lundi 1 décembre 2014

La vie sur Mars, le dernier Marie-Sissi Labrèche

En octobre dernier paraissait le dernier roman de Marie-Sissi Labrèche. Très différent de ses précédents ouvrages, ce roman d’anticipation transporte le lecteur en 2035. Neil reçoit un appel. Sa mère, à qui il n’a pas parlé depuis six mois, est retrouvée morte dans sa maison. Accompagné de sa meilleure amie Rosaline plutôt que de Rita-Adèle, sa blonde de 37 ans, une femme caractérielle, jalouse et boudeuse, il quitte le Québec pour aller en France (où Jean Sarkozy est Président). Une fois Charles-de-Gaulle, il prend la direction de Raon-l’Étape, le village où il a grandi dans la maison-musée de son grand-père, après que son père se soit trouvé un travail au CERN. C’est qu’il est astronaute, le père de Neil (on pense tout de suite qu’il l’a nommé ainsi en l’honneur de Neil Armstrong).

Il vient pour inhumer sa mère, réclamer son héritage et vendre la maison. Il trouve le manuscrit que sa mère tenait dans ses mains lorsqu’elle est morte et se met à le lire. Plus il lit, plus ses découvertes viennent ébranler ses convictions et l’image qu’il se faisait de sa mère.

Marie-Sissi Labrèche dépeint une image à peine exagérée de la vie française dans les petits villages, mais également des relations interpersonnelles et de la hiérarchie familiale. Où l’on chérit l’histoire et tout ce qui est vieux. Nous, Québécois, en lisant l’histoire, on étouffe, on enrage. Plusieurs éléments ou conventions ne sont certes pas dans nos mœurs. Comme femme, c’est encore pire, on a qu’une seule envie : se révolter. Crier à Fédora de cesser de se taire et de régler son compte à ce vieux décrépit. On se demande « Mais pourquoi accepte-t-elle ça? » La réponse vient à la toute fin.

La comédie dramatique aborde la santé mentale, thème de prédilection de l’auteure, mais de façon secondaire. Dans ce roman, il est plutôt question de secret, de la différence entre l'idée que l'on a d'une personne et de qui elle est vraiment. L'auteure explore jusqu’où une mère est prête à aller par amour pour son enfant. S’il est différent de Borderline et La brèche, La vie sur Mars on retrouve la signature de l’auteure. Les descriptions sont justes, l’écriture est imagée, il y a de l’humour et du sarcasme. Aussi, on lit les chapitres sur le manuscrit à un rythme rapide, les phrases s’enfilant à la vitesse à laquelle Marie-Sissi Labrèche parle. Les passages où elle parle de son beau-père et de ses frustrations à son égard sont tout simplement jouissifs.

Une lecture qui m’a fait vivre toutes sortes d’émotions. Moi aussi, j’ai un mari français. Chéri, si j’ai été plus à cran avec toi ces derniers jours, c’est la faute de Marie-Sissi Labrèche. ;-)


Yannick Ollassa / La bouquineuse boulimique 

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