mardi 30 avril 2013

Nos courses autour du monde : souvenirs partagés


Je ne sais pas si comme moi vous avez suivi la Course destination monde. Chez nous, c’était un rituel de regarder l’émission en famille le samedi après-midi. Au départ, en 1976, c’était la Course autour du monde qui nous rassemblait. Au fil des années, le concept a été modifié et a changé d’appellation. Lorsque j’ai eu 19 ans, j’ai voulu, avant d’entreprendre mes études universitaires, m’inscrire comme participante. Malheureusement, ce projet ne s’est jamais réalisé, mais j’ai continué à rêver de me rendre à travers le monde pour y réaliser des documentaires. C’est donc avec enthousiasme que j’ai pris connaissance de ce recueil de récits de coureurs.

Le document collige les réflexions, les photos et les anecdotes de onze coureurs. Ils révèlent également l’impact qu’a eu la course dans leur vie. Pour plusieurs, cette école à la dure a été celle qui a eu le plus d’impact dans leur vie. De nombreux coureurs ont poursuivi pour devenir réalisateur et les acquis de la course sont toujours avec eux, solides. Parce qu’il faut dire que tout cela se passait avant l’époque numérique. Seuls, ils devaient tout faire. Ils dessinaient les plans-séquences et envoyaient leurs cassettes afin que le montage soit fait à Montréal. Ils avaient peu de ressources et travaillaient avec des délais serrés.

Le cinéma québécois s’ouvre de plus en plus sur le monde. Plusieurs scénaristes émergents réalisent des films dont l’action se passe ailleurs dans le monde. Je crois que la course n’est pas étrangère ce phénomène.

Si comme moi, vous avez aimé les « Courses » ou si vous êtes curieux de savoir ce que l’on peut vivre alors qu’on se trouve seul dans un pays étranger dont on ne connaît ni la langue ni la culture pour y confectionner un reportage en une semaine, je vous recommande chaudement ce recueil.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

lundi 29 avril 2013

Nouveaux parents, stimulez vos poupons !



Mon bébé j’en prends soin contient des informations de base que doit connaître tout nouveau parent. Qu’il s’agisse de la préparation du bain, de l’allaitement au sein ou au biberon, de jeux pour stimuler le nourrisson, de la lecture pour l’intéresser, des conseils en cas de maladie, etc. Y sont également abordées l’usage et l’entretien des couches réutilisables et la confection d'une écharpe de portage, pour les parents désireux d’y avoir recours.

Outre la mine de suggestions, les parents aimeront bien son petit format, facile à feuilleter ainsi que ses illustrations qui simplifient la mise en pratique des recommandations. De même, les rubriques sont très détaillées et bien documentées.

Un livre à avoir sous la main.



Tout parent souhaite le bon développement de son bébé. En revanche, bien que l’on ait une idée générale de ce qui se passe entre la naissance et deux ans, il n’est pas toujours aisé de savoir comment favoriser une aptitude précise, telle que la motricité fine, la coordination œil-main, notamment. Or, le jeu est d’une importance capitale dans le développement du cerveau et le renforcement des muscles impliqués dans la marche est indéniable. Voici l’intérêt de Mon bébé futé. Divisé en trois sections selon l’âge, l’ouvrage propose des exercices variés permettant de stimuler l’éveil du nourrisson. Pour chaque activité, on en retrouve la description, ce qui est nécessaire pour la mener à bien ainsi que les bienfaits encourus et des conseils de sécurité. Il y a également des cases pour cocher si votre trésor a apprécié ou non l’activité.

On aime bien l’illustration de la chronologie du développement, facilitant la situation de son poupon quant aux diverses étapes que traversent les tout-petits. L’aspect visuel est attrayant et les informations sont justes, formant un tout convivial.

Un atout pour les parents de nourrissons.


dimanche 28 avril 2013

Des nouveautés chez Québec Amérique Jeunesse !


Pétronille semble avoir un don particulier. Lorsqu’elle a décidé d’ajouter un pays sur la carte du monde, celui-ci apparaît étrangement dans le dictionnaire. Pourtant, ce lieu n’existe pas! Qu’à cela ne tienne, la famille entière part découvrir cette singulière où Pétronille est la reine. C’est la joie! Dès qu’elle prononce un mot, les choses se matérialisent devant elle. Seul problème, elle a perdu plus son chien Caméléon. Malgré ses nombreux appels, il reste introuvable. Il n’y a qu’un vrai caméléon qui se promène dans les parages. Retrouvera-t-elle son chien adoré ?

C’est une jolie histoire que ce deuxième tome de la série Pétronille et Pétillo. On adore cette charmante Pétronille à l’imagination débordante. Les illustrations à la façon dessins d’enfants et les typographies de différentes grosseurs accrochent l’attention des tout-petits autant que l’aventure des personnages. Rigolo tout plein!




Saviez-vous qu’en France, les chiens ne font pas wouf wouf comme au Québec, mais ouah ouah, et qu’en Corée ils font meong meong ? Moi non plus. Les onomatopées ne sont pas universelles, pas plus que les expressions. Ce n’est qu’un aperçu des nombreuses choses que l’on apprend en lisant Cocorico!

François Gravel propose une excellente façon de s’intéresser à la linguistique. On rigole bien devant les exemples de traductions ratées, on constate que le français n’est pas la langue la plus complexe à écrire, que ce qu’on appelle le « chinois » n’existe pas, mais qu’il y a plutôt au moins neuf langues parlées en Chine.

Quel ouvrage fascinant, instructif et amusant! De quoi se cultiver en se divertissant. À mon avis, il n’y a pas que les enfants de plus de 10 ans qui apprendront, mais les adultes également.

samedi 27 avril 2013

Dans la boîte aux lettres cette semaine !

Cette semaine encore, le facteur avait les bras chargés. Il m'a dit que tant qu'il était sur ce trajet, il n'avait pas besoin de faire d'exercices de musculation pour ses bras. On est bien content de contribuer en plus à la forme et la santé de notre facteur! Voyez ce qu'il nous a remis, avec son éternel sourire!


Gaïg - Livre 2, de Dynah Psyché, chez Michel Quintin

Motel Lorraine, de Brigitte Pilote, chez Stanké

Cuisine Camping, d'Alexandra Leduc, chez Modus Vivendi

Les maîtres de Pentacles, tomes 1 et 2, de Mario Fecteau, chez Michel Quintin

L'insoumise, tome 3 - Libre, de Laurent ChabinLes chevaliers de l'apocalyspe, tome 2 - Le rêve, de
Chronos, tome 1- Le manuscrit, de Marc Desrochers
tous chez Michel Quintin

Et flanent les ombres, tomes 1 et 2, de Nicolas Faucher, chez Michel Quintin

jeudi 25 avril 2013

Avec une minute de battement


André Marois nous plonge, avec son roman, dans un futur ou plutôt dans une réalité parallèle à la nôtre. Officiellement identifiée à la fin des années 1950, «la Fonction», à usage unique, permet à tout un chacun de revenir dans le temps à hauteur d’une minute, permettant ainsi de modifier ce qui s’est passé.

Par l’entremise de Frank, un ancien militaire reconverti en garde du corps, l’auteur présente l’influence et les abus que pourrait entrainer une telle option. Après avoir utilisé sa «Fonction» pour effacer une horreur qu’il a commise, Frank doit vivre avec sa conscience. Et c’est là que se trouve la principale réflexion du livre. Pouvoir effacer un événement peut paraitre alléchant, mais il faut vivre avec les conséquences de l’acte même si la personne l’ayant réalisé est la seule à le connaître.

Bien qu’il eut été facile de tomber dans une représentation manichéenne du bien et du mal, la vie est décrite telle qu’elle est, constituée de zones grises. On y retrouve des personnages idéalistes, déchirés, sombres et parfois même franchement désaxés. Au travers du club des fonctionnalistes, l’auteur nous mène par la bande à la réflexion sur nos actes, nos désirs et leurs conséquences.

C’est un livre constitué de chapitres courts qui se lit très bien. Il est agréable et recèle une dynamique captivante. Bien qu’étant un roman basé sur une facette surréaliste de la vie — «la Fonction» — l’univers décrit et la pensée qui en ressort sont loin d’être de la science-fiction, mais simplement un léger décalage de notre univers habituel.

Dominique de Leeuw

mercredi 24 avril 2013

Retour sur les lieux de son enfance


Alain Mabankou a quitté le Congo pour aller étudier en France. Comme pour beaucoup d’expatriés, les années ont filé et il a fallu que 23 d’entre elles passent avant qu’il ne retourne sur les lieux qui l’ont vu grandir.

Invité par l’Institut de France à prononcer des conférences, il arrive à Pointe-Noire, sa ville d’origine. Sa mère étant morte en 1995, il y retrouve plusieurs autres membres de la famille : oncles et tantes, cousins et cousines. Ils nous sont tous présentés par l’entremise de souvenirs qui surgissent à la mémoire de l’auteur. On a aussi la chance de voir une photo de chacun d’eux, ce qui nous les rend si vivants.

Tous attendent quelque chose de lui. Ils veulent de l’argent, des services plus particuliers, certains demandent même à être un personnage dans son prochain roman. Il est carrément assailli de toute part. À un point tel qu’il évite certains endroits. Son voyage doit également lui permettre de se retrouver seul, dans ces lieux pour intégrer le cheminement qu’il a fait de même que les sentiments évoqués par ce retour à ses origines. Il se trouve en décalage dans cette ville qui n’est plus conforme à ses souvenirs, hormis pour l’importance de l’animisme, toujours aussi répandu, ainsi que quelques pratiques ayant encore cours.

Lumières de Pointe-Noire aborde en plus la notion de l’identité de l’expatrié. Maintenant, tant de choses sont différentes. Les lieux et lui ne sont plus les mêmes. Après toutes ses années aux États-Unis où il enseigne la littérature francophone à U.C.L.A, il est considéré par les Congolais comme un Américain. Aux États-Unis, il est vu comme étant Africain. Quant à lui, en fait, il n’est plus totalement Congolais, mais pas totalement Américain. Dans un monde où l’on aime classer les gens dans une petite boîte, ce statut peut être en quelque sorte inconfortable. Autant pour celui à qui on l’a attribué que pour les autres. Cette nécessité de voir les réalités, incluant les identités, soit noires ou blanches (sans jeu de mots) est dérangeante. Que fait-on des zones grises? Comment se fait-il que l’on n’ait pas encore appris à les apprivoiser? Bref, l’expatrié devient un étranger au sein de sa patrie d’origine.

Je suis entrée de plain-pied dans ce roman. Alain Mabankou a cette capacité à nous tenir. Il y a une simplicité qui se dégage de sa prose qui est, en outre, bien travaillée. L’histoire de cet homme qui retrouve ses racines est touchante et interpellera quiconque a un jour quitté sa ville, son pays, ou ceux dont les proches ont fait ce long voyage. Une lecture coup de cœur pour moi, bien que je sois toujours restée dans mon pays.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique