas une peine d’amour comme on pourrait s’y attendre. La jeune femme est littéralement en mal d’amour. On constate à quel point au fur et à mesure qu’on la lit, particulièrement lorsqu’on apprend que la rupture a lieu après un mois de fréquentations.

David reste muet à ses centaines de messages, ce qui ne fait que gonfler l’obsession d’Alycia. Pour l’appâter, feignant l’indifférence, elle lui annonce qu’elle va habiter très loin. Déménagée à Saint-Adèle dans un vieux chalet, elle se trouve un emploi à temps partiel comme serveuse dans un restaurant. Il lui faut garder du temps pour travailler sur son manuscrit. Car elle est écrivaine. Une brillante écrivaine! Elle n’a pas encore publié, mais elle sait déjà qu’elle sera célèbre.

À la suite de son déménagement, ses amies de Montréal, Laurence et Juliette, la contactent de moins en moins. En fait, elles en ont eu marre de ses comportements inappropriés et la mettent de côté. Il faut dire que selon Alycia, elles sont devenues connes, l’une quand elle s’est trouvé un chum, et l’autre quand elle a eu un enfant, dont Alycia est la marraine… vraiment indigne. Ce n’est pas elle qui a un problème, ce sont les autres. Toujours les autres.

Elle devient amie avec Titi, une autre serveuse, mais n’arrive pas à se rapprocher de la barmaid. Elle s’acclimate bien à son nouvel environnement et Titi l’aide beaucoup dans son processus pour sortir de sa déprime. David l’obsède toujours autant, cependant. Après mûres réflexions, elle arrive à la conclusion que David l’a quitté parce qu’il n’accepte pas l’amour. Elle est convaincue qu’elle doit le rassurer pour qu’il accepte de revenir avec elle. Comment faire? Là est la question!

Ainsi on s’immerge dans les aventures rocambolesques de la jeune femme prête à n’importe quoi pour être aimée et que chaque abandon la laisse dans un piètre état, dont l’intensité grandit à chaque rejet.

Après un énième abandon, elle fait à une crise de panique et se retrouve à l’hôpital, à l’aile psychiatrique. Ce n’est pas pour autant qu’elle cessera de nier son état. Ce n’est pas qu’elle a une personnalité dépendante (je ne parle même pas de trouble de personnalité borderline) ou, comme le suggère une de ses amies, qu’elle est bipolaire. C’est qu’elle est trop intelligente pour les gens qui l’entourent, ce qui les dérange. Ils sont jaloux, tout simplement. Ce n'est pas facile de voir la part de responsabilité qu'on peut avoir dans notre malheur.

Pour être en feu, Alycia l’est… consumée par les feux de la passion. Et ces feux ne brûlent pas qu’elle, mais tous ceux qui ont le malheur de faire sa rencontre. Avec sarcasme et humour, Claudia Goyette raconte l’histoire d’une femme à l'imagination débridée, au fonctionnement intellectuel et psychologique à la limite du trouble de personnalité borderline. Le récit est très réaliste même si on pourrait être tenté de croire que le personnage d'Alycia est caricatural. Malheureusement, de telles dynamiques sont plus fréquentes qu'on le pense.

L’écriture vive rend le récit agréable. Mon seul espoir déçu est que le roman ne mène pas à une réelle réflexion. On n’est pas au niveau de l’anecdotique, mais on reste à celui du constat. À part l’isolement dans lequel ça la plonge, on ne voit pas les autres conséquences de ses difficultés. On voit qu’elle ne s’en sort pas, mais on n’aborde pas trop les raisons de son état, si ce n’est pour dire que c’est son père qui lui a appris à jouer aux échecs et que les échecs mènent à trop penser et établir des stratégies.


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

samedi 22 août 2015

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Le facteur recommence à avoir l'épaule endolorie, signe de rentrée littéraire. ;-)
Cette semaine, on en a reçu pour tous les goûts, mais vraiment tous les goûts!

Bon week-end! :-)

Concerto pour petite noyée, Annie Loiselle,
Stanké


Portrait de femme en feu, Claudia Goyette,
Leméac


La noirceur, François Lévesque,
Alire



Horoscope 2016, Ginette Blais

rue Sainte-Catherine Est - Métro Beaudry, Denis-Martin Chabot,

Alimentation, nutrition et grossesse, Judith Blucheau

tous chez La Semaine



Julie et les légendes(illustrations de Jean-Luc Trudel)

Les Aveux,
tous deux par Martine Latulippe chez Québec Amérique


Les tests de Catherine, Catherine Girard-Audet,
Les Malins


Fé M Fé, Amélie Dumoulin,
Québec Amérique


Les aventures d'un biscuit, Amélie Bouchard
Québec Amérique

vendredi 21 août 2015

Les expressions françaises pour les nuls

Je suis une curieuse de nature. J’aime bien savoir ce que je dis… question de ne pas avoir l’air stupide. Ça ne vous étonnera donc pas si je vous dis que je me suis toujours demandé d’où provenaient les expressions qu’on utilise couramment.

Par exemple, depuis que je suis toute petite, je me demande d’où provient l’expression « Avoir la danse de Saint-Guy ». J’entendais souvent les profs et les « madames du midi » demander à untel ou unetelle si elle avait la danse de Saint-Guy. Je questionnais, mais personne ne pouvait me dire qui était ce fameux saint Guy. Quelle ne fut pas ma surprise de voir cette expression dans le bouquin! Je pensais qu’elle était typiquement québécoise, mais non! Son origine remonte au Moyen-Âge et réfère à saint Guy de Saint-Denis proclamé protecteur des épileptiques après que des guérisons miracles se soient produites au XIe siècle alors que l’on déplaçait les reliques du martyr.

Ainsi, on trouve l’explication et l’origine, de « Tomber dans les pommes », « se mettre en rang d’oignons », « vendre la mèche », « c’est une autre paire de manches », « je te le donne en mille », « être de mèche avec quelqu’un », « se casser », « passer un savon », « à fond la caisse », et quelques centaines d’autres.

Expressions idiomatiques, historiques, populaires y sont regroupées par sections. L’auteure aborde également le verlan, vous saurez donc que quand un mec dit « Ma meuf me les gonfle », il parle de sa femme qui l’énerve. Moi j’aime bien dire à mon chum qu’il est relou (lourd), quand il fait des blagues plates. =)

Bien que certaines explications soient plutôt légères, j’en ai appris beaucoup (faut croire que je suis nulle!) et je compte bien garder le bouquin pas trop loin pour le consulter de temps à autre. C’est un ouvrage intéressant si vous voulez épater votre entourage, si vous voulez comprendre les expressions utilisées par un collègue français ou encore pour les auteurs.


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


jeudi 20 août 2015

Jeudi jeunesse : pas facile de s'acclimater à un nouveau pays, foi de Béa!

Béa doit déménager au Burkina Faso, un pays d’Afrique, pour deux ans. Ses parents médecins y sont envoyés pour une mission professionnelle. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça ne plaît pas à Béa, qui est résolue à rendre ce séjour désagréable pour enfin retourner à la maison et retrouver sa grand-mère et ses amis. Pour elle, le choc culturel est grand. Elle déteste le ciel toujours bleu, le soleil qui vous brûle la peau tous les jours et le sourire du jardinier. Elle ne s’habitue pas à avoir des employés dans la maison, dont Dieudonnée, le jardinier à la patience d’ange et d’une bonté absolue.

La jeune fille vit la confrontation de deux réalités. Des différences entre sa vie d’expatriée et celles des habitants du pays. Bien qu’au départ elle affiche une fermeture totale envers le Burkina Faso et à ses habitants, à force de compréhension, de patience et de la sagesse infinie de Dieudonné, Béa constate qu’au-delà de ces dernières, quand on est ouvert, de belles amitiés peuvent surgir alors qu’on les croyait impossibles. Que la beauté existe même dans la différence. Que, lorsqu’on ouvre les yeux et le cœur, ce qui nous paraissait moche peut receler une grande beauté! Dieudonné lui montre le chemin pour apprivoiser son nouveau pays. Il l’amène au marché où elle rencontre l’aimable Awa, la vendeuse d’arachide, et Amadou, son petit fils qui dort toujours dans un pagne derrière son dos. Pour Béa, c’est un coup de foudre qu’elle ressent pour le bébé. Manigançant un échange pour passer plus de temps avec bébé Amadou, elle se met dans un pétrin qui pourrait avoir de lourdes conséquences.

Particulièrement si vous connaissez un enfant qui émigre ou qui vient d’immigrer, c’est le cadeau parfait. Mais même si cela n’est pas le cas, c’est un livre à mettre dans toutes les petites mains. Une lecture enrichissante. Du bonbon… un baume sur les blessures… il y a toujours du beau, de la bonté en ce monde.

L’écriture poétique d’Andrée Poulin, avec juste assez d’humour et de suspense
Quelle belle lecture que nous proposent Andrée Poulin et les éditions Québec Amérique.
9 ans et plus. Une lecture qui m’a ravi et une plume qui m’a conquise! On termine le roman le sourire aux lèvres! Comme ça fait du bien!


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique