lundi 28 juillet 2014

Gagnante du volet francophone du Prix du récit Radio-Canada

Crédit photo: Robert Dubé

Le jury du Prix du récit Radio-Canada a désigné Tes lunettes sans ton regard, de Joanne Morency, texte gagnant du Prix du récit Radio-Canada 2014.
Le récit raconte le quotidien des jours, des semaines et mois qui ont suivi la mort de sa mère. Vous pouvez lire le texte sur le site ICI.Radio-Canada.ca/litterature.
Originaire de Sherbrooke, c’est en Gaspésie que Joanne Morency a choisi de vivre. Elle y réside vingt-cinq ans. Après avoir pratiqué à titre de psychologue pendant plusieurs années, elle s’est orientée, au début des années 2000, vers la rédaction et les communications. Son intention étant de consacrer sa vie à l’écriture littéraire.

Auteure de cinq livres, dont Miettes de moi (Triptyque, 2009) pour lequel elle a reçu le Prix du Premier recueil 2010 attribué par la Fondation L.A. Finances pour la poésie, à Paris, pour Miettes de moi, parue en 2009 chez Triptyque (Montréal) ainsi que le Prix Jovette-Bernier 2009 au Salon du livre de Rimouski. Vient ensuite Le cri des glaciers (Triptyque, 2010), dont un chapitre avait été finaliste aux Prix littéraires Radio-Canada 2008. Puis, en 2011 aux Éditions David (Ottawa) Mon visage dans la mer. Et finalement, Le corps inachevé (Triptyque, 2012) et Ce bruit de disparition (Tryptique, 2014).

D’autre part, la lauréate anglophone du CBC Short Story Prize est Patti Kay-Hamilton de Fort Smith (Territoires du Nord-Ouest) pour The hunter and the swan. Vous pouvez lire son texte ici : CBC.ca/canadawrites.
Rappelons que les heureuses élues recevront un
prix en argent de 6000 $ offert par le Conseil des arts du Canada. Elles profiteront d’une résidence d’écriture de deux semaines au Banff Centre (Alberta) en plus de voir leur texte publié dans le magazine enRoute d’Air Canada et sur ICI.Radio-Canada.ca. Les autres finalistes ne repartiront pas bredouilles, car ils recevront 1000 $, offerts par le Conseil des arts du Canada. 


Félicitations!


Textes associés : 


http://www.livresquementboulimique.com/2014/01/encore-quelques-jours-pour-soumettre.html



samedi 26 juillet 2014

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Cette semaine nous avons reçu le dernier numéro du magazine Spirale, qui contient un dossier sur la littérature canadienne. Sur le bord de la piscine, ça se lit bien, n'est-ce pas? On vous en parle bientôt!


samedi 19 juillet 2014

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

On a reçu de belles lectures pour les 7 ans et plus! On vous en parle bientôt!

Bon samedi!

Frissons à Val-Jalbert, Corinne De Vailly,

Le journal de Coralie, Catherine Girard-Audet,

Mission : espion, Nadine Descheneaux

tous chez Les malins, collection En vacances

jeudi 17 juillet 2014

Livresquement boulimique au rythme estival




L'été est maintenant bien entamé et il est temps pour nous de prendre un petit repos avant la nouvelle saison qui débutera dans un mois. Je vous rassure, nous continuerons à lire et à publier. Loin de nous l'idée de vous abandonner lâchement! Mais il est un temps où il faut ralentir le rythme pour partir en force plus tard. C'est ainsi, donc, que nous prenons de pseudo vacances. Nous vous souhaitons (et à nous aussi ;-)! ) de belles lectures!

À tout de suite!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

mardi 15 juillet 2014

Les finalistes du Prix du récit Radio-Canada


C’est hier que CBC et Radio-Canada ont annoncé les cinq textes finalistes du Prix du récit Radio — Canada/CBC Short Story Prize. Le volet francophone a suscité l’intérêt de près de 600 personnes, qui ont soumis leur histoire au jury composé du nouvelliste et essayiste Samuel Archibald, de l’auteure et cinéaste Anaïs Barbeau-Lavalette ainsi que de la romancière Kim Thúy.
Les cinq finalistes sont :
  • David Babin de Montréal, pour La ville de tôle;
  • Émilie Bélanger de Montréal, pour Pacotille;
  • Yannick Marcoux de Montréal, pour Trans nationale;
  • Joanne Morency de Maria, pour Tes lunettes sans ton regard;
  • Benoit Vachon de Montréal, pour La violence des lettres.

Vous pouvez lire les récits finalistes francophones en cliquant sur le lien suivant : ICI.Radio-Canada.ca/litterature.
En ce qui a trait au volet anglophone, les cinq finalistes du CBC Creative nonfiction Prize sont :
  • Jennifer Clark de Calgary (Alberta) pour February;
  • Patti Kay-Hamilton de Fort Smith (Territoires du Nord-Ouest), pour The hunter and the swan;
  • Brandee Eubank de New Bridgen (Alberta), pour Some distant world ;
  • Sarah Habben de St Albert (Alberta), pour Where I am from ;
  • Patricia Webb de Port Moody (Colombie-Britannique), pour Second time around.

Leurs textes sont accessibles en suivant ce lien : CBC.ca/canadawrites.
Il vous faudra toutefois attendre encore deux semaines pour connaître l’identité des gagnants de chaque volet. L’annonce se fera le 28 juillet prochain. Les heureux élus recevront un prix en argent de 6000 $ offert par le Conseil des arts du Canada. Ils profiteront d’une résidence d’écriture de deux semaines au Banff Centre (Alberta) en plus de voir leur texte publié dans le magazine enRoute d’Air Canada et sur ICI.Radio-Canada.ca. Les autres finalistes ne repartiront pas bredouilles, car ils recevront 1000 $, offerts par le Conseil des arts du Canada.
Nous souhaitons bonne chance à tous les participants!

lundi 14 juillet 2014

Québec Land : l'intégration au Québec vu par un couple de Français... et leur chat!

Le sujet est simple : un couple de Français se découvre l’envie d’aller voir ailleurs s’ils y sont. Le Québec leur semble une belle contrée à découvrir, d’autant plus que tout le monde leur dit que « Le Québec, c’est super! » Leur chat sous le bras et leur Permis-Vacances-Travail en main, ils partent s’installer au Québec pendant un an. Le contenu de la BD a été publié sur Internet entre les mois de mai 2013 et février 2014.

Ma lecture a suscité un questionnement sur le fond. Sur un an seulement, peut-on réellement appeler ça une intégration, réussie ou non. Il faut bien plus que quelques expressions ou voir du pays pour réellement s’intégrer. Bon, ça, c’est mon côté d’enfant d’immigrés qui se sont bien intégrés, aussi mariée à un immigrant français, critique sur la question d’intégration qui parle. Comme il s’agit d’une BD humoristique et non d’un essai qui se penche sur la question de fond, mettons cela de côté.

Sur le contenu même, sur la forme, donc, on retrouve plusieurs tableaux sur un large éventail de thèmes. La visite : le parc Lafontaine, la Banquise, le Marché Jean-Talon, le Vieux-Montréal, la Ronde, le Parc Oméga, les baleines. La recherche d’un appart, la location d’un appart sur le Plateau où ils se trouvent en plein milieu de… pratiquement tous les autres Français qui habitent Montréal. Le froid, le hockey, la « rapidité » des divers moyens de transport pour se rendre à New York (non, mais c’est vrai que c’est fou!), le « Printemps étudiant » aussi appelé « Printemps érable ». Puis il y a la visite des parents qui leur fait redécouvrir les différences culturelles, dont le fait que nous disions bonjour au lieu d’au revoir, etc. Bref, tout un lot d’incontournables.

L’ensemble est, de manière générale, amusant. Probablement plus pour les Français (le premier public visé) que pour les Québécois. Pas qu’on n’y dresse une mauvaise image de nous, pas du tout. C’est simplement que l’humour français diffère de l’humour québécois. J’ai trouvé que certains blagues tombaient à plat ou étaient trop étirées. Mais je me suis bidonnée à d’autres.

D’autre part, c’est très intéressant d’avoir la perspective française de ce qu’il faut faire pour s’intégrer au Québec. Bien sûr, le moyen le plus efficace est de socialiser avec les Québécois. Là, ils semblent avoir eu un peu de difficulté, puisqu’ils nous parlent plusieurs fois du défi de se faire des amis. J’ai moi-même des Français ayant immigré au Québec dans mon entourage et la même situation s’est produite. Pour le reste, mon expérience m’a permis de constater qu’il y a des constantes dans le processus d’intégration ainsi que des commentaires qui reviennent toujours.

Lire ce roman graphique / cette BD sur la plage ou sur le bord de la piscine.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

dimanche 13 juillet 2014

Entrevue avec Emmanuelle Caron, auteure de Lorelei en Finistère

Après la lecture de Lorelei en Finistère, j'ai eu envie de poser quelques questions à son auteure, Emmanuelle Caron. Je vous livre donc ici notre échange.

Votre dernier roman, Lorelei en Finistère,  est une aventure avec un brin de fantastique. On y trouve Joachim et Stéphane qui doivent se sauver de méchants pirates qui cherchent à s’approprier un trésor. Pour plusieurs, les pirates sont chose du passé. D’où vous est venue l’idée de lier les pirates avec l’époque que nous vivons en ce moment?

Mes premières lectures ont eu des Pirates pour héros, et/ou le monde de la Piraterie comme toile de fond. Écrire un roman comme Lorelei est donc un hommage au plaisir que j’ai pu ressentir, enfant, au contact de ces personnages aventureux, libres, en marge des codes traditionnels, dans un « au delà du bien et du mal » très séduisant. Pourtant, ce n’était pas les abordages et les combats rocambolesques qui me ravissaient le plus, mais bien l’aura de mystère et de secret, qui enveloppait les intrigues. Dans Lorelei, les Pirates sont relativement féroces et acharnés comme il se doit, mais ils sont surtout ces silhouettes inquiétantes, cernées de brume, dont les motifs restent longtemps très obscurs. Leur menace plane sans cesse, et commande une fuite immédiate ; en ce sens, ils enclenchent l’action essentiellement par la peur qu’ils inspirent. Finalement, j’ai souhaité retrouver, un peu, l’esprit des premières pages de L’île au Trésor (le modèle absolu en la matière), quand le jeune protagoniste est confronté à tout un théâtre énigmatique, dans la petite auberge, et subit une initiation à la dure. Les Pirates y sont cruels et ténébreux, mais aussi libérateurs et inspirants.

Joachim est un personnage très intéressant. C’est un adolescent différent qui a du mal à s’intégrer à l’école. Au cours de la lecture, on comprend qu’il doit prendre des médicaments pour maîtriser des crises. Pourquoi avez-vous choisi de parler de santé mentale et, surtout, de l’aborder de la façon dont vous l’avez fait?

Il est toujours intéressant de créer des personnages qui doivent surmonter une blessure. Celle de Joachim est à la fois héréditaire et sociale. Il est tout simplement incapable, organiquement et psychiquement, de s’inscrire dans le formatage qu’on exige de lui, à l’école et dans la vie en général. Sa maladie est poétique, en cela qu’elle déborde les habitudes, sort des gonds de la routine, par sa sensibilité envahissante, vécue malheureusement comme une infirmité, et une certaine capacité à « voir » ce que les autres ne voient pas. La société le bourre de médicaments, s’inquiète de sa déviance, voudrait le voir rentrer dans le rang et être heureux de manière conventionnelle, mais son inadéquation, loin d’être un handicap, est le sceau de son exceptionnalité. Joachim apprend à s’accepter, à s’aimer, à tolérer en lui cette part écrasée d’imagination créatrice.

Joachim a une relation très proche avec Robert, son grand-père, un homme doux et attachant. Quelle est l’importance des grands-parents dans la vie des adolescents, selon vous?
Le dialogue entre générations et le thème de la transmission sont très importants pour moi, y compris dans mon activité professionnelle principale, le professorat. Robert, l’épicurien érudit, le voyageur au long cours, transmet à Joachim à la fois sa joie de vivre conjuguée au présent, et son savoir immense, sa longue expérience. Il est aussi celui qui le fait entrer dans la vie, dans l’aventure. Joachim en est investi et se construit grâce à cela. Je voulais montrer un aîné qui soit un modèle, un refuge et le flambeau d’un relai. Cette vision est sans doute un peu à contre-courant des habitudes actuelles, qui me paraissent souvent teintées de mépris, de part et d’autre du spectre générationnel.

Vous abordez la relation des hommes avec les diverses ressources planétaires. Quel message souhaitez-vous que le lecteur retire de votre roman à ce sujet?

Mon intention en écrivant Lorelei, n’était pas d’asséner une vérité, de déployer un argumentaire bien calibré et bien pensant. À mon avis, justement l’art doit « montrer », pas forcément « démontrer ». Du coup, même s’il peut paraître évident qu’un souci proprement écologiste parcourt le roman, je n’ai au fond été guidée que par mon envie de « montrer » la beauté de la nature, et la place qu’elle occupe dans nos vies, son caractère précaire et presque magique, qui demande une éducation du regard et du cœur pour en jouir pleinement. L’initiation de Joachim n’est pas autre chose qu’une éducation à cette beauté, qui enveloppe sa différence et l’exhausse.

L’amour à l’adolescence est parfois réciproque, parfois à sens unique, mais résolument intense. Comment voyez-vous ces expériences et qu’avez-vous voulu laisser transparaître dans la relation entre Joachim et la jeune Stéphane?

Capter les premiers instants d’un sentiment aussi beau et ambivalent que l’amour, voilà un topos qu’on n’a pas fini d’épuiser ! On est confronté à la fois au délice et au tourment, et à l’âge des apprentissages et des initiations de toute sorte, la découverte de ce sentiment, son exploration, est une aventure en soi. L’histoire de ces deux personnages est romanesque, tourmentée, intense, un peu maladroite parfois…Leur amour est le contrepoint des dangers de mort qu’ils affrontent, mais se tisse des mêmes fils. Stéphane oblige Joachim à se lancer à corps perdu dans les épreuves, elle lui donne confiance, autant qu’elle le fragilise. En déplaçant ses balises, elle opère une merveilleuse métamorphose sur son amoureux. La métaphore me paraissait intéressante.


L’histoire foisonne de paysages romantiques, de même que de passages romantiques. Qu’est-ce que le romantisme, selon vous?

Le romantisme, c’est d’abord à mon sens la confiance dans un absolu. Le romantique choisit de se laisser éclairer, non par sa raison, mais par sa passion. C’est aussi une certaine manière d’affronter le malheur et la différence. Le mot « romantisme » s’applique de nos jours à des sentiments plutôt fades. Joachim et Stéphane, parce qu’ils sont jeunes et aiment pour la première fois, nouent une histoire qui réactive un romantisme plein et naïf, pur, car instinctif et passionné. Ça fait du bien parfois de sentir cette vibration et de se laisser porter sur ces ondes !


De quoi ou de qui vous êtes-vous inspirés pour créer Joachim, Robert et Stéphane?

Difficile de répondre à cette question ! Créer un personnage, c’est très mystérieux. Si je me penche un peu sur le processus, je me rends compte que je colle et ajointe des images glanées un peu partout, enfouies et sédimentées, que je laisse ressurgir sans les contrôler. Robert, par exemple, est un mélange de Steve Zissou (dans The life Aquatic, de Wes Anderson), du Sémaphore de la BD Cubitus, mais aussi de dizaines de visages croisés sur le port de Camaret au moment des retours de pêche.

Lorsque vous entreprenez l’écriture d’un roman, d’où partez-vous? Comment se mettent en place vos idées? 

Je pars toujours d’une scène inaugurale (dans Lorelei, j’étais partie du château en ruine où se réfugie Joachim). Je laisse ensuite se dévider le fil, très organique, totalement irréfléchi, qui me mène paradoxalement vers la pelote de l’intrigue générale. J’établis un plan souvent des semaines après avoir commencé à écrire ! Une fois le plan établi, je continue dans la fièvre, pratiquement sans m’arrêter jusqu’à la fin du premier jet. Ensuite, commence le travail de peaufinage qui peut être très long.

Avez-vous des rituels d’écritures, des moments ou lieux plus propices à l’écriture?

J’écris partout, mais surtout dans mon bureau, devant mon icône russe, mon globe terrestre et mes photos de Sicile et d’Auvergne. J’écris en position de lotus, sur mon fauteuil. Ce qui n’est absolument pas recommandé :-) ! J’ai des carnets multiples, que je ne cesse de remplir d’images et de citations. J’écris quand les enfants dorment, ou sont à l’école, quand je n’ai pas de cours à préparer, ni de copies à corriger. Mon ordinateur m’attend toujours patiemment.

Quels sont vos moteurs d’écriture?

J’écris parce que j’ai envie de raconter des histoires, et que ces histoires portent un peu de mon ADN, qu’elles ne ressemblent à celles de personne d’autre. Je trouve aussi passionnant de trouver le mot et l’image bien ajustés, de sentir couler des phrases qui résonnent parfaitement dans leur idée.

Que vous apporte l’écriture?

Franchement, le moment de l’écriture est plutôt pénible, et on ne peut s’y soustraire. Je me sens un peu possédée parfois, et moyennement en contrôle dans ce processus ! Quand j’ai fini une étape, en revanche, je suis comblée et apaisée. Chaque livre écrit m’épuise…et me régénère, heureusement !

Comment vivez-vous le processus d’écriture? De façon technique, mais aussi de façon intérieure. Est-ce que le mythe de l’écrivain torturé s’applique à vous?

Le mythe de l’écrivain torturé ne s’applique pas à moi, même si je viens d’avouer que ce n’est pas toujours agréable d’écrire :-). Je me contente de rester la plus authentique possible, et de ne pas tricher. Pour le reste, je me laisse guider avec humilité, et je travaille fort en tâchant de ne jamais trop céder au découragement ou à la paresse. C’est le seul secret que je connaisse.

À quel âge avez-vous pris la décision d’écrire? Aviez-vous déjà écrit pour le plaisir, avant ce moment?

J’ai commencé à écrire des poèmes à la naissance de ma première fille, et des romans à la naissance de la deuxième. Mon expérience de l’écriture est donc très reliée à celle de la maternité. C’est un cliché, certes, mais la patience acquise, l’amour déployé, la joie et la vulnérabilité ressenties, les épreuves surmontées, tout ce qui m’a rendue mère m’a rendu apte à écrire.


Je remercie Emmanuelle Caron de sa générosité. Notre chronique sur Lorelei en Finistère est en ligne ici.

samedi 12 juillet 2014

Lorelei en Finistère d'Emmanuelle Caron

Pour Joachim, la vie n’est pas facile. Sa mère étant dans l’incapacité de s’occuper de lui – elle est alcoolique, notamment –, il déménage avec son grand-père, dans une petite ville de Bretagne. Déménager veut aussi dire changer d’école. Personne n’en est friand, mais pour Joachim, c’est peut-être la chance de recommencer à zéro et se défaire de sa réputation peu envieuse. Certains le disent malveillant, d’autres le croient fou ou encore un peu lent. C’est qu’il a une maladie – la même que sa mère – qui lui fait avoir des hallucinations et des crises.

Malheureusement, alors qu’il commence l’école, il se rend bien compte que sa réputation l’a suivie. Il se trouve donc à nouveau isolé et victime de railleries et d’intimidation. Même de la part de Stéphane, une fille qu’il trouve très jolie. Enfin, il ne sait jamais si elle sera gentille avec lui ou non. Bref, il sera rapidement obsédé par Stéphane, la voyant même dans ses rêves. Joachim aimerait être comme tout le monde. Il voudrait bien cesser de prendre les médicaments qui le ralentissent et l’engourdissent. Il tente l’expérience, juste pour voir. Alors qu’il se trouve sur le nord de la mer, sur le site d’un château en ruines, sa vie prend un tournant dramatique. Stéphane y arrive, elle se cache, poursuivie par des truands. Joachim l’aide à fuir et les deux jeunes se retrouvent dans une cavale qui changera le cours de leur vie.

C’est sur un fond brumeux de Bretagne que se déroule cette intrigue plutôt étonnante. L’auteure dépeint avec beauté les paysages bretons. J'avoue qu'il y a un ou deux passages où cela constitue de petites longueurs. Celles-ci ne sont par contre pas suffisantes pour décourager le lecteur, qui veut absolument savoir la suite.

Les personnages sont justes et complexes, particulièrement les adolescents. Il est difficile d’être différent, encore plus lorsque tout le monde se ligue pour dire que l’on est fou. On sent très bien la détresse de Joachim, ses sentiments d’impuissance et d’injustice tant envers la maladie et les relations interpersonnelles. Sa colère passe également très bien vers le lecteur.

Dans toute cette tourmente, il y a quand même des éclaircies. Notamment, la touche attendrissante que constitue la relation entre Joachim et son grand-père, personnage très attachant. Cela met un baume sur les souffrances de l’adolescent et permet au jeune lecteur de constater qu’il y a toujours quelqu’un sur qui l’on peut compter. Aussi, la relation entre Stéphane et Joachim. Mais je m’arrête là, je ne veux pas dévoiler trop d’éléments de l’intrigue.


Bref, c’est une lecture agréable et dépaysante. Elle nous donne envie de visiter la Bretagne, ça, c’est certain!

Après ma lecture, je me suis entretenue avec Emmanuelle Caron. Cliquez ici pour lire notre entretien.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique