mercredi 18 novembre 2015

De Montréal à Racca...

Pour cette nouvelle histoire, Martin Michaud nous plonge dans l’actualité brûlante des passages clandestins vers la Syrie et du Djihad. Tout commence avec un publicitaire, Théodore Seaborn, qui après un licenciement se gave de Coffee Crisp en regardant des enregistrements de la commission Charbonneau. Plongé dans une profonde dépression, il se découvre un jumeau au coin d’un Second Cup de Montréal. Et sa vie va basculer.

Menant deux histoires en parallèle, l’une nous montrant la progression de Théodore Seaborn et l’autre impliquant les services secrets français, Martin Michaud ne nous laisse pas une seconde de répit. Bien sûr, ces deux parties vont se recouper et le paysage géopolitique, se complexifier ligne après ligne. Il est impossible de parler plus avant du récit sans risquer de révéler des éléments importants de l’intrigue. Mais je puis vous dire que tout comme certains auteurs de polar très réputés, les dernières pages sont capitales!

Derrière les descriptions de Racca et la mise en évidence des filières de recrutement pour la Syrie, le travail de recherche de l’auteur ressort avec brio. Tout en restant impartial, Martin s’efforce de mettre en relief toute la complexité de la situation dans ce pays. Loin d’être caricatural, il montre que le côté humain existe aussi bien chez les djihadistes que dans les forces en place pour les combattre. Dans un sens, tout n’est qu’une question de point de vue et chacun est persuadé du bien-fondé de sa mission, qu’elle soit religieuse ou autre.
Les chapitres de l’aventure se déroulant en Syrie nous plongent dans l’atmosphère d’une ville ravagée par les combats. Des immeubles éventrés aux rues défoncées, des hôpitaux très lourdement endommagés aux caches des djihadistes enterrées, tout est là pour nous faire goûter, et surtout, prendre conscience du drame qui se déroule dans ce pays. La population locale en est la première victime et le livre ne nous épargne pas les visions d’horreur qui s’y déroulent.


Malheureusement, encore une fois, l’auteur ne fait que s’approcher de la réalité comme nous l’a prouvé l’actualité dernièrement. C’est un problème complexe pour lequel il ne peut exister de solution simple. Pour son septième roman, Martin Michaud fait preuve de tout son talent avec une plume fine et efficace qui met en scène des personnages solidement campés. Une fois commencé, le livre vous emporte dans un tourbillon duquel il est difficile de s’échapper. Mes voyages en bus peuvent en témoigner, puisque j’ai eu l’air d’un dément qui court dans celui-ci pour ne pas rater son arrêt repéré au dernier moment! Je pense qu’à ce niveau de qualité dans l’écriture, à cette capacité à faire ressentir l’ambiance entourant les protagonistes et leurs sentiments, il ne peut subsister de doute sur le fait que Martin Michaud est un des maîtres de polar au Québec… et maintenant en Europe.

Dominique de Leeuw

Horaire de signature au Salon du livre de Montréal

Jeudi 19 novembre 19h30 - 20h30                                                                                                                               
Vendredi 20 novembre 14h00 - 15h30 et 19h30 - 21h00                                  
Samedi 21 novembre 14h00 - 15h30 et 19h00 - 20h00       
Dimanche 22 novembre 11h00 - 12h30 et 14h00 - 15h30                                                             


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