lundi 17 août 2015

Le retour d’Hercule Poirot

Après de longues années sans nouveaux Agatha Christie, voici que Sophie Hannah nous permet de nous plonger avec délectation dans l’univers du célèbre détective belge. Nous sommes projetés en 1929 à Londres où il prend un peu de repos dans une pension de la capitale. Tout en laissant ses petites cellules grises se reposer, il s’instaure une routine qui l’amène chaque jeudi à prendre un café au Pleasant’s Coffee House. N’y dérogeant pas, faisant preuve d’une obsession vis-à-vis du moindre détail, ce qui fait bien rire les serveuses lorsqu’il va jusqu’à replacer les couverts bien parallèles, Hercule Poirot ne rate rien de son environnement et ne peut s’empêcher d’analyser les personnes qu’il rencontre. Sirotant le meilleur café de Londres au Pleasant, un triple meurtre est commis au Bloxham, un grand hôtel de luxe. L’enquête est confiée à l’inspecteur Catchpool de Scotland Yard. Comme par une drôle de coïncidence celui-ci réside dans la pension de Mme Blanche Unsworth qui se trouve être aussi celle de Poirot. Incapable de résister à l’attraction d’une énigme comprenant des boutons de manchettes au fond de la gorge des victimes, le célèbre détective se lance sur la piste du meurtrier en la compagnie de Catchpool.


 L’écriture du roman correspond bien au style qui a imprégné ma mémoire en son temps. Les phrases ont parfois une structure un peu lourde ce qui, au fil des pages, nuit légèrement au plaisir. Mais l’ambiance et l’intrigue ont maintenu mon intérêt. Mon principal reproche concerne le côté caricatural tant de Poirot que de Catchpool. Dans un cas, celui de Poirot, le personnage est très imbu de lui-même et de ses capacités intellectuelles. Ses cellules grises, dont il se vente à tour de bras, semblent être tout ce qui le définit. Quant à Catchpool, il en est presque à s’excuser de faire partie de la police de Scotland Yard. Souffrant d’une insécurité extrême, il ne peut alors plus que se reposer sur Poirot. Mais, ne vous méprenez pas, le livre se lit tout de même avec plaisir. Les personnages secondaires sont colorés et apportent pas mal d’informations à l’histoire. Il ne faut pas oublier que dans ce type de roman, chaque détail compte. Et, même si vous pensez avoir deviné le coupable, attendez la fin afin de savoir si vous êtes un fin limier.

Dominique de Leeuw

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