mercredi 29 avril 2015

Les avatars du Poona party

Ce récit de parcours initiatiques est divisé en trois segments. Dans la première et la troisième partie, Vrtrahan, originaire de l’Inde, se sachant atteint d’un cancer qui l’emportera, se rend à Sainte-Lucie-des-Laurentides, retrouver Ma Kaliga et Idhant pour se préparer à mourir. C’est qu’Idhant (Luc est son prénom de naissance) a mis au point un engin qu’il nomme l’Astralum, dont le but est de guérir l’âme humaine, lui permettre d’évoluer.

La seconde et plus volumineuse partie du roman consiste en un échange de courriel entre Ma Kaliga et sa fille, Jacinthe. Les deux partagent leurs expériences similaires. L’une dans les années 70-80, notamment à l’ashram de Poona, en Inde, l’autre, aujourd’hui, raconte son voyage aux États-Unis, où elle effectue un périple à la recherche d’elle-même. Jacinthe pratique le couch surfing, c’est-à-dire qu’elle voyage à travers les États-Unis, en louant les divans de gens prêts à l’accueillir. Désireuse de connaître les circonstances qui ont entouré sa conception et sa naissance, elle demande à sa mère de lui dévoiler son parcours spirituel. Pour sa part, elle lui relate ses rencontres.

Bien que la prose de l’auteur soit jolie, ce passage fort détaillé m’a paru long. À mon avis, il manque de ressentis. Je ne suis pas en mesure de cerner les apprentissages ou l’évolution des personnages. De plus, la fin m’a laissée plutôt interdite.


Bref, le roman plaira sûrement aux soixante-huitards, aux nostalgiques des années 70. Pour ma part, je n’ai pas saisi l’intention de l’auteur, hormis de démontrer que chaque génération passe sensiblement par les mêmes étapes, et rappeler des souvenirs aux baby-boomers.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

mardi 28 avril 2015

Les cinq finalistes du Prix Tenebris 2015






C'est aujourd'hui que Les Printemps meurtriers de Knowlton ont dévoilé les cinq romans finalistes pour le prix Tenebris 2015 — Meilleur roman, littérature policière de langue française, distribué au Québec. Il s'agit de :


  • Nous étions le sel de la mer, Roxanne Bouchard (VLB) 
  • Jack, Hervé Gagnon (Libre expression/Expression Noire) 
  • Terminus Belz, Emmanuel Grand (Liana Levi) 
  • Repentir(s), Richard Ste-Marie (Alire)
  • Angor, Franck Thilliez (Fleuve noir) 

Un second prix sera remis au meilleur vendeur, littérature policière québécoise de langue française, durant la période du 1er mai 2014 et du 30 avril 2015. Le gagnant est déterminé selon le palmarès de ventes fourni par le système d'information et d'analyse Gaspard de la Banque de titres de langue française (BTLF). 

Les lauréats seront seront dévoilés le 17 mai prochain, lors de la soirée de clôture du festival.


Infos et billets : www.lesprintempsmeurtriers.com 

lundi 27 avril 2015

Marjorie Chalifoux de Véronique-Marie Kaye : un délicieux roman!

Marjorie Chalifoux est le deuxième roman de la dramaturge Véronique-Marie Kaye. Une première lecture des écrits de l’auteure pour moi et je dois dire que j’ai adoré son écriture alerte et sarcastique. Son humour est également subtil et fin.

On est à Ottawa, au milieu du siècle dernier. La mort est omniprésente dans la vie de Marjorie, depuis son premier souffle. Sa mère est décédée en lui donnant naissance, laissant ainsi à son père le soin de l’élever. Ce dernier ayant le don de parler au mort, il décide de recevoir à la maison des dames désireuses de parler avec un proche défunt en échange d’un peu d’argent. Cela lui permet de surveiller son enfant tout en gagnant sa vie. Marjorie côtoie donc en quelque sorte les morts qui rendent visite à son père. Tranquillement assise dans son coin, elle apprend à faire partie de la tapisserie. Elle est si discrète qu’on a l’impression qu’elle n’est pas là. Quand elle vieillit, elle effectue de menus travaux de coutures pour les clientes de son père, dans une pièce attenante à la cuisine.

À 19 ans, elle devient amoureuse du beau Lucien, qu’elle voit à l’insu de son père. L’homme au caractère difficile en a toujours voulu à sa fille pour la mort de sa mère et la communication entre sa fille et lui est quasi inexistante. Elle tait donc cette relation, qui lui donne pour la première fois l’impression d’exister. Malheureusement, ce bonheur est de courte durée. Le jeune homme meurt dans un accident de voiture, le lendemain matin d’une soirée bien arrosée. Cette dernière mort sera un élément pivot dans la vie de Marjorie. C’est qu’elle est enceinte. Lorsqu’elle annonce à son paternel qu’elle attend un enfant dont le père est mort, celui-ci est, comme on peut se l’imaginer, furieux. Il est catégorique. Elle doit se trouver un emploi et un mari. Pour arriver à ce dernier objectif, il concocte un plan qui ne plaît pas à sa fille. Écoutera-t-elle son père? Comment fera-t-elle pour se sortir de cette situation délicate?

Je l’avoue, j’ai entamé la lecture en ne m’attendant pas à grand-chose. Peut-être avais-je un a priori en raison du titre. Peut-être bien que je me disais que si l’auteure n’avait trouvé rien d’autre que le nom du personnage, cela signifiait que rien de particulier ne ressortait dans le roman. Quelle surprise! Dès le départ, j’ai aimé le personnage principal. Plutôt timorée à la maison, elle a bien plus de caractère que ce à quoi l’on pourrait s’attendre. Marjorie a un solide sens de la répartie et s’en laisse moins imposer qu’on ne le croirait, particulièrement pour l’époque. Sa grossesse semble lui avoir donné une hardiesse qui lui a longtemps manqué. Elle prend les rênes de sa vie et tente de l’orienter selon sa volonté. Il faut dire qu’elle aura la chance de rencontrer une autre femme forte qui l’aidera à sortir son épingle du jeu.

Ce n’est qu’au milieu de ma lecture que j’ai saisi qu’elle démontrait des signes de rébellion avant même sa relation avec Lucien. Je vous mets en contexte. On est à Ottawa dans les années cinquante, comme je le mentionne plus haut. Les tensions entre anglophones et francophones sont palpables. À cette époque, l’appartenance à l’un ou à l’autre des «clans» traçait en quelque sorte la ligne de vie des individus. L’avenir souriait davantage aux anglophones, plus scolarisés, plus intellectuels et plus fortunés que les francophones, qui étaient majoritairement issus du milieu ouvrier. Le père de Marjorie n’aime donc pas les anglophones. Or, elle l’appelle « Dad ». Au début, je trouvais ça anodin. Mais en fait, c’est une façon de se venger de la façon dont il l’a traité toute sa vie durant.

Bref, je vous recommande chaudement cette lecture qui m’a charmée du début à la fin.


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique 

dimanche 26 avril 2015

Dafné et les doudoux

Voici les deux nouveaux albums de Dafné et les doudoux

Dafné et les doudoux préparent une collation sucrée et se déguisent pour la déguster. Quand papa lui annonce que ce sera bientôt le souper, Dafné lui répond « non merci »! Elle n’a pas envie de souper, elle préfère manger des sucreries. Ses fidèles compagnons sauvent la mise en lui rappelant qu’elle aime aussi les repas santé de maman et, pour joindre l’utile à l’agréable, transforment le repas du soir en un gâteau en empilant viande et légumes. Dafné est ravie!



Dafné s’habille toute seule, fait de beaux dessins et réalise les casse-têtes avec talent. Ses parents sont fiers d’elle et la félicitent pour chaque tâche qu’elle accomplit. Alors qu’elle décide de s’exercer à écrire, elle rencontre un peu plus de difficulté. Frustrée de ne pas y arriver avec autant de facilité que pour le reste, Dafné déchire les pages de son cahier. Les doudoux lui changent les idées et maman vient l’aider à se pratiquer. Avec de la persévérance, elle finit par réussir!



Tout comme les deux premiers albums, ceux-ci sont également mignons. On y retrouve les illustrations pimpantes et ravissantes de Julie Cossette. Dafné est une petite fille attachante et ses compagnons sont de bons conseils pour l’aider à exprimer ses émotions et ses désirs ainsi qu’à les vivre adéquatement. 

Lecture approuvée par Suzie frisettes!

La collection Dafné et les doudoux s’adresse aux petits de 2 à 7 ans. Elle présente de petites histoires leur expliquant avec humour et légèreté les aléas de la vie quotidienne. Pour pousser la réflexion et la discussion davantage, on retrouve à la fin de chaque album des pistes de discussion ainsi que des activités sur le site internet de la collection. Il y a aussi une section destinée aux parents et éducateurs.


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique





samedi 25 avril 2015

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

On commence à se préparer pour les lectures de l'été. Les livraisons reprennent de la vigueur, donc nous, on doit accélérer notre cadence de lecture. Hé! On va pas se plaindre!! :-)

Bon week-end!
Reportage sous influence, Éric De Belleval,
Sémaphore

Les blessures du silence, Carmen Robertson,
Guy Saint-Jean 

Le soleil est pour toi, Jandy Nelson,
Scripto

After, tome 2 - La collision, Anna Todd,
Les Éditions de l'Homme
La bête à sa mère, David Goudreault, Stanké

Excellence poulet, Patrice Lessard,
Héliotrope Noir

Une église pour les oiseaux, Maureen Martineau,
Héliotrope Noir

Les Dragouilles, tome 14 - Les rouges de
Beijing
, Maxim Cyr, Karine Gottot,
Michel Quintin

As-tu peur? Vampires, Danielle Goyette,
Mathieu Benoît, Michel Quintin

Cendrine Senterre - Pour Girafes Seulement,
Catherine Desmarais, Michel Quintin

jeudi 23 avril 2015

Jeudi jeunesse : du nouveau pour Fafounet!

C'est le retour de notre petit ami Fafounet. Il y a du nouveau dans sa vie : il a un petit frère! Cette arrivée le remplit de joie. Il a quelqu’un pour jouer avec lui. Et comme il aime s’en occuper, même si Fafouni le tient parfois réveillé la nuit.

J’adore ce personnage coloré qui nous partage son quotidien, cette fois-ci avec un nouveau bébé. À travers son histoire, les petits apprennent à apprivoiser l’idée d’avoir un frère ou une sœur et tout ce que ça comporte. Les pleurs, les couches à changer, mais aussi la proximité et la complicité qui se développent entre eux.

Une lecture approuvée par Suzie frisettes, ma nièce de 26 mois, qui adore Fafounet et qui a beaucoup rigolé quand je lui ai lu l’histoire!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique 

mardi 21 avril 2015

L'ultime recueil de nouvelles d'Alice Munro : un bel au revoir!

L’an dernier, Alice Munro publiait Rien que la vie. La nouvelliste récipiendaire du Prix Nobel de littérature en 2013 annonçait qu’à 83 ans, elle prenait sa retraite de l’écriture. C’est sûrement pour cette raison qu’elle y a inséré quatre textes autobiographiques.

Les hommes et femmes qui habitent les pages sont imparfaits, souvent en proie à des contradictions, des incohérences, des doutes, de la culpabilité. Parfois un certain sentiment d’impuissance, d’impasse. Le constat qu’ils devraient faire autrement, faire mieux, sans toutefois en être capable. Une envie de tout balancer. De fuir ce quotidien qui ne leur sied plus.

Les nouvelles relatent des vies ordinaires qui pourraient être la nôtre. Qu’il s’agisse d’une mère qui se laisse tenter par un homme dans le train, quitte sa fille endormie dans leur cabine et à son retour retrouve sa cabine vide, ou d’une jeune enseignante dans un sanatorium. Toutes les histoires ont un point commun, elles soulignent un carrefour dans la vie des personnages. Des tournants que l’on ne sait pas déterminants, mais qui, souvent, le seront. Parfois, ils viennent de nulle part, silencieusement… Les personnages font un choix qui influencera le reste de leur vie.

Les nouvelles, qui ont les paysages canadiens en toiles de fond, sont denses, écrites tout en délicatesse, en finesse comme un ouvrage de dentelle… mais aussi en simplicité. L’auteure s’abstint de porter un jugement moral, elle surligne l’ironie de l’existence, d’une écriture nuancée. Elle parle d’amour, des relations entre hommes et femmes, mère et fille, père et fils. Ce que j’aime, c’est qu’Alice Munro nous présente des fragments de la vie des personnages. La fin n’est pas sans appel, on sait que la vie se poursuit. Tout semble possible.

Le recueil se termine par quatre textes à saveur hautement autobiographique. Comme un cadeau d’au revoir pour le lecteur curieux d’en apprendre davantage sur cette grande écrivaine. Un petit bijou que vous devez vous empresser de vous procurer. Je vous suggère de lire cet ouvrage lentement pour bien le savourer. Vous aurez envie de lire ou relire ces publications précédentes, j'en suis certaine.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique