samedi 31 mai 2014

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Voici ce que nous avons reçu dans notre boîte aux lettres et qui, peut-être, sera dans la vôtre bientôt!!

Bon week-end livresquement boulimique! ;-)


Ici et maintenant, Ann Brashares, Gallimard

jeudi 29 mai 2014

Juliette Gagnon : Un pari gagné pour Nathalie Roy!

La nouvelle série de chick lit de Nathalie Roy met en scène Juliette Gagnon, la fille de Charlotte Lavigne et de P.-O. Gagnon. Juliette est photographe pour une agence qui a pour clients de nombreuses célébrités. Moins gaffeuse et obsessive que sa maman – mais le lien de filiation est clairement là –, elle a une imagination fertile, un penchant pour la dramatisation et les scénarios tirés par les cheveux. Déjà, on imagine qu’on aura droit à des situations qui pourraient mal tourner. Bien sûr, elle se retrouvera dans des situations abracadabrantes ou pour le moins embarrassantes.

Avec ses amies Clémence et Marie-Pier, elle voguera dans une mer secouée de hauts et de bas. Il n’y aura pas beaucoup de répits pour les trois filles à l’amitié solide. Juliette peut également s’appuyer sur « mononcle Ugo », le meilleur ami de Charlotte est présent dans la vie de Juliette et joue un peu le même rôle pour elle. Ugo est un pilier pour elle en l’absence de ses parents qui habitent maintenant au Costa Rica. Il la conseille et l’aide à dédramatiser. D’ailleurs, c’est une décision judicieuse de l’auteure d’éloigner Charlotte, ainsi elle ne crée pas d’ombrage à sa fille.

La vie sucrée de Juliette Gagnon aborde les thèmes chouchous de la chick lit : déboires professionnels (Danika Malenfant, la détestable patronne de Juliette ferait presque compétition à Miranda Priestly, dans Le diable s’habille en Prada, de Lauren Weisberger
) et quête d’amour. Les personnages vivront grossesse, tricherie, séparation, aventure avec le père d’une amie, et j’en passe.

En choisissant un personnage de 26 ans, l’auteure va chercher une clientèle plus jeune. On y retrouve désinvolture, insouciance, jeunesse et fraîcheur, le tout manié d’une plume toujours aussi vive et originale. Nathalie Roy nous a habitués aux rebondissements multiples, et elle ne nous laisse pas tomber ici. Les anecdotes sont drolatiques, notamment celles mettant en scène Sherley, un véritable énergumène!

Si l’auteure avait peur que le public ne la suive pas dans cette nouvelle aventure, elle peut, à mon avis, se rassurer. Personnellement, j’aime Juliette encore plus que Charlotte. Jeune femme bien de sa génération, elle tombe facilement sous le charme des hommes et assume ses désirs. Elle est absolument attachante. Quant à moi, cette nouvelle série est un pari gagné haut la main!

Yannick Ollassa/La Bouquineuse boulimique


mardi 27 mai 2014

Sujet : Tragédie

Duncan entame sa dernière année du secondaire dans un pensionnat privé de l’État de New York. À son arrivée à Irving, il est nerveux. Une tradition veut que chaque finissant laisse au futur occupant de sa chambre un trésor. Duncan est inquiet quant à la chambre et du trésor dont il héritera, particulièrement suite aux événements de l’an passé.

Pas de chance, il s’est vu attribuer la chambre qu’il redoutait. Celle que Tim, ancien étudiant albinos, habitait l’an dernier. La chambre est minuscule, et sa tout aussi minuscule fenêtre, on n’y voit rien. Quel peut bien être le trésor que lui a légué Tim? Une pile de CD. Que pourrait-il bien faire avec ça! Personne n’utilise plus de CD! Curieux, il insère le premier dans son ordinateur et en commence la lecture. Ce qui lui est offert : le sujet de travail final que chaque terminale doit rédiger. Une rédaction sur la tragédie. C’est ainsi que Tim lui raconte les détails de celle qui a eu lieu l’an dernier. Dès les premières phrases, Duncan est happé par l’histoire et bien qu’il ait pris la décision de ne pas laisser les événements passés influencer sa dernière année du secondaire, il ne peut s’empêcher d’aller au bout de l’écoute des enregistrements, au grand bonheur du lecteur qui est lui aussi totalement happé par l’histoire.

Ce n’est pas facile l’adolescence en temps normal, mais quand on est différent, qu’on est ostracisé, c’est tout simplement un supplice. Pourtant Tim est un élève brillant et un garçon sensible. Il a réussi à se faire une amie, mais tout cela en cachette, car le copain de cette fille ne voit pas cette amitié d’un bon œil. Tim vivra donc de l’intimidation de sa part. 

Élizabeth Laban traite brillamment du besoin d’appartenance, de cliques, de différences ainsi que de confiance en soi. En fait, de tous les défis de l’adolescence. Le rythme du récit est agréable, l’écriture est touchante et palpitante à la fois. Écrite pour les 13 à 16 ans, cette histoire peut très bien être lue et appréciée par les adultes. Ils se retrouveront directement projetés dans les dilemmes de leur adolescence.

Un roman qui m’a apporté beaucoup de plaisir de lecture en raison de la justesse du ton, des attachants personnages et de l’intrigue bien ficelée.

samedi 24 mai 2014

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Sous le feu de l'ennemi, Nicolas Paquin, Phoenix

Ma Mercedes pour un tracteur, tome 1 et 2,
Sophie-Luce Morin, Andara

Le cœur au nord, Leigh Newman,
Recto Verso

La maison habitée, Geneviève Lévesque,
David

50 missions à réaliser avant la fin de l'été,
Annie Groovie, Les malins

lundi 19 mai 2014

Les lauréats des prix Tenebris sont...





... Sous la surface, de l'écrivain Martin Michaud (Goélette), dans la catégorie Meilleur roman, littérature policière de langue française, distribué au Québec.


Les autres romans en lice pour le titre étaient: 
  • Sa vie dans les yeux d'une poupée, Ingrid Desjours (Plon) 
  • Purgatoire des innocents, Karine Giebel (Fleuve noir)
  • Une maison de fumée, François Lévesque (Alire)
  • Puzzle, Franck Thilliez (Fleuve noir)


Du côté du Meilleur vendeurs québécois, c'est Saccages de Chrystine Brouillet (La Courte échelle) qui remporte les honneurs. Le roman gagnant a été déterminé selon les statistiques du système d'information et d'analyse Gaspard de la Banque de titres de langue française (BTLF). Il était suivi de Sous la surface de Martin Michaud (Goélette) et Et à l'heure de votre mort, vol. 3 des Cahiers noirs de l'aliéniste de Jacques Coté (Alire)

Félicitations aux lauréats, ainsi qu'aux auteurs des autres oeuvres en lice!

Le royaume tremble et avec lui, les fondations de l’Église

Comme si nous avions posé le livre la veille, nous reprenons la tumultueuse aventure dAnneline Dujardin et de François Morin là où nous les avions laissés à la fin du premier volume. Cest donc en terrain connu et avec les mêmes personnages torturés, mais attachants que nous repartons à laventure sur les routes de France. Poursuivis à la fois par le clergé et par les mousquetaires, nos compagnons dinfortune vont aller dobstacle en obstacle pour ne pas dire voguer de galère en galère. Au milieu de tout cela, ils vont rencontrer des personnages hauts en couleur et tisser de nouvelles amitiés, voire faire preuve de respect là où le terrain est le moins propice.

Hervé Gagnon parvient à nous faire ressentir latmosphère de l’époque au travers des décors et des relations entre les protagonistes. Loppression de lÉglise est omniprésente et les inquisiteurs y sont tous puissants et redoutés. Sous légide du cardinal Richelieu, la France est soumise à une tyrannie implacable et les bûchers laissent leurs traces aux quatre coins du pays. Les mousquetaires, vouant avant tout une fidélité inébranlable au roi, mettent en exergue ce combat de pouvoir entre Louis XIII, de pouvoir divin, et son premier ministre le cardinal Richelieu. Riche en intrigues, cette période de lhistoire française vient ajouter une touche passionnante au récit.

Ainsi, mêlant contexte historique et imaginaire, le roman nous plonge dans un tourbillon daventures, daction et de sentiments dont il est difficile de décrocher. Lécriture à la fois fluide et dynamique donne du relief au récit. Se lisant avec beaucoup de plaisir, ce second tome vient confirmer la sensation ressentie dans le premier : une réussite, qui, malheureusement, nous laisse sur notre faim... Puisquil va falloir attendre impatiemment larrivée du troisième opus.


Dominique de Leeuw

samedi 17 mai 2014

L’Opéra de Montréal termine sa saison avec Turandot, le dernier opéra de Puccini

Crédit photo : Yves Renaud
L’Opéra de Montréal termine sa saison avec Turandot, le dernier opéra de Puccini, dans lequel le prince Calaf tombe amoureux de la superbe Princesse Turandot. Cependant, la charmer ne sera pas chose aisée. Pour obtenir sa main, il faut résoudre trois énigmes. S’il réussit, il aura gagné son adorée. S’il échoue, il sera décapité. Calaf possède un esprit vif et déchiffre les énigmes. Or, la belle refuse de se livrer à lui. Son sort se jouera en une nuit, au cours de laquelle il triomphera et fera fondre la glace qui couvre le cœur de Turandot.

Quand on va voir Turandot, c’est aussi pour entendre le fameux Nessum Dorma, un petit bijou. C’est à mon avis un des plus beaux morceaux tous opéras confondus. Un instant de grâce. Comme j’ai assisté à la générale, où les interprètes économisent parfois leur voix, je suis restée un peu sur ma faim à cette occasion. Toutefois, je n’ose même pas imaginer la beauté du moment lors des représentations officielles. La voix de Kamen Chaney (Calaf) me porte à croire que ce sera tout simplement jouissif.


Turandot, c’est trois actes et cinq tableaux de ravissement. Les décors grandioses et les éblouissants costumes venaient appuyer les voix des interprètes. L’ensemble constitué du Chœur de l’Opéra de Montréal, des Petits chanteurs du Mont-Royal et des Voix Boréales donne de l’élan aux tableaux. Les jeux dramatiques étaient justes et puissants. Celui de Hiromi Omura, qui tient le rôle de Liù, la servante de Calaf, est tout simplement sublimissime! Et que dire de sa voix! J’ai été charmée! Chaque mouvement, chaque expression et chaque note qui émanent d’elle émeuvent et bouleversent.

Amoureux d’art lyrique, ne boudez pas votre plaisir. Curieux, faites-vous ce cadeau. Vous ne serez pas déçus, j’en suis sûre.

Les représentations ont lieu les 17, 20, 22 et 24 mai.


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

La vie sucrée de Juliette Gagnon, tome 1
Nathalie Roy, Libre Expression
Les portraits de Joséphine, Tara Conklin,
Recto Verso

Un voyou exemplaire, Jacques Savoie,
Expression Noire

Les héros, ça s'trompe jamais, tome 3,
Marie Potvin, Goélette

L'esprit est son propre médecin, Jon Kabat-Zinn
Richard Davidson, Guy Saint-Jean

jeudi 15 mai 2014

Les Printemps meurtriers : Entretien avec Franck Thilliez



Crédit photo : Didier Cohen

Les Printemps meurtriers prennent leur envol aujourd’hui. Comme chaque année, des auteurs québécois et étrangers entretiendront les participants sur moult aspects de la littérature policière, qu’il s’agisse de la structure de l’histoire, de la constitution des personnages en passant par leur première expérience de publication et j’en passe.

La semaine dernière, après avoir fait la lecture de Puzzle, son dernier roman, je me suis entretenue avec Franck Thilliez qui était chez lui, dans le Pas-de-Calais.

Dans Puzzle, on retrouve Ilan et Chloé qui ont déjà formé un couple, mais qui ne le sont plus maintenant. Ils se sont rencontrés dans un de ces jeux à réalités alternés. Depuis que Chloé est partie, sans dire pourquoi, ils ne se sont pas revus. Jusqu’à ce matin où elle lui téléphone pour lui parler de Paranoïa, un de ces fameux jeux auquel ils cherchaient comment participer, espérant gagner le lot de 300 000 €. Un mauvais matin pour Ilan, qui a fait un étrange cauchemar dans lequel un homme en institut psychiatrique s’est pendu à son lit. Quand Chloé le rejoint chez lui, dans la froide maison qu’il a hérité de ses parents disparus en mer des années plus tôt, dans des circonstances troubles, elle désire qu’il l’aide à trouver une « fenêtre » pour entrer dans le jeu. Elle réussit à le convaincre et ils réussissent à entrer dans le jeu, ils sont les joueurs numéro 7 et 8. Pendant qu’on les conduit dans un endroit isolé, on leur donne la première règle « Quoiqu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu ». Une fois installés dans leur chambre, la deuxième règle leur est divulguée : « L’un d’entre vous va mourir ». Les événements déboulent et un premier cadavre est trouvé. Au fur et à mesure que le jeu avance, les morceaux de puzzle s’imbriquent les uns dans les autres et Ilan découvre des informations liées à la disparition de ses parents. Ilan qui avait déjà du mal à faire la différence entre la réalité et la fiction se trouve complètement confus.

J’ai littéralement dévoré ce roman, incapable de le déposer. L’auteur maintient constamment une tension, dans ce roman à huis clos. Tout comme les personnages, le lecteur ne sait jamais s’il s’agit de réalité et la fiction. C’est d’ailleurs le genre d’histoire, difficile à rendre, mais que l’auteur adore écrire. Créer du suspense, de l’horreur, des ambiances lourdes, ça le stimule, et il s’offre ce loisir, entre sa série mettant en vedette Franck Sharko et Lucie Hennebelle.

Comme il participe au Rendez-vous coupable La première fois et à la Table ronde internationale To be or not to be serial en compagnie de Jussi Adler-Olsen et de Martin Michaud, je lui ai posé quelques questions sur ces sujets. Qu’est-ce qui l’a poussé à écrire? C’est plutôt simple. L’ancien ingénieur en informatique, scientifique de formation et maintenant scénariste a beaucoup regardé de films d’horreur, dans son adolescence. « Le film Poltergeist m’a beaucoup troublé. J’en ai fait des cauchemars jusqu’au jour où j’ai écrit mon premier roman, à 29 ans. Je devais sortir ces images de ma tête. Depuis, je n’ai plus jamais fait de cauchemars ». Peut-être est-ce une leçon pour tout ceux qui ont des idées obsédantes ou des rêves à répétitions! En tout cas, pour lui, cela fut un choix salutaire. Il avoue cependant que rien ne le prédestinait à l’écriture avant ce premier roman. Mais en bon scientifique, il a toujours ressenti le besoin de comprendre la mécanique de la peur, comment l’auteur faisait pour le toucher. Ce qui le fascine, c’est l’esprit humain. Et quand on lit ses romans, on constate qu’il en a développé une bonne connaissance. C’est à vous donner la chair de poule!

Quant aux séries, l’auteur souligne que créer un personnage est compliqué. Dans le cas de la série, ce travail est déjà fait. Mais l’aspect le plus difficile des séries est de faire évoluer ces personnages dans leur cheminement personnel tout en continuant à trouver des intrigues originales et de bien les rendre. Tout en relevant le défi de garder le plaisir d’écrire et de ne pas tomber dans la routine. Pour le deuxième, je vous confirme qu’il relève ce défi avec brio! J’ai déjà hâte à son prochain roman.

Pour en savoir plus sur ce qui a poussé les auteurs à écrire ou pour assister à toute autre activité des Printemps meurtriers, rendez-vous sur leur site. Ça commence aujourd’hui, il y a encore des places et vous ne risquez pas d’être déçus!


Yannick Ollassa/La Bouquineuse boulimique