samedi 31 août 2013

Dans la boîte aux lettres cette semaine !

Le Mouvement naturel des choses, d'Éric Simard,
chez Hamac

Les chroniques d'une fille indigne, de Caroline Allard et Francis Desharnais,
chez Hamac-Carnets

Le cri de la femme serpent - Mélusine et Philémon, tome 4,
de Corinne De Vailly, chez Hurtubise

Prendre un verre avec Bouddha, de Looro Rinzler,
chez Le Jour

Pardonne-lui, de Jodi Picoult, chez Michel Lafon

Le vent en parle encore, de Michel Jean, chez Libre Expression

vendredi 30 août 2013

Une nouvelle société de jeunes surdoués


Reynie, voit une annonce dans le journal pour le compte d’une personne cherchant à recruter des enfants aux aptitudes exceptionnelles. Tout de suite, l’orphelin se sent interpellé. Il y répond avec enthousiasme et se retrouve avec plusieurs enfants soumis à diverses épreuves toutes plus étranges les unes que les autres pour avoir la chance d’être sélectionnés au sein du Cercle Benedict. Reynie se démarque et se rallie les rangs du groupe avec Sticky, Kate et Constance. Les quatre orphelins reçoivent pour mission d’infiltrer une école dirigée par un scientifique déséquilibré dont la principale aspiration est de contrôler tous les cerveaux de l’humanité.

L’histoire de Trenton Lee Stewart est riche en rebondissements et son rythme est relativement soutenu. Les personnages sont attachants et le récit foisonne d’aventures. On aime particulièrement faire travailler nos méninges pour résoudre les énigmes ! Il y a bien quelques longueurs, mais celles-ci ne devraient pas trop faire décrocher les lecteurs.

Tout au long des 540 pages du roman, le lecteur apprend les vertus de la complémentarité de chacun dans le travail d’équipe. La valorisation des aptitudes personnelles de chacun renforce l’estime de soi, une force primordiale dans le développement de leur personnalité. On y décèle également un message sous-jacent : les nouvelles technologies sont bien intéressantes lorsqu’utilisées à bon escient et avec modération. Il en est tout autrement lorsque l’on en abuse ou que l’on s’en sert pour des desseins plus sombres. 

Le deuxième tome sera en librairie cet automne.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

jeudi 29 août 2013

Les amoureux des lettres seront gâtés pour la 19e édition du Festival International de la Littérature


Les écrivains et artistes présents à la conférence de presse 
dévoilant la programmation du 19e FIL © Pierre Crépô
http://on.fb.me/1dvLtFx

Le rendez-vous est lancé pour le Festival International de la Littérature, qui aura lieu à Montréal du 20 ou 29 septembre prochain. L’événement, qui a 19 ans, regroupera pas moins de 200 écrivains et artistes pour le ravissement des amoureux des lettres. En effet, l’univers des mots se mêlera à diverses disciplines artistiques, dont la danse, la musique, le théâtre, pour ne nommer que ceux-là. La population est conviée à participer à une multitude d’activités, allant des lectures publiques, aux films, en passant par des concerts de Slam, des cabarets littéraires.

Des classiques du FIL ayant fait le plaisir des festivaliers, comme Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, Jusqu’où te mènera ta langue, seront de retour cette année. Au nombre des auteurs et artistes présents aux animations sont, Simon Boulerice, Samuel Archibald, Paul-André Fortier et Tristan Malavoy.

Parmi les moments forts prévus, un hommage à Albert Camus sous forme d’écoute dans le noir, d’une lecture de L’étranger, par l’écrivain lui-même. Frissons assurés ! Du côté québécois, Gabrielle Roy sera honorée lors de l’événement La promesse et l’étonnement. On pourra assister à la projection du film Le vieillard et l’enfant, qui met en vedette Lucie Laurier et Jean Duceppe.

Autre moment émouvant, la première lecture publique de l’adaptation théâtrale de Testament, roman de Vickie Gendreau, décédée plus tôt cette année. La pièce sera présentée au Théâtre du Quat’sous en mars 2014.

À travers cette multitude de rendez-vous, le plus bel hommage, à mon sens, est celui qui sera rendu aux adultes en processus d’alphabétisation, dans le Quartier littéraire. On pourra voir des portraits d’eux, grandeur nature, avec à la main de courts textes concernant la lecture ou l’écriture. Cette présentation est réalisée  en collaboration avec La Fondation pour l'alphabétisation.

Ceci n’est qu’un aperçu de la programmation. Pour plus de détails, visitez le site du festival : http://www.festival-fil.qc.ca/2013/

Bon FIL !


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

Code Sara : Fuir ne suffit plus

En ce début d'année scolaire, on vous présente cette semaine quelques chroniques jeunesse. Mais, chers adultes, si vous croyez que ces livres ne sont pas pour vous, détrompez-vous! La littérature jeunesse ne s’adresse pas qu’aux jeunes. Ce roman en est un bel exemple. Il possède tous les éléments pour intéresser un large spectre de lecteurs. Suspense, trahison, crime, pour ne nommer que ceux-là.

Premier tome d’une trilogie, Code Sara met en scène Sara Jane, une jeune fille de 16 ans, d’origine italienne, vivant à Chicago. Sa famille est propriétaires de la boulangerie Rispoli & Fils. Cette famille tissée serrée, voire hermétique, se mêle très rarement aux autres. Pour un œil extérieur, cela pourrait sembler étrange, mais Sara Jane a grandi ainsi, à apprendre à se méfier des autres, à se défendre. Cela s’avérera pratique alors que sa vie prend une tournure inattendue : ses parents et son jeune frère sont kidnappés. Elle-même attaquée, elle doit fuir pour survivre et tenter d’élucider le mystère de ce qui est arrivé à ses proches. Dans sa quête pour retrouver sa famille, elle trouve un mystérieux carnet familial, que ses poursuivants tentent de s’approprier. Tranquillement, elle y découvre un lourd secret familial. 

Rédigée selon la perspective de Sara Jane, dont on ne peut qu’adorer la voix, l’histoire promène le lecteur entre le passé et le présent, l’un permettant de comprendre des éléments de l’autre. On accompagne l’adolescente traquée alors qu’elle plonge dans les méandres de la mafia de Chicago. Le ton est haletant, la tension croissante et l’intrigue bien ficelée, bref, on est conquis !

Une lecture impossible à interrompre !

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

mercredi 28 août 2013

Brèves : C'est le temps de s'inscrire pour le programme de parrainage de l'UNEQ

Crédit image :
UNEQ
L'UNEQ invite les écrivains en devenir désirant parfaire leur écriture de s'inscrire à leur programme de parrainage avec un écrivain professionnel.

Existant depuis 1991, ce programme s'adresse à ceux qui n'on jamais publié ou qui ne l'aurait fait qu'une seule fois.  La durée du parrainage est de quatre mois. Prenez note que les catégories suivantes sont admissibles : roman, nouvelle, poésie, théâtre, littérature jeunesse et essai. Bien entendu, vous devez avoir 18 ans et plus pour être admissible. 

Pour obtenir de plus amples informations quant aux autres règlements à suivre, rendez-vous à la page suivante : http://www.uneq.qc.ca/ecrivains/formations/programme-de-parrainage/

Date limite d'inscription : 20 septembre 2013.

Bonne chance à vous !


Le chant des libellules : le deuil adolescent et la force de l'amitié


Faire face à la mort d’un proche n’est jamais facile. Cet été, Jeff a perdu sa mère, des suites d’un cancer. Le départ de celle qui était proche de son fils et de ses amis donne un goût amer à la rentrée scolaire. Le trio d’adolescents de quinze ans — Jeff, Florence et Sébastien — est, il va sans dire, bouleversé. Alors que Florence et Sébastien cherchent chacun de leur côté comment remonter le moral de Jeff, une nouvelle venue vient se greffer au trio. Des histoires de cœur et de nombreux imbroglios sont à prévoir !

Le chant des libellules aborde le deuil du point de vue de chacun de ces jeunes et de leurs parents. Comment continue-t-on lorsque confronté à la mort ? Comment gérer l’absence ? Quelle aide peut-on apporter à un ami en deuil ? Avec sensibilité et adresse, Pascale Gingras illustre, autour des thèmes du deuil, de l’amour, de l’amitié, l’espoir de manière fort éloquente. Les personnages sont vivants, charmants et touchants de vérité. Les adolescents trouveront à travers eux, je suis certaine, d’inspirantes leçons.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


lundi 26 août 2013

L'atelier des miracles


Jean Hart est un bon samaritain. Il recueille des gens que la vie malmène. Il vient à leur rescousse dans son auberge, L’Atelier des miracles. Son engagement, les remettre d’aplomb en un mois. 

Les bénéficiaires de ses soins que l’on rencontre sont Millie, qui est amnésique après avoir survécu à un incendie dans son immeuble à appartement. Une fille fort complexe, qui a toujours eu du mal à se lier aux autres. Puis il y a Mariette, l’enseignante qui a pété un plomb et qui a giflé l’élève qui la tyrannisait. Elle est la femme d’un puissant homme politique hautain et méprisant, qui sape l’estime de soi de sa conjointe par ses attitudes et agissements. Finalement, il y a Monsieur Mike (remarquez les prénoms qui débutent tous par M), un ancien militaire, maintenant SDF, à qui Jean offre un toit et un job à l’Atelier.

Ces personnages brisés chacun à leur façon se retrouvent à l’Atelier des miracles, à essayer de rebâtir leur estime d’eux-mêmes afin de redonner un sens à leur vie. Ils doivent beaucoup à Jean, cet homme presque parfait, qui affiche toujours un positivisme si exagéré qu’il en est louche. Tout au long du récit, le lecteur passe son temps à se demander quel est son truc à celui-là. C’est un homme fort nébuleux dont les motifs le sont tout autant. On le voit craquer, vers la fin, sans toutefois avoir été en mesure de mettre le doigt sur son problème avant. Les pensionnaires apprendront à connaître Jean et à percer le mystère qui l’entoure. Peut-être n’est-il pas aussi parfait qu’on pourrait le faire croire. 

Dans ce dernier roman, l’auteure exploite les thèmes de la solitude, des secrets, de culpabilité, d’espoir, de deuxième chance. Mais la grande question demeure l’altruisme. Qu’est-ce que l’altruisme ? Existe-t-il vraiment dans son sens désintéressé ? Soyons honnêtes : l’altruisme, cet élan à faire du bien à l’autre, c’est toujours dans le but de se réparer. Il n’y a pas de réel altruisme. L’acte à 100 % altruiste est une utopie, car, quoi que l’on fasse, l’objectif ultime, c’est de se faire du bien. Il n’y a pas de mal à ça, puisque l’autre en bénéficie également. Mais l’aide-t-on réellement — parfois à son détriment — ou s’aide-t-on soi-même bien plus ? Une autre question qui se pose : jusqu’où va-t-on pour aider l’autre ? Ces réflexions sont amenées subtilement, bien qu’elles reviennent tout au long du livre, comme autant de chance pour le lecteur de se positionner à ce sujet.

Valérie Tong Cuong possède une écriture soignée. La structure du récit est sans faille. La principale force du roman réside dans la construction de ses personnages. L’auteure leur donne voix, chacun leur tour. Ils sont bien circonscrits, possèdent un langage qui leur est propre, ce qui permet de cerner davantage leur unicité et de s’y attacher, de vouloir les prendre sous notre aile, nous aussi.

Ce qui me plaît particulièrement, c’est que l’auteure s’est gardée de faire dans la psychologie à deux balles, ce qui aurait pu être facile, vu le sujet. Elle s’est concentrée sur les personnages plutôt que sur des concepts à transmettre, des leçons à passer. Ce qui est tout à son honneur.

Une lecture que l’on quitte avec dans le coeur, les personnages, et une question : l’aide a-t-elle un prix ? Et quel est-il ?


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

dimanche 25 août 2013

De la chaleur dans votre été... plutôt frisquet


Trois jeunes enseignantes se paient des vacances dans un « tout inclus » au Mexique, pour tromper la déprime due à la grisaille. Cela donne lieu à un condensé d’aventures parfois loufoques, mais pas moins réalistes pour ce genre d’endroits. Qu’il s’agisse de la piscine dans laquelle les vacanciers urinent (mais à quoi vous attendiez-vous quand l’alcool coule à flots et qu’il y a un bar « dans la piscine » ?), des aventures avec les « locaux », des villages que l’on vous fait visiter, théâtres de mises en scène qui sont de véritables attrape-touristes. Bref, vous voyez le topo.

Certaines se trouveront dans des situations humiliantes, d’autres poseront des gestes qui pourraient mettre leur couple en péril. Comment feront-elles pour se dépêtrer des problèmes dans lesquels elles se sont embourbées.

Une belle petite brique qui se lit bien et rapidement, mis à part un bémol - toujours le même pour cette auteure -, certains mots jurent, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas du même niveau de langage que le reste du texte, il y a trop d'adverbes, un peu comme si l’auteure en faisait trop.

Outre cela, c’est frais, enjoué et rigolo. On s’amuse des pitreries des filles et on reconnaît certaines anecdotes racontées autour d'un café, lors du retour de voyage d’une collègue ou amie. C’est une lecture parfaite pour les amatrices du genre, les nostalgiques et les curieux à propos des voyages dans le Sud, ou simplement pour se dépayser en se bidonnant.

L'auteur prolifique nous présentera bientôt la suite : Ce qui se passe au congrès, reste au congrès !

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique