jeudi 10 septembre 2015

Jeudi jeunesse : Les immondes


Fanny habite chez sa sœur Renée depuis la dépression de sa mère. Il ne s’y sent pas tout à fait chez elle, mais suffisamment confortable. Sauf quand un homme vient cogner à sa porte. Son allure est inquiétante. Il est sale, il sent mauvais et il ne cesse de crier que les immondes veulent le tuer. Avouons que c’est assez affolant! Même quand René lui dit qu’il s’agit d’un voisin qui est un ancien patient de l’hôpital psychiatrique et qu’il est inoffensif, elle n’est pas plus rassurée… peut-être bien qu’elle n’a pas tort.


C’est agréable de voir deux filles dans un roman d’épouvante. Il n’y a pas que les garçons qui aiment ce genre de lecture. Avec Les immondes, garçons et filles de 8 ans et plus éprouveront assurément quelques frissons. Il y a du suspense et des personnages inquiétants. En revanche, je trouve que la fin est un peu précipitée. Ça m’a donné l’impression d’un premier tome dont on allait avoir plus d’information après. On aurait aimé plus d’interactions avec monsieur Boisvert. Il y avait là de quoi creuser le suspense et l’horreur.


Je ne peux passer un élément sous silence. Les personnages n’utilisent que le mot fou pour désigner aux personnes atteintes de maladie mentale. Qu’on fasse dans l’horreur ou non, que le mot fou soit utilisé par le commun des mortels ou non, dans un roman jeunesse, il m’apparaît primordial de ne pas propager des informations qui nourrissent la stigmatisation des individus. Le personnage peut avoir des préjugés, mais il me semble que le narrateur ou un autre personnage peut nuancer les propos. Par exemple Renée, la sœur de Fanny, étant dix ans plus âgée qu’elle aurait pu lui expliquer que la maladie mentale est traitable et qu’avec la prise de médicament, on peut améliorer la situation, que monsieur Boisvert a probablement cessé de prendre ses médicaments et que c’est pour cela qu’il est en crise.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

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