lundi 21 septembre 2015

Petit Piment d'Alain Mabanckou

Petit Piment, de son vrai nom « Tokomisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami anmboka ya Bakoko » (ce qui veut dire « Rendons grâce à Dieu, le Moïse noir est né sur la terre des ancêtres »), vit à l’orphelinat de Loango, en compagnie 303 autres pensionnaires, dont son ami Bonaventure. Entre le goujat qui dirige l’orphelinat et les jumeaux Tala-Tala et Songi-Songi qui persécutent les autres orphelins, Petit Piment s’alliera, un peu contre son gré, aux deux jeunes voyous.

Quand la révolution socialiste est annoncée, le curé Papa Moupelo, vieux prêtre zaïrois qui leur prodigue l’enseignement religieux, est banni de l’établissement. Sans ces moments de chants et de danse qui sont pour lui du pur bonheur, Petit Piment décide de s’évader de l’orphelinat avec les jumeaux.

Il connaîtra la vie de la rue, au Grand Marché de Pointe-Noire où ils commettra de nombreux larcins avec son clan. C’est à ce moment que Petit Piment rencontre Maman Fiat 500, tenancière d’une maison close. Auprès d’elle et de ses filles, il trouvera un semblant de famille. Mais ce bonheur est de courte durée. Le maire de Pointe-Noire déclare la guerre aux putes zaïroise et Maman Fiat 500 disparaît, ainsi que sa maison, détruite par un brasier. La perte de sa nouvelle famille constitue un point de rupture pour Petit Piment. Il perd ses repères et sa mémoire commence à faire défaut. Il « perd ses compléments circonstanciels » tout comme il ne maîtrise pas les circonstances de son existence.

Alain Mabanckou est un excellent conteur, comme ses personnages, d’ailleurs. Avec ses guérisseurs, ses légendes et croyances africaines, Petit Piment est un genre de fable colorée, divertissante, dépaysante. Malgré le fait que le roman s’essouffle un peu au cours du dernier tiers, on a droit à de superbes passages. Une lecture haute en saveurs!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

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