mercredi 19 mars 2014

Du désir d'aider

Mitch et Grace sont deux psychothérapeutes qui ont, à une époque, formé un couple. Ils se revoient par hasard alors que Grace est hospitalisée dans l’hôpital où travaille son ex-mari, après avoir eu un accident de voiture.

Mitch a formé un couple avec Martine, une mère célibataire qui se sent si vide et menace de crouler devant la lourde responsabilité de son fils atteint du syndrome d’Asperger. Il souhaite ardemment l’aider, mais sent que quelque chose le bloque. Au moment où Martine ose lui démontrer sa vulnérabilité, il part en mission à Iqualuit.

Anne, ancienne cliente de Grace, recueille en son appartement Hillary, une jeune itinérante enceinte. Rapidement, son chez-soi est littéralement envahi par Hillary et son amoureux, qui font la loi et dorment même dans son lit.

Grace a rencontré Tug lors d’une de ses randonnées de skis de fond. L’homme avait tenté de se suicider dans les bois. Elle se porte à son aide et l’héberge chez elle. Tranquillement, une relation se tisse entre eux. Celle-ci se heurte cependant aux barricades que tous deux ont érigées.

Au fil des allers-retours entre les époques et les personnages, l’auteure tisse habilement la toile qui lie les vies de Mitch, Tug et Anne à celle de Grace, au travers dix années. Sise à Iqualuit, Montréal, Kigali, New York, l’histoire révèle l’existence de ces quatre personnes qui cherchent à sortir de leur solitude, à créer de profonds liens avec les autres, malgré les inhibitions et les démons qui les empêchent de le faire.

Sans conteste, c’est le désir de sauver les autres qui est au cœur du roman d’Alix Olin. On constate rapidement que c’est un besoin vital et qu’il constitue la base même de leur personnalité. Avec une grande finesse, Olin questionne. Peut-on réellement sauver l’autre? Jusqu’à quel point peut-on l’aider? Jusqu’où va-t-on ? Que deviens-je si je n’arrive pas à secourir l’autre, à le rejoindre?

Un roman qui saura toucher toute personne ayant à cœur l’entraide. On se reconnaît dans l’élan vers l’autre, mais aussi dans l’impuissance ressentie lorsque la main tendue ne trouve pas de réponses. Que malgré nos efforts et la volonté de l’autre, les tentatives s’avèrent vaines.

J’ai adoré cette lecture, malgré la traduction de Clément Baude qui dérange à certains moments. Notamment lorsqu’il traduit «Little Italy», «Rosemount» et «Labour Day», ce qui dénote peut-être un certain manque de recherche de sa part.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


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