mercredi 6 mai 2015

Du bon poulet! ;-)

Lorsque le propriétaire de la garderie Frimousses au chocolat est assassiné dans la ruelle derrière son établissement, les soupçons se tournent vers les employés du restaurant Excellence poulet, qui partage la même ruelle que la garderie. C’est que Gros Bill, le patron de la rôtisserie, a l’habitude d’embaucher d’anciens motards criminalisés. Ainsi y travaillent notamment Minou et Zoreille . Il faut dire qu’ils n’ont pas de très bonnes relations avec la victime et ses employées en raison de leur « gestion » de la benne à ordure, qui émet des odeurs pas très ragoûtantes. Mais ils ne sont pas les seuls dans le voisinage à éveiller les soupçons. C’est qu’il y a, dans le même bâtiment que la garderie, un salon de massage érotique, le Spa Afrodite, appartenant à un caïd de Montréal.

Les gens du quartier se mettent à spéculer sur ce qui s’est passé, particulièrement les clients d’Excellence poulet. Bill, qui ne veut pas que cette mort suspecte ternisse la réputation de son restaurant et, par le fait même, éloigne sa clientèle. Ainsi, il demande à Gil Papillon, un client de retour à Montréal après 20 ans d’exil au Portugal, où il travaillait en quelque sorte comme détective privé, de mener une enquête. Gil travaille au Pawn Shop Super Comptant Enr. pour un salaire de misère, accepte l’offre. Avec l’aide de Phil, un ambitieux journaliste de l’hebdo du quartier, il cherchera à innocenter les employés de Bill.

Ainsi l’auteur met la table de ce suspense enlevant qui dépeint un Montréal dans ce qu’il a de moins beau… mais de réaliste. Faut quand même pas se le cacher, comme toute grande – même moins grandes – ville, Montréal a sa part de petits coins qui baignent dans le crime. On ajoute à cela les noms poches des établissements, les bars crades, les clins d’œil au scandale impliquant le parti libéral et les garderies, la corruption, les policiers pas propre, propre et le crime organisé, et on a une recette encore meilleure que celle du fameux colonel.  

Le narrateur s’adresse au lecteur et une complicité s’établit entre les deux. Les dialogues sont à même le texte, ce qui demande quelques pages avant de s’habituer, mais qui donne un rythme soutenu qui ne nous laisse pas décrocher. J’ai adoré l’écriture de Patrice Lessard ; le ton, l’humour et la fin, qui n’a rien d’un conte de Disney. Ben non, ça ne finit pas bien. C’est parfois comme ça, la vie. Et moi j’aime ça quand un auteur ne cède pas à la pression du « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

Bref, un bon départ pour la nouvelle collection Héliotrope Noir. À lire!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


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