samedi 30 août 2014

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

La rentrée littéraire bat son plein et notre facteur (que nous adorons) a les bras chargés ces jours-ci. Ça augure un marathon de lecture! ;-)

Bon week-end!

Tout simplement compliqué, Annie L'Italien,
Druide

Ma belle blessure, Martin Clavet, VLB

Oona & Salinger, Frédéric Beigbeder,
Grasset

Fais pas cette tête, Jean-Paul Beaumier,
Druide

Les avatars de Poona party, Yves Vaillancourt,
Druide

Notre duplex, Éléonore Létourneau,
Quai No 5

Le silence du banlieusard, Hugo Léger,
XYZ

L'empire du scorpion, Sylvain Meunier,
Guy Saint-Jean

L'année où Marilyn fit scandaleRichard Vézina,
Sémaphore

Papillons, Annie Loiselle, Stanké

Les gens du sud n'aiment pas la pluie,
Patricia Portella Bricka, Plein lune

vendredi 29 août 2014

Monsieur Tralalère : apprécier les petits plaisirs quotidiens


Monsieur Tralalère est un facteur qui livre, tous les jours, le courrier dans son village. Chaque jour, il prend le même déjeuner, fait le même trajet, chante la même chanson. Loin de trouver cela monotone, il adore son travail. Ça lui plaît beaucoup de livrer lettres et colis à ses concitoyens. Il sait que cela les rend heureux. Il aimerait bien en recevoir lui aussi, mais il ne reçoit que des factures (il n’est pas le seul, n’est-ce pas?). Mais un jour, il y a une surprise dans son propre courrier!

L’idée de voir la beauté et les plaisirs de la routine, j’aime ça! Trop souvent on transmet aux enfants l’idée que la routine, c’est ennuyant. Cependant, elle a plusieurs vertus, particulièrement pour les tout-petits. Ça les sécurise puisqu’ils savent à quoi s’attendre et ça permet le développement de saines habitudes de vie, pour ne nommer que ces avantages.

Tout au cours de la lecture, les petits apprennent aussi que le quotidien est également entrecoupé de petites surprises et de bonheurs, choses que nous, les grands, gagnerions à nous rappeler. ;-)

J’apprécie particulièrement les pistes de discussions et activités familiales qui sont proposées à la fin du livre ainsi que sur le site Internet, de même que les jolies illustrations de Josée Bisaillon.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

jeudi 28 août 2014

Un secret du docteur Freud

En 1938, l’Autriche comme une bonne partie de l’Europe se trouvent sous l’emprise des nazis. Les familles juives qui le peuvent fuient le pays. Les proches de Freud le prient de quitter Vienne pour trouver refuge en Angleterre, mais celui-ci refuse obstinément malgré le danger. Il est âgé, malade et ne peut se résoudre à quitter Vienne, le pays qui est devenu le berceau de la psychanalyse, l’endroit où il se sent chez lui.

Or, les nazis sont déterminés à anéantir la psychanalyse – une discipline judaïque, selon eux – ainsi que Freud. Ils chargent Anton Sauerwald, un homme calculateur qui compte bien prendre du galon au sein de l’organisation nazie, du dossier des Freud. Il a déjà saisi sa maison d’édition ainsi que la majorité de ses avoirs, mais il doit surtout trouver une faute, une infraction à la loi qui permettrait aux nazis d’empêcher la famille de quitter le pays.

Sa mère étant psychanalyste, Éliette Abécassis a grandi dans l’omniprésence de Freud, un peu comme c’est le cas de certains avec Dieu. Ce qui n’est certainement pas étranger dans la fascination pour cet homme qui cherchait à saisir l’essence de l’être humain. Bien qu’il a aujourd’hui, ainsi qu’à l’époque de nombreux détracteurs, Éliette Abécassis ne s’attaque ni ne défend les théories de Freud, mais présente des éléments qui transforment l’image que l’on se fait du théoricien et praticien. Ce qu’on y apprend bouleverse l’idée qu’on se fait de l’homme, du professionnel, du théoricien et des postulats de la psychanalyse.

Sigmund Freud entretenait beaucoup de correspondances. C’est dans ses échanges avec Wilhelm Fliess, oto-rhino-laryngologiste avec qui il a entretenu une intense relation épistolaire, qu’il a développé certains concepts de sa théorie psychanalytique. Tenant férocement à récupérer les lettres qu’il a adressées à Fliess, il refusait de s’exiler avant de les avoir entre les mains. Pourquoi? Que contiennent ces lettres pour qu’il risque sa vie et celles de sa famille?

Cette œuvre romanesque – il ne faut pas l’oublier – repose sur des faits. L’auteure a imaginé comment ceux-ci se seraient déroulés du point de vue de l’homme qu’était le célèbre médecin. Bien sûr, il est grandement question des théories mises au point par l’homme. Toutefois, les notions de psychanalyse présentées sont compréhensives. Le lecteur moyen est en mesure de suivre. Parfois, les dialogues manquent un peu de naturel. La façon dont ils parlent donne l’impression que c’est écrit pour le lecteur, pour lui expliquer les théories. En principe, comme Marie Bonaparte fait partie des patients et collaborateurs de Freud, elle devrait connaître les informations que Freud lui expose. On a l’impression d’un homme qui aimait s’écouter parler. Peut-être est-ce le cas ou peut-être que cette façon de théoriser lors d’une discussion était la manière de parler de l’époque.

Hormis pour cet élément, la plume d’Éliette Abécassis est charmante. Elle réussit à nous faire voir au-delà des théories l’homme qu’était Freud. Un homme passionné, déterminé, voire têtu. On sent, à travers le tableau que nous dresse l’auteure, toute la sensibilité de cet homme que l’on croyait froid, un peu dénué d’affects. Elle nous permet de faire la différence entre l’homme et son œuvre. On découvre que pour lui, la psychanalyse, c’est inné. Elle fait partie intégrante de lui. C’est sa façon de vivre… c’est sa vie.

Pendant la majeure partie du roman, on est perplexe. Que peut bien être le secret du thérapeute? Par moment, on se demande même quel est l’objectif du roman. Est-ce d’exposer les théories de Freud? Seulement? On poursuit la lecture, presque obsédé par la découverte de cette intrigue. On sait que cela tourne autour de sa rupture avec Fliess et de la blessure aussi douloureuse que s’il s’agissait d’une séparation amoureuse qu’elle lui laisse. Tout au long du bouquin, on fait nos hypothèses, on devine certaines parcelles de l’énigme, mais on ne s’attend pas à ce qu’on lit dans les dernières pages qui nous laissent tout simplement choqués!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

mardi 26 août 2014

Les 20 ans du Festival international de la littérature



Cet automne, le Festival international de la littérature célèbre ses 20 ans de belle façon. Depuis sa création en 1994, le Fil a vu passer près de 4000 écrivains et artistes de toutes disciplines, plus de 1000 activités et 200 000 festivaliers.

L’événement, qui démarre la saison de la lecture à Montréal, regroupe une cinquantaine d’activités qui se tiendront dans des lieux aussi variés que la Grande Bibliothèque, à la Place des Arts, au Théâtre Outremont, au Lion d’Or, au Centre Phi, au Cinéma Excentris, au Musée des beaux-arts de Montréal et sur le Parterre du Quartier des spectacles. Au programme sont prévus des lectures publiques, des spectacles, des films, des apéros littéraires, des soirées de slams, des expositions et j’en passe.

Les festivités s’amorceront avec Loui Maufette et le traditionnel Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent. Au cours de la semaine, René Richard Cyr se livrera à une lecture de De Profundis d’Oscar Wilde.

Encore cette année, une grande place est consacrée au mariage entre la littérature et la musique. À surveillerr parmi les rencontres prévues, l’événement Danses Nocturnes, lors duquel l’actrice Charlotte Rampling, accompagnée par la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton, déclamera les poèmes de Sylvia Plath.

Côté septième art, les éditions Gallimard et le Cinéma Excentris s’associent pour souligner le centenaire de Marguerite Duras. Un brunch animé par Danielle Laurin précédera la présentation de deux documentaires à propos de l’écrivaine.

La tenue d’un tel événement nécessite un financement adéquat. Afin d’assurer une longue vie à ce rendez-vous littéraire, les organisateurs tiendront une soirée-bénéfice le 11 septembre prochain. De nombreux écrivains et artistes présenteront une rétrospective des moments marquants du festival.

Détails de la programmation.

lundi 25 août 2014

Liste préliminaire du Prix de poésie Radio-Canada 2014



Les organisateur ont dévoilé aujourd'hui la liste des 24 poèmes (ou groupe de poèmes) qui ont été sélectionnés parmi 750 textes français reçus. Il faudra attendre au 8 septembre pour connaître les finalistes, et au 22 septembre pour connaître le poème gagnant ainsi que l'identité de son auteur.
Les heureux auteurs sont :
. Guillaume Baril, de Saint-Alban, pour Je, père
. Angéline Bouchard, de Drummondville, pour Zoom sur l'instant
. Claudia Caron, de Saint-Mathieu d'Harricana, pour Pour ce qu'il reste du soleil
. Ulric Caron, de Cherstey, pour Le fossile des orages
. Maxime Catellier, de Montréal, pour La cour des Miracles
. France Cayouette, de Carleton-sur-Mer, pour Tu n'es que contrepoint
. Jonathan Charette, de Montréal, pour Hector et Anne
. Corinne Chevarier, de Montréal, pour Convois
. Marie Clark, de Sutton, pour Une nuit cherche à chanter
. Mathieu Croisetière, de Trois-Rivières, pour Plongeur
. Hélène D'Arcy, de Sherbrooke, pour Chambres d'automne
. André Gélineau, de Sherbrooke, pour Avant que ne tombent
. François Guerrette, de Montréal, pour Les flammes ne déclarent jamais forfait
. Janie Handfield, de Joliette, pour La progression des apprentissages
. Jonathan Harnois, de Shefford, pour Couvre tes yeux précieux
. Carole Huynh Guay, de Québec, pour L'immobilité
. Yolande Jimenez, de Montpellier, pour Exils cathodiques
. Michel Julien, de Montréal, pour Ce monde étrange où naître
. Benoit Jutras, de Montréal, pour Trinités
. Michel Létourneau, de Rivière-du-Loup, pour Écrire entre les vagues
. Aimée Lévesque, de Montréal, pour Nos boîtes
. Stéphane Marcoux, de Québec, pour Hommage à Solange
. Marc-André Moutquin, de Montréal, pour L'appétit des astres
. Éric Valiquette, de Montréal, pour Le cortège des tentations
Bonne chance à tous!

samedi 23 août 2014

Dans la boîte aux lettres cette semaine!


 Tout plein de belles découvertes à faire en ce début de saison littéraire! Quelle joie! On est bien excité! Maintenant, il faut trouver le temps de lire tout cela.



Un secret du docteur Freud, Éliette Abécassis,
Flammarion

Coupée au montage, Laurette Laurin,
Québec Amérique

Le nain, Francine Brunet

Papillons, Annie Loiselle

tous deux chez Stanké
de même qu'un recueil d'extrait de
trois romans publiés chez Stanké

Schizo, Marie-Christine Arbour,
Triptyque
Le Passeur, Lois Lowry,
École des loisirs, collection Médium


Faërie, 1. La passerelle,

Le Zaillemeur,
tous deux de Marie-Pier Meunier, chez Z'ailées

Monsieur Tralalère, Nathalie Ferraris et Josée Bisaillon,
FonFon

dimanche 17 août 2014

De la cruauté de l'homophobie

Le roman autobiographique d’Édouard Louis, sorti en France en janvier dernier, a beaucoup fait jaser. Et avec raison. Le récit de son enfance dans un petit village ouvrier de Picardie est bouleversant.

Eddy Bellegueule grandit dans un milieu ouvrier, fortement défavorisé, non seulement financièrement, mais disons-le, intellectuellement et psychologiquement. À cause de ses manières, efféminées, de sa voix fluette, de son peu d’intérêt pour les sports, Eddy Bellegueule subit des violences de la part de presque toutes les personnes qu’il côtoie. Ces attaques ne sont pas seulement physiques, mais il est la cible des pires des violences, soit verbales et psychologiques.

Chacune de ses journées est saturée d’incidents d’intimidation. Il se fait insulter, cracher dessus, rosser. Son quotidien est un enfer. L’homophobie dont il est victime, avant même d’être lui-même assuré de son homosexualité, génère le rejet et l’isolement.

Après avoir vainement tenté deux fois d’entretenir des relations amoureuses avec des filles, pour semer les doutes, il opte pour une nouvelle stratégie. Celle-ci se résume en cinq mots, un leitmotiv, « je dois devenir un dur ». Il se fait alors violence lui-même afin de correspondre à l’image que son entourage se fait d’un homme. Un mâle, c’est agressif, intimidant, coureur de jupons. Il va même jusqu’à tenter d’entretenir des relations amoureuses avec des filles. Alors que toutes ses tentatives pour se conformer et pour vivre une vie « normale » ont échoué, il ne lui reste qu’une solution : la fuite.

L’histoire, racontée avec une grande sensibilité, nous présente la banalisation de la violence masculine. C’est ÇA, être un homme. De plus, lorsque son père cesse de travailler à cause de problèmes de dos, celui-ci projette son sentiment d’échec à son rôle d’homme pourvoyeur sur son fils, ce qui exacerbe la violence qu’il lui fait subir du fait de ne pas être le parfait portrait d’un homme, de ne pas être un dur. À certains moments, il s’agit carrément de la cruauté. On est à la fois peinés et révoltés de lire que c’est encore comme ça que réagissent trop de gens devant la différence.

En finir avec Eddy Bellegueule est le regard d'un survivant sur sa blessure, avec quelques années de recul. Sans mièvrerie ni tentative de vengeance. C'est un état des lieux, un partage de vécu, mais surtout la vérité sur la pauvreté d'esprit et la cruauté de certains humains, de certains milieux. Je dirais même, sur la barbarie. Narré à la première personne, ce touchant récit pourrait être celui de bien d’autres. Des Eddy Bellegueule et des individus comme ceux de sa famille, de son village, il y en a malheureusement trop. D’ailleurs, il y a quelques semaines, un jeune homme de 21 ans s’est donné la mort en France. Ses parents voulaient l’exorciser pour le « guérir » de son homosexualité. Cette lecture frappe fort. Ça donne des frissons dans le dos. Ç'aurait pu être Édouard Louis. Mais Édouard Louis a trouvé sa porte de sortie. Il a quitté sa famille et son milieu d'origine pour de bon...



 Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


samedi 16 août 2014

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

La rentrée est bel et bien amorcée! On n’a pas encore eu le temps de terminer les lectures de la saison dernière que voici de nouveaux locataires de notre bibliothèque à lire — c’est sans compter ceux qu’on a reçus et qu’on n’a pas pu vous montrer, mais dont on vous parle tout bientôt. Ça promet de belles semaines de lecture, vous ne croyez pas? 

Les orphelins irlandais, Micheline Dalpé,
Goélette

Déni, Anna Raymonde Gazaille

Go West, Gloria, Sarah Rocheville,
tous deux chez Leméac

et, envoyé directement d’Allemagne,
Troubles & conséquences, Jean-François Legrand,
Books on Demand Editions
Bon week-end pluvieux! On ne s’en plaint pas trop, ça nous permet de lire. ;-)

jeudi 14 août 2014

Gagnez un laissez-passer pour le film «Le Passeur»!




Les éditions Gallimard Ltée Jeunesse et Livresquement boulimique aiment faire des cadeaux! Courrez la chance de gagner un laissez-passer pour le film «Le Passeur», adaptation du roman de Lois Lowry. Vous avez jusqu'à demain 15 h 59 pour participer! Pas le temps d'hésiter!

C'est demain que sort au Québec l'adaptation cinématographique du roman de Lois Lowry. Un roman, qui fait partie des cinq préférés de Coeur de pirate, notons-le! Voici un bref résumé de l'histoire :

«Dans la société que décrit Lowry, la guerre, la pauvreté et le chômage n’existent plus, les inégalités sont effacées. La désobéissance et la révolte n’ont pas lieu d’être, chacun vit paisiblement dans des cellules familiales constituées avec soin par le comité des sages. Une seule personne détient le savoir, le Passeur. 
Dans quelques jours, Jonas aura douze ans et se verra attribuer, comme tous les enfants de son âge, sa future fonction dans la communauté. À travers son histoire, le lecteur découvrira les failles du système et vivra le choix déterminant du jeune garçon. »


Les Éditions Gallimard Ltée Jeunesse et Livresquement boulimique vous offrent la chance de gagner un laissez-passer pour le film qui sera en salle dès le 15 août. Pour participer, vous n'avez qu'à vous rendre à l'adresse suivante et inscrire votre courriel :  myymoe

Le tirage aura lieu vendredi 15 mai à 16 h, heure du Québec. Ce concours est ouvert aux résidants du Québec uniquement.

Bonne chance!