samedi 12 juillet 2014

Lorelei en Finistère d'Emmanuelle Caron

Pour Joachim, la vie n’est pas facile. Sa mère étant dans l’incapacité de s’occuper de lui – elle est alcoolique, notamment –, il déménage avec son grand-père, dans une petite ville de Bretagne. Déménager veut aussi dire changer d’école. Personne n’en est friand, mais pour Joachim, c’est peut-être la chance de recommencer à zéro et se défaire de sa réputation peu envieuse. Certains le disent malveillant, d’autres le croient fou ou encore un peu lent. C’est qu’il a une maladie – la même que sa mère – qui lui fait avoir des hallucinations et des crises.

Malheureusement, alors qu’il commence l’école, il se rend bien compte que sa réputation l’a suivie. Il se trouve donc à nouveau isolé et victime de railleries et d’intimidation. Même de la part de Stéphane, une fille qu’il trouve très jolie. Enfin, il ne sait jamais si elle sera gentille avec lui ou non. Bref, il sera rapidement obsédé par Stéphane, la voyant même dans ses rêves. Joachim aimerait être comme tout le monde. Il voudrait bien cesser de prendre les médicaments qui le ralentissent et l’engourdissent. Il tente l’expérience, juste pour voir. Alors qu’il se trouve sur le nord de la mer, sur le site d’un château en ruines, sa vie prend un tournant dramatique. Stéphane y arrive, elle se cache, poursuivie par des truands. Joachim l’aide à fuir et les deux jeunes se retrouvent dans une cavale qui changera le cours de leur vie.

C’est sur un fond brumeux de Bretagne que se déroule cette intrigue plutôt étonnante. L’auteure dépeint avec beauté les paysages bretons. J'avoue qu'il y a un ou deux passages où cela constitue de petites longueurs. Celles-ci ne sont par contre pas suffisantes pour décourager le lecteur, qui veut absolument savoir la suite.

Les personnages sont justes et complexes, particulièrement les adolescents. Il est difficile d’être différent, encore plus lorsque tout le monde se ligue pour dire que l’on est fou. On sent très bien la détresse de Joachim, ses sentiments d’impuissance et d’injustice tant envers la maladie et les relations interpersonnelles. Sa colère passe également très bien vers le lecteur.

Dans toute cette tourmente, il y a quand même des éclaircies. Notamment, la touche attendrissante que constitue la relation entre Joachim et son grand-père, personnage très attachant. Cela met un baume sur les souffrances de l’adolescent et permet au jeune lecteur de constater qu’il y a toujours quelqu’un sur qui l’on peut compter. Aussi, la relation entre Stéphane et Joachim. Mais je m’arrête là, je ne veux pas dévoiler trop d’éléments de l’intrigue.


Bref, c’est une lecture agréable et dépaysante. Elle nous donne envie de visiter la Bretagne, ça, c’est certain!

Après ma lecture, je me suis entretenue avec Emmanuelle Caron. Cliquez ici pour lire notre entretien.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

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