jeudi 31 octobre 2013

L'ABC des filles 2014 : Un incontournable pour toute adolescente!

L’ABC des filles est un ouvrage absolument génial! Très complet, on y trouve des conseils beauté, des recommandations de lectures, des informations sur les lieux que l’auteure a visités, des tests, un guide des émotions, des relations interpersonnelles, des entrevues sur divers sujets comme la sexualité, les formations au collégial, des articles sur l’actualité mondiale et régionale, sur les sujets tabous ainsi qu’une section tout pour se distraire.

Les sujets sont pertinents, abordés avec sérieux et un peu d’humour lorsque c’est indiqué. On y retrouve de belles images pour agrémenter les textes. En plus de cela, il y a une nouvelle inédite de Léa Olivier! L’ABC des filles sait se renouveler chaque année, ce qui n’est pas nécessairement aisé.


Un excellent cadeau pour l’adolescente de votre entourage.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


mercredi 30 octobre 2013

Dominos de Lucille Bisson : de courtes nouvelles liées par un élément.

Dominos, c’est un recueil de 50 nouvelles de moins de 1000 mots. Pourquoi ce titre? Parce qu’un élément de chaque texte est repris dans une autre. Elles s’enchaînent, s’influencent, comme dans le jeu du même nom. Mais voilà toute la ressemblance entre elles.

Publier 50 nouvelles dans un recueil sous-entend qu’il y aura des différences. Certaines seront plus fortes que d’autres. C’est incontournable. Toutefois, cela ne nuit pas outre mesure, puisqu’elles surprennent, déstabilisent, font sourire, bref, elles engagent le lecteur.

Mille mots seulement, c’est tout en défi; il faut tout mettre en place pour que le récit se tienne et que la chute arrive à point. Exercice qui, pour la très grande majorité des textes, est réussi. Pour ma part, je préfère lorsqu’elles sont un peu plus longues, car mon plaisir est d’entrer à fond dans l’histoire que l’on me propose. Cependant, ce recueil est tout indiqué pour les gens qui ne lisent pas beaucoup, soit parce qu’ils n’en ont pas le temps ou qu’ils n’aiment pas les romans, trouvant ça interminable.

Mon petit bémol se situe au niveau des nombreuses coquilles présentes. Cela a accroché mon œil. C’est malheureusement une réalité que l’on retrouve fréquemment en autoédition. Cela dit, ce n’est pas dramatique.

Sinon, c’est le parfait livre de chevet ou de tiroir de bureau, pour les savourer une à une avant d’aller au lit ou durant sa pause.


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique 

mardi 29 octobre 2013

Au revoir, Charlotte!

C’est demain que les adeptes de Charlotte Lavigne pourront se procurer le dernier titre de la série La vie épicée de Charlotte Lavigne.

On retrouve la protagoniste deux ans après qu’on l’ait laissé dans le tome 3. Elle est de retour au Québec, s’est réconciliée avec son Maxou chéri avec qui elle a le bonheur d’avoir Adrien, son fils adoré. Animatrice de télé à temps partiel, elle travaille également avec son tendre époux dans la boîte de relations publiques de celui-ci. Toujours entourée d’Ugo et de Marianne, elle a tout ce dont elle a rêvé. Cependant, il semblerait qu’il manque un petit quelque chose… mais quoi?

À l’approche de la quarantaine, elle cherche à vivre une existence plus équilibrée, à s’accomplir professionnellement, dans son rôle de mère ainsi qu’en tant que femme. Cette quête ne sera pas sans défis, on s’en doute bien. Charlotte n’a pas l’habitude de faire dans le simple. Cette fois-ci ne fait pas exception.

Quoique moins gaffeuse qu’auparavant, Charlotte est toujours la tornade qu’on a appris à connaître et qu’on a aimé dès les premières pages du tout premier tome. Elle se livre encore à des manigances pour arriver à ses fins, que ce soit pour son bénéfice ou celui de ses amis. Cela la mettra dans des situations rocambolesques, comme à son habitude. Cependant, elle a quelque peu mûri. Est-ce la maternité ou le passage du temps qui lui a permis de prendre du recul afin de porter un regard analytique sur elle-même?

L’écriture de Nathalie Roy est toujours aussi imaginative, pétillante et captivante. Des quatre romans de Nathalie Roy, celui-ci est probablement celui qui m’a le plus plu, notamment en raison de la maturité acquise par l’héroïne.

Malgré la conclusion de La vie épicée de Charlotte Lavigne, les lectrices ne seront pas en reste. L’auteure leur réserve une petite surprise dans l’épilogue. Cela dit, réfrénez votre envie de la consulter avant d’être rendu là. Cela gâcherait à coup sûr votre plaisir. Eh oui! je n’aurais pas dû vous le dire, maintenant vous brûlez de curiosité. Retenez-vous, ça vaut le coup!

Je ne saurais terminer sans saluer Nathalie Roy pour avoir été en mesure d’identifier le bon moment pour mettre un terme aux aventures de son héroïne. Trop de d’entre elles s’étirent en longueur et ne présentent à leurs lecteurs que des romans édulcorés qui finissent par être insipides. Ici, ce n’est pas le cas. Ce tome clôt de belle façon la série. On quitte la sympathique Charlotte avec un sentiment de satisfaction et un sourire aux lèvres.

 Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

lundi 28 octobre 2013

Brève : La littérature jeunesse québécoise à l’honneur sur l’avenue Mont-Royal

Communication-Jeunesse vous invite à venir découvrir la littérature jeunesse québécoise le samedi 2 novembre lors de l’événement L’avenue littéraire.

L’avenue, c’est l’avenue du Mont-Royal Est. Le littéraire, c’est Jade Bérubé, Simon Boulerice, Renée Robitaille et Danielle Vaillancourt qui sillonneront l’avenue du Mont-Royal Est, entre 13 h et 14 h, pour partager leurs œuvres. Ils s’arrêteront dans plusieurs commerces pour y faire des lectures de leurs textes.

Pendant que certains se régaleront des mots des auteurs, d’autres pourront assister à un atelier de création en direct offert par les illustratrices Virginie Egger et Manon Gauthier à la Bibliothèque du Plateau-Mont-Royal.
À 14 h, tous sont conviés à la bibliothèque pour une rencontre avec les auteurs et illustrateurs afin de lancer l’événement Lire à tout vent, organisé par Communication-Jeunesse, dans le cadre de la Semaine du livre canadien pour la jeunesse, soulignée du 2 au 9 novembre.

Et si le crime organisé était mené par des femmes?

Suite à de multiples arrestations, les hommes appartenant à divers groupes criminels vont remplir les cellules de prison et laissent ainsi leurs places inoccupées au sein de leurs bandes. Et qui d’autre est plus à même de combler ces nouvelles opportunités que leurs femmes? C’est ainsi que « la Pieuvre » va prendre naissance.  Cette organisation d’un nouveau genre prend alors racine dans toute la province et plus particulièrement dans le petit village à flanc de montagne : Cap-à-Nipi.

Cet endroit, où tout le monde se connait ou presque, est aussi le territoire du sergent Henrik Hansen. Policier surmené, hanté par tous ces corps retrouvés au cours de sa carrière, il est aussi quelqu’un de sentimentalement torturé. Incapable de trouver une compagne digne de celle qui l’a brutalement laissé, il consulte régulièrement son psy afin, simplement, de ne pas craquer. C’est alors, en pleine crise existentielle, qu’il se retrouve à la tête de l’escouade chargée d’enquêter sur la nouvelle organisation.

Julie Rivard signe un livre captivant digne, comme le sous-tend le nom du héros, des romans scandinaves. Elle nous entraine dans une aventure pleine de rebondissements aux côtés d’un personnage très humain. Comment ne pas éprouver de l’empathie pour ce sergent aux prises avec une vie qui, par moment, semble le dépasser et souvent s’acharner sur lui. Les personnages sont très crédibles et pourraient très bien être nos voisins ou frères.

Bref, il me tarde de lire la suite des aventures du le policier Henrik Hansen. C’est à mon avis le début d’une série qui va être prenante et ne nous laissera que peu respirer.


Dominique de Leeuw


dimanche 27 octobre 2013

Astérix et Obélix en visite chez les Macs

Après 8 ans d’absence, les irrésistibles Gaulois sont de retour sur les tablettes du monde entier. Traduit en 110 langues et dialectes, l’album des aventures d’Astérix était très attendu. La relève du populaire du Uderzo et Goscinny est assurée par Jean-Yves Ferri, qui signe les textes, et par Didier Conrad, qui illustre ceux-ci.

La bande dessinée faisait l’objet d’attentes élevées. Le résultat est bon, mais peut-être pas à la hauteur de ce que l’on aurait souhaité. Dès la première page, nous avons une surprise : le poissonnier et le forgeron sont d’accord?!? C’est impensable!  Tout commence au village enseveli sous la neige. Ne pouvant pratiquer l’un de leurs deux sports favoris, soit la chasse au Romain ou au sanglier, Astérix et Obélix vont chercher des huîtres, mais reviennent avec un Picte congelé. C’est alors que commence la nouvelle aventure de ces personnages hors du commun.

Comme dans tous les albums, les dessins sont réussis et le style propre à Uderzo est retranscrit avec brio par Conrad. Quant au texte, les jeux de mots foisonnent. Les noms Pictes sont colorés : Mac Mini, Mac Abbeh, sans oublier le personnage principal Mac Oloch! Les scènes de bagarre font revivre les « Bonk! » des casques et les « Plaf! » des baffes si chères à Obélix. Et, bien sûr, tout commence dans le village gaulois pour finir au même endroit autour d’un immense banquet.

Ma seule retenue est du côté de l’âme de l’album. En effet, j’ai l’impression d’un manque lorsque je le lis. Peut-être est-ce dû au fait que deux histoires sont mises en parallèle et non imbriquées ce qui nuit au dynamisme de l’aventure. C’est là ce qui me fait dire que le résultat n’est peut-être pas au niveau attendu. Il faut dire que les albums d’Astérix ont bercé ma jeunesse et que, de ce fait, mon sentiment n’est pas totalement objectif.

Dominique de Leeuw

samedi 26 octobre 2013

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Je crois que nous allons devoir offrir un baume lénifiant au facteur, pour soulager ses courbatures... ;-)
Le plus beau des chemins, de Nicholas Sparks, chez Michel Lafon

La vie épicée de Charlotte Lavigne, tome 4 -
Foie gras au torchon et popsicle aux cerises
,
de Nathalie Roy, chez Libre Expression

Hotelles, Chambre un, d'Emma Mars,
chez Guy Saint-Jean-Éditeur

L'empreinte de toutes choses, d'Elizabeth Gilbert,
chez Calmann-Lévy

Kateri, de Christine Lamer

21 robes - toutes les robes ont une histoire,
de Lindsay Jacques-Dubé
tous deux chez Recto-Verso
Treize jours d'Emma, de Marie-Christine Bernard

Le Maître shibari, d'Annie Ouellet

Paradis inc., de Pascale Jeanpierre

Dis oui, de Blonde
tous chez Expression Rouge

Bine 3. Cavale et bobettes brunes, de Daniel Brouillette,
chez les Malins

Astérix chez les Pictes, de Jean-Yves Ferri,
 Didier Conrad,
Albert Uderzo, René Goscinny
chez Albert René

Jeanne chez les autres, Marie Larocque, Tête Première


Dernier inventaire avant liquidation, Frédéric Beigbeder,
Le Livre de Poche


Un chat, de Roger Paré, La courte échelle


Ariel à l'école des espions, tome 1 - Mathématique et bombes,
d'Evelyne Gauthier, Guy Saint-Jean

vendredi 25 octobre 2013

Brève : Dévoilement des finalistes du prix La bande à Moebius 2013

Chaque année, la Revue Moebius décerne un prix au meilleur texte publié dans la revue durant l'année. Le lauréat se mérite un prix de 300$. Les trois finalistes ne repartent pas bredouilles puisqu'on leur offre un abonnement d'un an à la revue en question.

Les membres du jury qui auront la tâche de sélectionner le lauréat sont Violaine Forest, François Hébert et Monique Le Manner. Les auteurs parmi lesquels ils auront à choisir sont :


  • Olivier Gamelin, pour Le Mégot (Moebius 137, Le Parfum);
  • Joanie Lemieux, pour Sugar Wind (Moebius 137, Le Parfum);
  • Michel Pleau, pour Dans nos mains le ciel (Moebius 135, La prière)
L'identité du gagnant sera connue en novembre.

Bonne chance au finalistes!

Brève : L'Opéra de Montréal vous invite à son événement Happening à l'opéra!

À la suite du succès remporté par le 6@8 Happening à l’Opéra, l'événement est de retour!

Après Lakmé, c'est maintenant au tour de Sir John Falstaff  de vous recevoir. Vous êtes donc invités à célébrer l'Halloween avec lui. Plusieurs plaisirs sont prévus, tel que la possibilité de vous faire maquiller et coiffer pour votre soirée d’Halloween. N'est-ce pas génial?! Il y aura bien sûr des performances lyriques, de même qu'un DJ et des prestations de cornemuse (ça promet d'être intéressant). Vous pourrez également lrencontrer les concepteurs de l'Opéra. Comme si ce n'était pas assez, on nous dit que d'autres surprises sont prévues. 

Alors, mettez cet événement à votre agenda! Il n'est pas nécessaire de réserver, cependant, rendez-vous tôt, car c'est premier arrivé, premier servi. Le Happening est gratuit et se tiendra au Studio ARTV, à la Place des arts, le jeudi 31 octobre à 18 h.


crédit : Opéra de Montréal
Pour info : http://blogueartv.ca/2013/09/happening-a-lopera/

Brève : Les finalistes du prix Marcel-Couture 2013

L'équipe du Salon du livre de Montréal a fait connaître, le 23 octobre dernier, les finalistes pour le prix Marcel-Couture. 


Ce prix remis est à un auteur ou illustrateur francophone s'étant illustré par son originalité et son audace. Il est accompagné d'une bourses de 5 000$. C'est Pierre Cayouette, membre du jury, qui fera sa remise lors de la conférence de presse du Salon du livre. Voici les artistes qui sont en lice pour cet honneur :


  • L’Apparition du Nord selon Gérard Mercator, de Louis-Edmond Hamelin, Stéfano Biondo et Joë Bouchard, publié chez Septentrion;
  • Toqué ! Les artisans d’une gastronomie québécoise, de Normand Laprise, publié aux Éditions Du Passage;
  • Jane, le renard et moi, de Fanny Britt et Isabelle Arsenault, publié aux Éditions de la Pastèque;
  • Mingan mon village, de Rogé, publié aux Éditions de la Bagnole;  
  • Design ? Beauté et fonction passées au crible, de Frédéric Metz, publié chez Flammarion Québec.
Nous souhaitons la meilleure des chances à tous les nommés!

Pour de plus amples renseignements au sujet du Salon du livre de Montréal 2013, veillez suivre ce lien: salondulivredemontreal.com

lundi 21 octobre 2013

La grâce de Véronique Ovaldé


Un après-midi chaud en Californie, Maria Cristina, auteure qui a connu la gloire avec son premier roman La vilaine sœur, histoire hautement autobiographique qui lui attira un froid avec sa famille, reçoit un appel de sa mère, à qui elle n’a pas parlé depuis 10 ans. Celle-ci la somme de venir chercher Peleete, le fils de la sœur de sa sœur. Malgré tout ce qui s’est passé entre eux, à regret, elle prend le chemin de Lapérouse.

C’est que l’enfance de Maria Cristina n’a pas été aisée. Grandir avec une mère bigote, franchissant parfois la limite du délire, n’est pas rose. Encore moins lorsque le père est souvent aux abonnés absents, bien qu’il soit présent physiquement. À tempérament dépressif, il se réfugie parfois plusieurs jours dans son mutisme, laissant le champ libre à sa femme pour faire les choix éducatifs pour leurs deux filles. Avec sa paranoïa poussée, elle a la phobie que le Malin s’empare des enfants, ce qui la pousse à les séquestrer à la maison en dehors des périodes de classe. En effet, même à 13 ans, Maria Cristina et sa sœur ne possèdent pas la clé de la maison, même lorsqu’elles sont à l’intérieur et que la mère est partie en verrouillant la porte. Elle leur interdit également la lecture et la radio. Lorsqu’arrive un événement dramatique laissant sa sœur handicapée au point où son développement intellectuel à 14 ans, Maria Cristina n’en peut plus. Son rêve de quitter Lapérouse ne fait que s’accentuer.

Lasse de l’ambiance étouffante et culpabilisante de la maisonnée et de l’absence de perspectives d’avenir du petit bled du nord du Canada, elle quitte dès qu’elle peut, à 16 ans, pour aller étudier en Californie. Comme un héritage transgénérationnel, cette fuite fait écho à l’exil de son père ayant quitté le Nunavut pour se retrouver à Lapérouse. Elle arrive donc dans un monde inconnu, promesse de bonheur, si seulement elle peut arriver à s’y adapter. D’une grande naïveté malgré son caractère solide, elle ne retrouve aucun repère dans son pays d’adoption. Jusqu’à ce qu’elle rencontre Joanne qui deviendra sa colocataire et lui donnera un premier coup de main pour s’affranchir de ses habitudes de « fille du tiers monde », tel qu’elle est considérée par ses collègues d’université. Toutefois, son émancipation s’amorcera réellement lorsqu’elle deviendra la secrétaire de l’écrivain connu Rafael Claramunt. L’auteur narcomane devient son amant trois mois après l’embauche de Maria Cristina.

Bien sûr, l’auteur touche le thème de l’écriture. Comment raconter? Ce que l’on raconte n’est-il pas qu’une version d’un événement? Cette fameuse version peut-être modifiée si l’on se convainc suffisamment qu’elle a été autrement, alors, comment la définir? Et, au fait, pourquoi écrire? Pour sa force salvatrice?

Mais Véronique Ovaldé aborde également, avec l’humour et la verve qu’on lui connaît, les thèmes de la culpabilité qui ronge et qui pousse à fuir dans l’espoir, à tort, de la semer. Elle nous parle également de la folie qui blesse, mais qui a aussi le pouvoir de propulser l’autre dans un succès créatif, qui malgré ce qu’il entraîne, n’efface rien des blessures. On retrouve en Maria Cristina cette dualité entre la force qu’elle a développée et la vulnérabilité qui ne l’a jamais quitté.Une question se pose. L’émancipation n’est-elle qu’un mirage?

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique