samedi 22 février 2014

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Quelle belle récolte nous avons fait cette semaine!


Malefica, tome 2 - La voie royale, Hervé Gagnon,
chez Libre Expression

Mort-terrain, de Biz, chez Leméac
L'Hôtesse de l'air, tome 1 - Le décollage de Scarlett Lambert,
d'Elizabeth Landry, chez Libre Expression

Hommes à parier, tome 1 - Le pari, 
d'Anis Lessard et Marie-Claude Martel
Libre Expression
Bébé boum 2, Josée Bournival, chez Hurtubise

Eux, de Patrick Isabelle, chez Leméac

Le secret de Mhorag, tome 3 - Les profondeurs du lac oublié,
de Martin Barry, chez Libre Expression

Ensemble, partie 1, de Tania Boulet,
dans la collection Titan, chez Québec Amérique

Guide de survie pour myope, de Marc-André Pilon,
aux Éditions de Mortagne

Seconde terre, tome 1 - La fuite, de Priska Poirier,
aux Éditions De Mortagne

Ne cherche pas et tu trouveras, de Denis Faïck,
chez Guy Saint-Jean

Aimez vos ennemis, de Sharon Salzberg et Robert Thurman, 
chez Guy Saint-Jean

Le chemin de la sérénité, de Federico Jôkô Procopio, 
chez Guy Saint-Jean

mardi 18 février 2014

Entre un corps inconnu et un garçon disparu …

Commençant lentement, l’enfant promis est un roman qui prend le temps de bâtir un contexte à l’intrigue. En cela, il se rapproche de la conception d’un film et, tout comme celui-ci, il faut se montrer patient dans les premières pages. Rien n’est là par hasard. Une fois les personnages présentés, le décor planté et l’atmosphère bien en place, l’histoire va vous porter avec plaisir durant le reste du livre. Ainsi nous accompagnons Judith Allison  tout au long de son enquête sur la découverte de restes humains près d’une érablière à Tingwick. À cette investigation vient se greffer la disparition d’un enfant dans des circonstances troublantes ainsi qu’une rivalité entre Judith et un collègue.

La sergente-détective Judith Allison de la Police régionale d’Arthabaska est dépeinte avec humanité et réalisme. L’auteure, Maureen Martineau, présente un personnage complexe et très crédible. Elle en profite pour monter la place de la femme au sein d’un corps de métier réputé difficile ainsi que la relation parfois tendue, parfois un peu trop proche, avec ses collègues. L’énigme est très bien ficelée et les rebondissements sont parfaitement intégrés au récit, ne suscitant pas la surprise du lecteur ou, plutôt, l’incompréhension. La disparition de l’enfant et le comportement de la mère forcent le lecteur à se poser des questions sur l’action possible de la DPJ et sur les moyens dont elle dispose.

Au-delà  de l’univers policier, un autre aspect de notre société est porté à notre attention. Il s’agit des communautés vivant en marge de celle-ci et qui permettent la perte d’identité de leur participant, rendant ainsi toute recherche plus ardue.


La fluidité de l’écriture fait en sorte que l’histoire d’Allison se lit avec plaisir. Rendu au terme de l’aventure,  il ne reste que l’envie de la retrouver dans un nouvel opus, un peu comme le désir de voir la seconde saison d’une série de télévision.  

Dominique de Leeuw

dimanche 16 février 2014

Un traité de physique pas comme les autres

Les Éditions Dunod publiaient dernièrement le premier volume sur l’électromagnétisme dans la collection Le cours de physique de Feynman. Comme son titre le précise, il s’agit d’un véritable manuel. Mais il y a une forte nuance, en ce sens où, comparativement à ceux qu’il me fut donné de lire durant ma formation théorique, la parole domine les équations.

Richard Feynman a marqué de son empreinte la physique moderne. Après avoir participé au projet Manhattan, il a consacré sa carrière à la recherche et surtout à l’enseignement, les élèves se révélant pour lui une source d’inspiration. De ce fait, il repensa la mécanique quantique et inventa « les diagrammes de Feynmam » indispensable à la compréhension de théories actuelles telle la théorie des cordes. De plus, il écrivit de nombreux livres dont les « Feynman lectures on physics » qui ont engendré cet ouvrage et, plus exactement, cette collection.

Ainsi, tout au long de son exposé, l’auteur nous raconte la Physique puis il la met en équation afin d’appuyer ses propos. Ce domaine passe donc d’un stade théorique à une matière vivante qui ne demande qu’à être comprise et intégrée. De plus, même si vous ne suivez pas de cours, sa lecture s'avère agréable et instructive. L’exploitation complète du manuel nécessite une connaissance du domaine ainsi que de bonnes bases en mathématique, il n’en reste pas moins qu’il est possible de le compulser pour le plaisir.

Cet écrit s’adresse donc très bien à tout étudiant du Bac, tout comme à ceux du DEC, en sciences de la nature. Ce sera un très bon complément aux leçons et, surtout, cela permettra d’appréhender la matière un autre point de vue.

Pour de plus amples informations : 


Pour acheter le volume : 
http://www.archambault.ca/feynmanrichard-phillipsleightonrobertsandsmatthew-cours-de-physique-de-fe-ACH003372444-fr-pr

Dominique de Leeuw

samedi 15 février 2014

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Ce week-end, on s'emmitoufle avec un bon roman!

SMS story, de Catherine Briat, Recto Verso

D'autres fantômes, Cassie Bérard, Druide

Le Clan Seton, tome 1 - Les Aubes grises,
de Sonia Marmen, Québec Amérique

Le jour où j'ai arrêté d'être grosse,
de Valérie Fraser et Marianne Prairie,
Parfum d'encre

De mère en filles, tome 1 - Alice, de Dominique Drouin,
Libre Expression

Le rôle des cochons, de Camille Bouchard,
Québec Amérique

Les gardiens des portes, Abbygaelle et Alicia,
de Sonia Alain, chez AdA

vendredi 14 février 2014

Je le jure! Entre dilemme moral et trahison

Carrie et Shana se connaissent depuis trois ans. Au fil de ces années, elles ont développé un solide lien. Lorsque Carrie demande à Shana de raconter qu’elle a été témoin d’attouchements sexuels que le beau-père de Carrie aurait faits à cette dernière, elle accepte, malgré les risques et son sens moral. Elle veut à tout prix aider son amie à se sortir d’une horrible situation d’abus sexuel.

Et si tout cela n’était pas vrai? Le groupe de filles dont Carrie semble être le point central autour duquel gravitent quelques adolescentes est secoué par des éléments portant à penser qu’il s’agit d’un mensonge. Prise entre la loyauté, la confiance envers cette amie et les faits qui s’accumulent et tendent à démontrer que Carrie n’est peut-être pas tout à fait honnête, Shana ne sait que faire ni qui croire.

Qu’est-ce qu’une amitié réelle? Jusqu’où iriez-vous par amitié? Oseriez-vous aller jusqu’à mentir et vous parjurer, pour aider un ami à se sortir d’une fâcheuse posture ou à se protéger d’une menace? Qu’est-ce qu’un «bon mensonge»? Et si votre mensonge a des conséquences dramatiques pour une autre personne? Et si vous preniez conscience que l’amie pour laquelle vous avez menti vous a caché des choses?

Valerie Sherrard livre ici un excellent suspense qui aborde le sens moral, la trahison, le parjure et les limites de l’amitié. Un roman intelligent et passionnant.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

mercredi 12 février 2014

Du nouveau d'Isabelle Laflèche, tout juste pour la Saint Valentin!

Si vous avez aimé J’adore New York et J’adore Paris, vous serez assurément heureuse de retrouver Catherine, Antoine et Rikash dans J’adore Rome!

Expressément sortie pour la Saint-Valentin, la nouvelle d’une quarantaine de pages, disponible en format numérique, met en scène les personnages alors que Catherine et Antoine s’apprêtent à faire un voyage en amoureux à Rome pour cette occasion. Fidèle à ses autres romans, le texte recèle d’humour, de descriptions de vêtements griffés et de lieux plus que tendance, de citations d’icônes de la beauté des années 40-50, etc. D’opulence, quoi!

Cette nouvelle pique la curiosité de la lectrice et la rend impatiente de lire le prochain roman. Mon seul petit bémol… à la fin, on a l’impression d’avoir manqué un tout petit détail. Sans vendre la mèche, on se demande quand Catherine aurait eu le temps de faire ce qu’elle a fait. Mais bon, du reste, le tout est bien sûr très divertissant!

Bonne Saint-Valentin à l’avance!



Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

mardi 11 février 2014

La garçonnière d'Hélène Grémillon

Buenos Aires, août 1987. Une femme, Lisandra Puig, meurt après avoir chuté de son balcon. Son mari, Vittorio, psychiatre, est accusé du meurtre. Clamant son innocence, il accepte l’aide que lui offre Eva Maria, une cliente qui le consulte afin de faire le deuil de sa fille qui a disparu, et qu’on soupçonne d’avoir été assassinée par l’armée durant la Guerre sale, de trouver le réel coupable. C’est une femme énigmatique, qui a une relation plutôt mystérieuse avec Vittorio, son psychanalyste. En est-elle amoureuse ou bien dépendante? En tout cas, elle est convaincue de son innocence. Ainsi, elle s’engage dans une longue recherche d’indices. Voilà le début de ce texte, inspiré d’une histoire vraie, souligne l’auteure, qui transportera le lecteur au cœur d’une intrigue complexe.

Un roman où les personnages sont bien campés, attachants, même dans leurs imperfections, et leurs névroses (et il y en a! Des tics aux obsessions compulsives, au deuil compliqué, cristallisé à l’étape du refus). On est happé par l’histoire et on se prend à chercher à déceler tous les petits indices afin de trouver l’assassin parmi les clients de Vittorio.

D’une part, on a Eva Maria, emmurée dans un état dépressif qui l’a éloignée de son fils, bien que celui-ci habite toujours avec elle. À travers le travail qu’elle effectue pour résoudre le mystère du meurtre de la femme de Vittorio, elle progresse dans le deuil de sa fille – peut-être plus que durant sa thérapie – elle qui y est claustrée depuis des années. Ces brèches seront-elles suffisantes pour qu’elle retrouve un semblant d’existence digne de ce nom?

Quant à Lisandra, sa relation avec Vittorio traversait une période difficile. Elle ne peut vivre sans passion, sans amour fou, mais son mari était entièrement consacré à sa carrière et ses patients. Or, elle sent que son époux est en proie à ce qu’elle appelle un «désamour progressif». Lorsque le regard de la personne aimée s’éloigne de plus en plus de nous pour se poser sur une autre. Elle qui ne peut exister sans ce regard, se sert du désintérêt qu’elle croit voir chez son Vittorio pour se détruire, se dénigrer. (On fait pas mal tous ça!)

Convaincue que Vittorio lui est infidèle, Lisandra bascule dans une jalousie morbide. Elle est prise dans un dilemme déchirant. Lequel de ses désirs écoutera-t-elle? Celui de partir, car elle ne trouve plus ce dont elle a besoin dans cette relation, ou celui de rester avec cet homme jusqu’à ce que la mort les sépare.

Grémillon emploie la répétition, des noms, des tics, des formules, pour démontrer l’aspect obsessif des personnages, ainsi que pour souligner la tristesse, le caractère machinal de cette vie enclavée dans des routines à la limite de l’aliénation. Cette lourde absence de plaisir.

Elle sait imposer le rythme de l’action au lecteur. La narration est entrecoupée de la révision des dossiers des clients de Vittorio, alors qu’elle cherche à disculper son psy et à trouver qui est le meurtrier. Puis, tantôt Hélène Grémillon utilise de courtes phrases qui donne le ton de l’urgence ressentie par Eva Maria, tantôt, il y a, une page, avec quelques mots, comme «Eva Maria trébuche» ou «– Moins vite, Eva Maria». Ce procédé renforce l’intégration du lecteur dans le récit. C’est comme s’il était là, forcé à faire une pause, au même titre que le personnage.

Le deuxième roman d’Hélène Grémillon est complexe à souhait! Juste comme on les aime! Elle mêle bien les cartes et maîtrise le sens de l’intrigue. Et cette fin, dont je ne vous dirai rien!

Indéniablement une lecture qui m’a emballé!

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique