samedi 28 septembre 2013

Dans la boîte aux lettres cette semaine !

Tiens! Le facteur a eu des petites vacances cette semaine! Bah! Tant mieux pour lui, quant à nous, on en a encore à lire! Voici ce qu'il nous a amené cette semaine :

Les filles de joie, tome 2 - L'heure bleue, de Lise Antunes Simoes,
chez Les Éditeurs Réunis

Ça va aller, de Catherine Mavrikakis, à la Bibliothèque Québécoise

1001 films à voir et à revoir - Édition 10e anniversaire,
de Steven Jay Schneider,
chez Hurtubise

vendredi 27 septembre 2013

Meurtres, humour noir et absurdités!


À Rio dans les années 30 sévit un meurtrier en série qui s’attaque aux femmes avec un important surplus de poids. Dès le départ, on connaît le meurtrier. Il s’agit du propriétaire de la plus prestigieuse entreprise de pompes funèbres de la région, Charon Eusébio. C’est un personnage désaxé. Grand, squelettique, privé de nourriture par sa mère obèse, il se venge maintenant sur les « grosses » en les faisant payer par où elles ont péché.

Un quatuor de professionnels forme une équipe pour tenter d’élucider les meurtres ; l’inspecteur Noronha à l’humeur taciturne, toujours affublé de son cigare, son assistant, Calixto, un jeune homme intrigant, Diana, une journaliste amatrice de vitesse au volant et Tobias Esteves, un ancien policier portugais qui, après avoir été congédié par le service de police, a quitté le pays pour s’établir à Rio et ouvrir une chaîne de pâtisserie. 

La dynamique entre Esteves et Calixto est délicieuse. Ces deux hommes ne peuvent être plus aux antipodes l’un de l’autre. L’un est coloré, rondouillard, perfectionniste, exubérant, a d’excellentes capacités de déduction, une logique implacable et une vaste culture, alors que l’autre est introverti, grand et mince, un peu lent à comprendre, de constitution fragile, plutôt ignare, psychorigide au possible, on se demande comment il se fait qu’il soit devenu inspecteur, puisqu’il menace de tourner de l’œil à l’approche d’une scène de crime. Cela donne lieu à des situations rigolotes. 

C’est une histoire palpitante où l’auteur fait état de sa très grande culture, par l’entremise du personnage de Tobias Esteves, qui est aussi impressionnant qu’attachant. Cependant, il y a un peu trop de noms et de détails, notamment au début. Cela perd le lecteur, entre autres parce qu’ils ne sont pas en français. Les citations en portugais lorsqu’elles ne sont pas traduites frustrent le lecteur, qui a l’impression de perdre son temps. D’autre part, l’humour noir, parfois un peu grinçant est tout à fait succulent. Les nombreuses situations cocasses maintiennent le lecteur accroché. Un moment de lecture qui saura vous mettre le sourire aux lèvres.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


jeudi 26 septembre 2013

Ne ratez pas la deuxième vente d'entrepôt des Éditions La courte échelle



Il est encore temps de profiter de la vente d'entrepôt de La Courte échelle. C'est une très belle occasion de fournir la bibliothèque de vous petits et la vôtre pour un prix dérisoire. 


Des livres neufs et usagés sont vendus à partir de 1 $. Vous trouverez des livres un diverses langues, dont français, anglais, espagnol, italien, mandarin, coréen et arabe.

Rendez-vous à La courte échelle, 160, rue Saint-Viateur Est, bureau 404, Montréal, Québec.


Les heures d'ouverture sont, le vendredi 27 septembre de 11 h à 19 h 
et le samedi 28 septembre de 10 h à 14 h.


Bonne bouquinerie !

Le « roi de la main » rêve de grandeur


Jean Charbonneau nous présente le Montréal d’après-guerre aussi appelé celui du Red Light. C’est une période très propice à la criminalité et à la débrouillardise hors-norme. Chacun essaie de tirer son épingle du jeu par tous les moyens possibles, ou cherche à noyer sa tristesse dans toutes sortes d’abus.
C’est ainsi que Jérôme Ménard, le « roi de la main », s’est construit tout au long de son existence pour enfin être le maître du quartier Saint-Laurent/Saint-Urbain. Il œuvre dans le racket de la protection et s’est bâti une réputation lui permettant d’être à l’abri des gros pontes ayant de vastes territoires. Seulement il désire bien plus. Il veut contrôler tout ce qui touche à « la main », dont la distribution de l’héroïne afin d’assurer l’avenir de son clan. Ce faisant, il va se retrouver confronté au boss de son frère Georges qui ne compte pas laisser partir si facilement ses parts de marché.

Écrit à la façon de scènes de cinéma, dynamiques et souvent courtes, l’auteur nous promène d’époque en époque nous présentant non seulement les personnages dans leur vie actuelle (en 1948), mais aussi leur histoire. De cette façon, on se surprend à trouver attachant des êtres qu’en temps normal nous aurions simplement décriés aux vues de leurs actions souvent violentes. De plus, cet ouvrage nous livre un regard sans voile sur l’histoire de Montréal ainsi que ses dynamiques sociales.

Entre roman noir et peinture sociale du Montréal de la fin 1940, ce livre se dévore avec plaisir. Il faut cependant s’habituer aux sauts temporels qui peuvent être un peu déstabilisants au début, impression surtout marquée à cause de la brièveté des chapitres. Par contre, cette même brièveté associée au style d’écriture rend l’histoire vibrante et accrocheuse. Une découverte à réaliser.

Dominique de Leeuw

mardi 24 septembre 2013

Les souliers de Mandela : voyage initiatique


Fleur Fontaine vit une rupture amoureuse qui la met à mal. Être dans la même ville que son ex s’avère si éprouvant qu’elle cherche un moyen de fuir. Elle reçoit alors une lettre qui lui annonce que sa candidature a été retenue pour effectuer un stage en journalisme à l’étranger. C’est l’occasion de fuir la rupture, le deuil, l’effondrement de sa vie. De combler ce besoin d’évasion, de se plonger dans le dépaysement le plus total. Pour faire le point, pour se retrouver, pour devenir adulte. C’est le cœur en compote qu’elle quitte pour l’Afrique du Sud, où elle sera propulsée à des années-lumière de sa zone confort.

Quand elle y arrive, elle n’a pas vraiment envie d’y être. Pas plus que nulle part ailleurs. Cependant, le paysage du pays ravagé est syntone avec son état intérieur. Elle se laisse donc flotter, sur le pilote automatique, dans ce malaise si omniprésent qu’il est presque confortable, jusqu’à ce que Thomas, le responsable de stage, la secoue pour la sortir de la torpeur dans laquelle elle se maintient avec l’alcool et la drogue.

Au cours de ses missions, c’est avec douleur qu’elle réalise que ce n’est pas parce que l’Apartheid a été aboli que le quotidien et les croyances de gens ont radicalement changé. Elle constate que les préjugés persistent chez de nombreuses personnes et que les citoyens de l’Afrique du Sud ne sont toujours pas égaux. Malgré cela, elle est impressionnée par le bonheur et la joie de vivre des gens qu’elle rencontre. Par leur esprit de combat, leur dignité. D’autre part, elle est confrontée au sentiment de culpabilité qu’elle éprouve face au vécu de l’autre, des injustices subies, même si elles ne sont pas de son fait. D’avoir eu la chance de grandir dans un milieu aisé, de n’avoir pas été confrontée à des coups durs, d’avoir grandi dans un milieu égosyntone. On sent l’impuissance, le malaise, le mal-être qu’elle cherche à circonscrire. Son mal-être est tangible, criant, déchirant. On souffre avec elle.

Tous les personnages d’Eza Paventi sont de toute beauté de par leur profondeur et leur imperfection. Autour de Fleur, il y a des personnages inspirants, d’une humanité bouleversante : Bongiwe, Dudu, Xolilé, Aunti Evi. Si fortes malgré leurs vécus bouleversants. Des histoires si dures qu’elles racontent à Fleur, qui aurait préféré ne pas les entendre. Car, à l’issue de leurs récits de viol, de meurtre, d’extrême pauvreté, une profonde tristesse étreint Fleur et joint l’impuissance qui l’empoignait déjà. Après les avoir rencontrés, Fleur trouvera-t-elle un sens à sa souffrance? Se sortira-t-elle du cynisme dont elle se trouvait atteinte depuis sa rupture? 

Eza Paventi possède une écriture sublime et une impressionnante sensibilité. Elle suscite des réflexions tant troublantes que nécessaires. L’auteur dépeint l’ambiance dans laquelle évolue Fleur avec une acuité qui transporte le lecteur à ses côtés. Tout comme celle-ci, le lecteur se demande comment ces gens peuvent être si intègres, si généreux et si dignes. Ils le sont, un point c’est tout.

Un roman émouvant, inspirant, transcendant.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


dimanche 22 septembre 2013

Une première réussie pour l’opéra Lakmé de Delibes

Crédit photo : Yves Renaud - Opéra de Montréal


Un délice à saveur d’Orient

Au XIXe siècle, Nilakantha, un brahmane récalcitrant à la colonisation de son pays par les Anglais implore les dieux de venger son peuple de l’envahisseur. Alors que le temple secret qu’il occupe dans la jungle est vide, des soldats anglais, Frédéric et Gérald, et leurs compagnes s’y introduisent. Frédéric met le groupe en garde des risques qu’ils courent de se trouver dans le temple de Nilakantha, ce qui convainc le groupe de quitter le temple, hormis pour Gérald, qui s’y cache, curieux de voir Lakmé, la fille du Brahman, dont on dit de sa beauté qu’elle est envoûtante. Lorsqu’ils se voient, Lakmé et Gérald succombent au charme l’un de l’autre, ce qui déplaît à Nilakantha. Celui-ci jure, en plus de venger son peuple de son colonisateur, de donner la mort à l’homme qui a volé le cœur de sa fille.

Avec des décors somptueux et des costumes fabuleux, la coproduction de l’Opéra de Montréal et de l’Opera Australia invite le spectateur au dépaysement durant les trois actes. Les symphonies de l’orchestre sont d’une qualité remarquable et constituent un support idéal à la mélodie des voix. La performance des chanteurs ne peut être remise en doute tant en solo qu’en groupe. Audrey Luna, qui tient le rôle de Lakmé, chante dans un registre tout à fait impressionnant suscitant à chaque fois l’émotion recherchée auprès du spectateur. Cet opéra se révèle être un régal tant auditif que visuel et le temps passe si vite que l’on est surpris que le moment de l’entracte soit déjà arrive ou de retour, si l’on considère le second.

Bien que celui-ci soit en français, il est parfois assez difficile de comprendre les paroles. Pour cela, les sous-titres se révèlent d’une aide précieuse. La mise en scène est quelque peu statique ce qui vient en contraste avec le propos de la pièce et les sentiments violents et profonds qui en sont le sujet. Il est presque impossible de ne pas chanter dans notre tête la musique que l’on entend, mettant ainsi en communion le spectateur et le chanteur.

L’opéra accessible à tous les budgets

La croyance populaire au sujet de l’opéra est que cet art ne s’adresse qu’aux bourses bien remplies. Or, il n’en est rien. On peut y assister pour aussi peu qu’une vingtaine de dollars. De plus, des prix spéciaux sont octroyés aux jeunes. Le coût de l’abonnement 18-30 ans est à 30 $ le billet et les 17 ans et moins bénéficient de 40 % de rabais. Il n’y a donc aucune raison de s’en priver.

Les prochaines représentations de Lakmé auront lieu les 24, 26 et 28 septembre 2013.


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

Dominique de Leeuw

samedi 21 septembre 2013

Dans la boîte aux lettres cette semaine!

Bon samedi!

Les héros, ça s'trompe jamais, tome 1, de Marie Potvin,  chez Goélette

100% 1D - Nous, maintenant - notre groupe, notre histoire,
chez les Éditions de l'Homme

Inside, de Alix Ohlin

Plonger, de Christophe Ono-Dit-Biot
tous deux chez Gallimard

Zagreb, de François Leblanc, chez Triptyque

Je n'ai jamais parlé de toi, ici, de Margan Le Thiec, chez La Peuplade