vendredi 12 septembre 2014

Que les masques tombent

Dès les premières lignes du roman, l’écriture de Sylvie-Catherine de Vailly m’a littéralement captivé. Son style, son utilisation du français et des temps de verbes furent une musique à mes oreilles. Se laisser porter par l’histoire au fil des pages est ainsi chose aisée. Justement, celle-ci se déroule en 1968 dans un petit village du Québec où tout le monde se connaît. Bernadette, âgée de 12 ans, est en convalescence et ne peut sortir de chez ses parents. Elle se lie alors d’amitié avec Augustine, que tout le monde appelle avec affection « la vieille Demoiselle », qui vient la visiter très régulièrement alimentant par le fait même leur passion commune des livres.

Mais voilà, du jour au lendemain, cette charmante vieille dame disparaît et ne donne plus aucun signe de vie malgré sa promesse de passer la visiter sans faute. À cela s’ajoutent de mystérieux incendies qui font rage dans le village, dont celui de la demeure de « la vieille Demoiselle ». Il n’en faut pas moins pour voir l’arrivée de Jeanne Laberge, première femme inspecteur au Québec. Dans un climat social qui commence tout juste à se modifier et à ouvrir les portes aux femmes dans un monde d’hommes, Jeanne va devoir faire ses preuves tout en supportant les préjugés qui y ont trait.

Décrite avec réalisme, l’atmosphère de cette époque nous imprègne et nous entraîne dans un voyage dans le temps. De plus, l’utilisation successive du point de vue de Bernadette et de celui de Jeanne permet de rompre tout risque de monotonie tout en jetant un éclairage unique sur les événements. La valse des odieux est un titre qui prend tout son sens durant la lecture de ce livre. En effet, tout commence par une valse et se termine par une tombée des masques qui va à merveille avec le terme « odieux ». La première partie, plus descriptive, met en place le décor et permet de nous rendre les personnages attachants ou quelque peu irritants, voire antipathiques. Puis la seconde partie ne nous laisse plus le temps de respirer. Riche en rebondissements et en émotions, elle nous incite à tourner sans cesse les pages.


Pour ce premier ouvrage, l’auteure s’est inspirée de faits vécus et cela transpire à chaque page, donnant un côté très humain à l’histoire. Ce premier roman qui donne naissance à Jeanne Laberge a su me conquérir, me laissant dans l’attente de la prochaine sonate impliquant cette héroïne.

Dominique de Leeuw

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