mardi 28 janvier 2014

Dix finalistes du Prix des libraires du Québec 2014







Le monde littéraire québécois était réuni ce matin à la Librairie Raffin à Montréal pour le dévoilement des dix finalistes du Prix des libraires du Québec.
Le comité de sélection composé de sept libraires a déterminé les cinq œuvres finalistes dans chacune des deux catégories. Maintenant, c’est au tour de tous les libraires du Québec de se prononcer afin de couronner le roman québécois et le roman hors Québec qui se seront démarqués par leur qualité littéraire et leur originalité. L’an dernier, plus de 220 libraires ont fait connaître leur choix.
FINALISTES 2014
Catégorie Roman québécois
  • La classe de madame Valérie, François Blais (L’Instant même)
  • Pomme S, Éric Plamondon (Le Quartanier)
  • Le sort de Bonté III, Alain Poissant (Sémaphore)
  • L’orangeraie, Larry Tremblay (Alto)
  • Les sangs, Audrée Wilhelmy (Leméac)

Catégorie Roman hors Québec
  • 
Une fille, qui danse, Julian Barnes (Mercure de France)
  • Confiteor, Jaume Cabré (Actes Sud)

  • Le quatrième mur, Sorj Chalandon (Grasset)
  • Dans le silence du vent, Louise Erdrich (Albin Michel)
  • La saison de l’ombre, Léonora Miano (Grasset)

Une bourse et des prix
Cette année, nous avons droit à une bonne nouvelle! Le Conseil des arts et lettres du Québec (CALQ) a annoncé que la bourse attribuée au lauréat québécois passe de 2 000 $ à 5 000 $. En plus de la bourse, le lauréat québécois aura la chance d’effectuer une tournée de promotion offerte par l’Association internationale des études québécoises (AIEQ), et ce dans l’un des pays où elle a des membres. De plus, tout comme le lauréat hors Québec, il recevra aussi une œuvre de l’artiste Louis-Georges L’Écuyer. La remise des prix aura lieu le lundi 12 mai 2014 à 19 h au Lion d’Or, à Montréal. Comme chaque année, il y aura la lecture des dix œuvres finalistes sera effectuée par des comédiens de renom, dont Fanny Mallette, la porte-parole du Prix des libraires du Québec.
Fanny Mallette, porte-parole
La comédienne que l’on a connue notamment pour ses rôles de Catherine dans 19-2 et de Deborah Miles, dans la série O », ainsi que dans plusieurs longs métrages se réjouit à l’idée de se plonger dans la lecture des livres retenus. Celle pour qui la lecture a toujours occupé une place importante dans sa vie dit apprécier son expérience de porte-parole, car cela lui permet de découvrir de nouveaux auteurs ainsi que d’avoir de réels échanges sur la littérature, comparant son expérience de promotion à la participation à un club de lecture à grande échelle. Une belle occasion de partager sa passion avec d’autres gens aussi fervents de lecture qu’elle.
Un libraire honoré par le Prix d’excellence de l’ALQ
Depuis l’an dernier, un libraire qui se sera démarqué pour l’excellence de son travail de passeur de la littérature se verra attribuer le Prix d’excellence de l’ALQ, associé notamment à une bourse de 2 000 $. La période de mise en candidature se terminera le 31 mars prochain
Des prix pour les lecteurs
Si vous achetez une des dix œuvres finalistes en librairie entre le 11 février et le 12 mai 2014, vous courrez la chance de gagner l’un des lots suivants :
  • 1 carte-cadeau de 500 $ dans une librairie participante et les 10 livres finalistes;
  • 1 carte-cadeau de 300 $ dans une librairie participante et les 10 livres finalistes;
  • les 24 titres de liste préliminaire;
  • les 10 livres finalistes;
  • les 2 livres lauréats.


 YO/BB

dimanche 26 janvier 2014

Edgar Paillettes : Une histoire scintillante de beauté

Prolifique n’est pas un terme assez fort pour décrire Simon Boulerice. L’auteur accumule les livres jeunesse et adulte, la poésie, les pièces de théâtre à un rythme effarant! En plus, les univers créés sont toujours plus imaginatifs les uns que les autres. Non, mais sérieusement, on se demande comment fonctionnent les méninges de l’écrivain. C’est peut-être à ça que ça ressemble quand on utilise plus de 5 à 10 % de son cerveau!

Dans son plus récent roman publié aux Éditions Québec Amérique, dans la collection Gulliver, on fait la rencontre d’Henri, un garçon de onze, dont le petit frère de sept ans, Edgar est on ne peut plus particulier. C’est qu’Edgar est différent. C’est le médecin qui l’a diagnostiqué alors qu’Edgar avait trois ans.

À travers le regard d’Henri, on apprend qu’Edgar possède un charme tel que personne ne peut lui résister. On le décrit comme un poème vivant. Eh oui, il parle fréquemment en vers. Ça, c’est sans compter que tous les jours, Edgar se déguise. En chien,  en cow-boy, en fée… Il en a des dizaines et des dizaines de costumes.

Ça semble bien rigolo, tout ça, mais pas pour Henri. Il se sent invisible dans l’ombre de son petit frère excentrique. Henri  trouve inéquitable que ses parents soient beaucoup plus indulgents et généreux envers Edgar. Il a une énorme chambre, un tiroir rempli de barres de chocolat, bref, tout ce qu’il veut, il l’obtient. D’ailleurs, le lecteur arrive très bien à cerner ce sentiment d’injustice et s’attache dès le départ au grand frère.

Toutefois, Henri cherche un moyen de sortir de l’ombre et de briller lui aussi à sa façon. Il fait plusieurs vaines tentatives, mais n’abandonne pas malgré ces échecs et une certaine jalousie ressentie à l’égard de son cadet qu’il croit plus que choyé.

Puis un jour, quand Henri rate son bus et que son père doit aller le conduire à l’école après avoir déposé Edgar à la sienne. C’est là qu’il s’aperçoit que tout le monde n’est pas charmé par lui et qu’il vit parfois des difficultés avec d’autres enfants de son école. Il réalise que la vie d’Edgar n’est pas aussi rose qu’il le croyait. Une belle ouverture envers son frère se produit.

À cette prise de conscience s’ajoute un événement très touchant.   À l’Halloween, Edgar choisit, plutôt de se déguiser en super héro, de se costumer en Henri (avec des paillettes à l’intérieur du chandail, car il trouve que son grand frère, c’est à l’intérieur qu’il est chatoyant.

C’est à ce moment que les choses changent pour Henri qui constate que tout n’est pas toujours rose pour son frangin et que ce dernier a su voir en lui ce qui se cachait en lui. Il aura alors des ailes pour se propulser à l’avant et apprivoiser le fait de rayonner à sa façon.

Une charmante histoire qui permet à l’enfant d’apprendre à prendre sa place sans compétitionner avec un frère ou une sœur qui, sans le vouloir, monopolise davantage l’attention. Bien sûr, le tout est empli d’humour et du brin de folie créative que l’on aime tant dans l’écriture de Simon Boulerice.


Pour les 9 ans et plus.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

samedi 25 janvier 2014

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

De la rigolade, de la romance et du hockey! Hum... me demande bien qui lira quoi! ;-)

Edgar Paillettes, de Simon Boulerice, chez Québec Amérique

Méchants patrons!, de Michel Coulombe, chez Stanké

Les héros, ça s'trompe jamais, tome 2, de Marie Potvin, chez Goélette

Bienvenue à Rocketville
Le remarquable héritage


En route pour la coupe
de Danielle Boulianne, chez Phoenix

mercredi 22 janvier 2014

Et c’est parti pour Hollywood pour l’auteure Corinne De Vailly!

La prolifique auteure installée au Québec depuis l’âge de 14 ans a signé une option avec Thierry Labbé, producteur franco-américain, afin de porter au grand écran la série Mélusine et Philémon.

La série, qui s’adresse au public « adulescent », met en scène Philémon, un page né à Jérusalem, qui part à la recherche d’un des deux anneaux de la fée Mélusine. L’aventure, qui se passe dans la France médiévale, lui réservera plusieurs surprises. Il apprend qu’il est un descendant de la fée et découvre la légende entourant la fée et les mystérieux anneaux.

Starlight Pictures envisage de tourner au Québec, en France et en Israël. Ces lieux semblent tout indiqués pour créer les décors magiques, qui seront bien sûr augmentés par des procédés numériques afin de rendre leur aspect surnaturel.

Vous pouvez lire nos appréciations de quelques tomes de la série en suivant les liens suivants :



Bravo, Corinne, nous sommes tous très fiers de vous!



mardi 21 janvier 2014

Et si les chevaliers de l’apocalypse étaient des femmes blondes?

C’est la question qu’on se pose à la lecture du troisième roman d’Emily Schultz. Carrément! J’ai piqué un tant soit peu votre curiosité? Alors, je vous raconte.

Dans la vingtaine, Hazel Hayes, une jeune Torontoise fille de coiffeuse étudie à New York afin de faire des recherches pour son mémoire sur l’esthétologie. Jusque-là, rien de particulier. Elle fait son train-train quotidien, tout en tentant de gérer au mieux une nouvelle inattendue. Elle est enceinte de son directeur de mémoire. Encore là, pas de quoi s’indigner outre mesure.

C’est alors qu’une étrange pandémie touche le monde. Un virus s’attaque aux femmes blondes, que leur crinière soit de cette teinte naturellement ou le fruit d’un rendez-vous au salon de coiffure. Les premiers symptômes de la maladie sont des cris, des grimaces, ou encore l’expression de sentiments négatifs. Puis, ces femmes hystériques deviennent violentes et se livrent à des meurtres. Les manifestations de la maladie se multiplient et Hazel est témoin de plusieurs attaques, ce qui la laisse terrorisée. La panique s’empare de la communauté mondiale et les femmes jugées à risque sont mises en quarantaine et tondues.

Heureusement ou malheureusement pour Hazel, elle n’est pas blonde, mais rousse. On la considère donc à risque de contracter et de propager le virus. C’est ainsi qu’en tentant de se rendre à Toronto pour annoncer la nouvelle de sa grossesse à son professeur, elle se voit expédiée dans un CLIT (Centre Local Isolement Temporaire). Elle finit par être libérée après huit semaines de détention et cherche à retrouver les siens à Toronto.

À travers plusieurs éléments, les CLIT, l’hystérie, la méfiance envers les femmes et la misogynie croissante, il m’est impossible de ne pas y voir une boutade à la théorie freudienne selon laquelle l’hystérie est une maladie féminine qui a pour origine l’utérus, ainsi que concernant la sexualité féminine : une femme est jugée immature sexuellement si elle est clitoridienne, puisqu’une femme mature devrait être vaginale et jouir par la pénétration, donc l’accueil de l’homme en son antre du plaisir.

Au-delà de Freud, c’est une réflexion, une critique sur les critères de beauté, le rôle de la chevelure dans la beauté et l’image corporelle des femmes. Et que dire de la panique qui touche la population? Réaction grandement alimentée par la couverture médiatique dont bénéficie le phénomène. Ici, l'auteure souligne la propension de certains médias à donner dans la désinformation. Quand on y pense, ce n'est peur-être pas si « tiré par les cheveux » que ça...

Riche en rebondissements et en clins d’œil, l'histoire à première vue rocambolesque peut être lue au premier niveau. Cependant, les lecteurs qui aiment déchiffrer les deuxième ou troisième niveaux trouveront des éléments intéressants, bien qu’à mon avis, l’auteure aura pu les développer davantage.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique