mardi 4 février 2014

Les Évaporés, de Thomas B. Reverdy


Il y a dix ans que Yukiko vit aux États-Unis lorsque son père Kazehiro, cadre au sein d’une compagnie japonaise, disparaît. Elle fait appel à Richard, son ex qui est détective privé afin que celui-ci l’accompagne et l’aide dans ses recherches pour retracer son père. Pour Yukiko, c’est un retour à l’origine après l’exil… pour Richard, c’est le dépaysement total et la douleur de se retrouver avec cette femme qu’il aime encore.

C’est un roman sur la fuite dans l’espoir d’un ailleurs meilleur et sur l’amour de Richard pour Yukiko. C’est un récit poétique aux accents de mélancolie, mais également un suspense dont le rythme est lent, presque langoureux. Parfois, c’est presque un cours d’histoire, un essai, où l’on se perd. L’auteur décrit avec force détails, peut-être un peu trop, un Japon esquinté par le tsunami, le séisme et la crise nucléaire. Un Japon au passé d’abondance, au présent dévasté. Ces tableaux sont d’ailleurs presque plus importants que celui des vies de Kaze, de Yukiko et de Richard.

Thomas B. Reverdy a un style bien particulier. C’est glissant, voire fuyant. Il excelle si bien dans l’art des digressions mélancoliques qu’il prend un long moment à installer l’ambiance. Malgré cela, le dépaysement total qu’il nous impose en vaut la chandelle.


 Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

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