vendredi 7 novembre 2014

… le dernier sera le père Noël

Objet dune « lutte acharnée » au sein de l’équipe de Livresquement boulimique, voici enfin le nouveau Martin Michaud. Je fus lheureux vainqueur. Je dois avouer quil me tardait de pouvoir me replonger dans lunivers de Victor Lessard, surtout que mes précédentes tentatives pour lire les derniers nés de Martin Michaud neurent pas le succès escompté. Cest donc avec beaucoup dimpatience et dattente que je me suis jeté dans la lecture du nouvel opus de ce Grand du polar québécois. 

Violence à lorigine est le quatrième roman faisant intervenir le personnage emblématique de Martin Michaud, le sergent-détective Victor Lessard. Dès les premières pages, nous sommes plongés dans laction. En fait, Lessard nous fait descendre dans les égouts de Montréal avec une décharge dadrénaline nayant d’égal que la puanteur des lieux. Le cœur battant à tout rompre, Lessard nous révèle la présence dun corps décapité

À limage de certains bons films, et dans le but de planter lambiance, Martin Michaud joue un peu avec lordre des chapitres. Le texte déborde de dynamisme, menant plusieurs histoires en parallèle qui, bien entendu, vont se recouper vers la fin. Ainsi en labsence de son supérieur, parti en vacances, Victor Lessard se voit confier lenquête sur la mort dun haut gradé du SPVM suite à la découverte de sa tête. Cest en compagnie de Jacinthe, toujours aussi bourrue, de Loïc alias le Kid et de Nadja, dont il partage la vie, quil va sombrer dans les ténèbres. Le « graffiteur », surnom donné à lassassin, entraîne cette équipe dans une course contre la montre, où se mêlent le passé et le présent, à la recherche dun personnage, le « père Noël », qui fait lobjet de graffitis sur les lieux de chaque meurtre. Déstabilisé au plus profond de lui-même, le sergent-détective va devoir faire face à danciens démons tout en voyant certaines vieilles cicatrices se rouvrir. 

Sombre, très sombre. Cest ainsi que peut être qualifié le nouveau thriller de Martin Michaud. Il nous offre un ticket vers un univers dune noirceur extrême, où l’âme humaine révèle ce quelle a de plus abject. Écrit avec une précision chirurgicale, le roman est captivant, enveloppant et même parfois suffocant. Lhistoire est si accrocheuse que fermer le livre relève presque dun exploit. Heureusement pour nous, l’écriture toujours aussi travaillée de lauteur permet de faire passer le sujet dont il traite, et dont je ne dirai rien ici, à vous de le découvrir, avec facilitéÀ tel point que la fin arrive presque trop vite malgré les quelque 442 pages. Les personnages font preuve dune grande humanité et sont très réalistes. Cela peut paraître futile, mais réussir à mettre de la vie dans un livre passe aussi par la mise en place dun langage parlé crédible, et ce, quels que soient les protagonistes. En cela, Jacinthe y va dun vocabulaire très coloré alors que Victor parvient à faire preuve de retenue et utilise une langue un peu moins châtiée. Même si, lorsque celui-ci pense ou réagit intérieurement, la violence des mots est plus prononcée. Loscillation entre les pensées de lenquêteur et celle du tueur ainsi que linsertion de lhistoire pas vraiment secondaire, font du livre un « page turner » comme le disent si bien nos voisins du sud.

Bref, même si une toute petite chose ma attristé à la fin du livre, je vous laisse découvrir laquelle, je puis affirmer sans me tromper que Martin Michaud demeure une valeur plus que sûre dans le domaine du polar. Encore une fois, il ne démérite pas du titre de « maître du thriller au Québec ». Cest maintenant à votre tour de passer un agréable moment en compagnie de Victor Lessard.


Dominique de Leeuw


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire