dimanche 31 mars 2013

Entretien avec Marie Potvin, auteure de comédies romantiques



Marie Potvin est auteure de Il était trois fois... Manon, Suzie, Flavie. À l'origine, les histoires de ces trois filles ont été publiées séparément et en format numérique exclusivement. Les Éditions Goélette ont eu la brillante idée de les colliger en un seul roman en format papier. 

Curieuse insatiable, la Bouquineuse boulimique a posé quelques question à l'auteure. 

Qu'est-ce qui t'a fait passer du numérique au papier?

Je remercie ma bonne étoile… ce fut une offre spontanée de la part des Éditions Goélette. Le papier n’était pas comme tel dans mes projets à court terme puisque mes romans numériques prenaient leur envolée. Comme ce nouveau projet n’affectait en rien mes publications numériques, la transition s’est fait naturellement.


Quelles sont les principales différences, selon toi, entre l'édition numérique et l'édition papier

Dans l’édition numérique, le processus est plus rapide. Je ne parle pas ici du travail d’écriture, de correction et d’édition du texte comme tel, cette partie reste tout aussi exhaustive dans les deux mondes. Ce qui va plus vite, c’est la mise en marché. Aussi, même s’ils s’entrecroisent, les publics « papiers » et « numériques » ne sont pas les mêmes.


Y a-t-il des choses dans la version papier qui ne sont pas dans les versions numériques?

Oui, absolument. En liant ensemble trois romans d’une même collection, j’ai pu saisir l’occasion pour écrire des scènes « bonus » !


Peux-tu espérer que tes séries « Les héros, ça s'trompe jamais » soient publiées en version papier? 

Les discussions sont enclenchées…


Projettes-tu de publier en Europe?

C’est certainement dans mes projets à moyen terme, surtout qu’avec la couverture que rejoignent les publications numériques, j’ai déjà des lectrices d’outre-mer. J’aimerais beaucoup élargir mes horizons.


Tu as choisi d'écrire de la romance, pure et dure. Qu'est-ce qui t'attire de ce genre littéraire?

Écrire de la romance, c’est jouer avec l’art de créer et jouer avec les émotions, de faire rêver, de s’évader dans des contextes qui ne seraient pas accessibles dans la réalité. J’ai l’impression de jouer à la fée marraine qui envoie Cendrillon au bal. J’aime veiller à ce qu’on en redemande, lorsque le livre une fois terminé, se change en citrouille.


As-tu déjà été une grande lectrice de romance

Évidemment! En même temps que d’avoir lu la littérature classique, j’aime aussi l’historique, le policier, et dernièrement, je m’initie à l’horreur!


Laquelle des trois héroïnes te ressemble le plus?

Suzie, pour son insécurité et sa capacité d’écoute.


Laquelle te ressemble le moins?

Manon, pour son sens du risque!


Qu'est-ce qui t'inspire?

Les gestes de générosité ou de courage.


Lorsque tu entreprends l’écriture d’un roman, d’où pars-tu? Comment se mettent en place tes idées? 

Je pars d’un thème, d’une mise en situation particulière qui sera fertile en action et croissance pour les personnages.


As-tu des rituels d’écritures, des moments ou lieux plus propices à l’écriture?

N’importe quand, dès que je peux m’installer devant mon clavier. Souvent dans ma chambre, la porte fermée.


Quels sont tes moteurs d’écriture?

Si par moteur, on parle de ce qui me permet de persévérer, il y a certainement ma collaboratrice, l’auteure Catherine Bourgault, qui me suit à chaque étape. L’accompagnement est important pour moi.


Que t'apporte l’écriture?

Le sens du travail accompli, le privilège de vivre une passion créative qui fait du bien !


Quand trouves-tu le temps d’écrire, avec le travail et la lecture?

On trouve toujours le temps pour ce qui nous tient à cœur.


Comment vis-tu le processus d’écriture? De façon technique, mais aussi de façon intérieure.

Le processus d’écriture d’un roman me fait souvent vivre les mêmes étapes. Un début inspiré et fluide, pour ensuite me heurter aux décisions importantes qui décideront de la direction du roman, c’est la partie la plus ardue. Ensuite la fin, où les éléments mis en place tout au long de l’écriture se bouclent d’eux-mêmes.  C’est toujours vers la fin que l’euphorie de l’écriture prend tout son sens.


Quels sont tes prochains projets?

Mon ordinateur est rempli de projets entamés, d’idées effleurées. Ils deviennent de vrais projets quand je ne peux plus m’en séparer. Cela dit, ça reste à voir…


Tu viens de faire l'expérience de ton premier salon du livre en tant qu'auteure, au Salon du livre de Trois-Rivières. Comment as-tu vécu cette expérience?

J’ai adoré ce contact direct avec les gens, voir leur regard s’illuminer lorsqu’ils découvrent par mes explications ce qui se cache sous la couverture. J’ai aussi eu le plaisir de rencontrer plusieurs auteurs que je ne connaissais pas. Sans oublier la vie d’hôtel, pas de ménage à faire… Le rêve…

Il était trois fois... Manon, Suzie et Flavie : la chronique ici !

samedi 30 mars 2013

Dans la boîte aux lettres cette semaine

Quel beau weekend de Pâques ! Nous le célébrerons, non pas avec du chocolat, mais des livres. Ceux que nous avons reçus et ceux qui nous offrirons! Bon ok, avec un tout petit chocolat. Ben quoi!? Faut bien se sucrer le bec un tout petit peu, non?

Conquistador, de Paul-Christian Deroo chez Recto-Verso

Remèdes pour la faim, de Deni Y. Béchard

Traders, hippies et hamsters, de Marina Lewycka
tous deux chez Alto

Le jour où j'ai largué mon ex, d'Emma McLaughlin et Nicola Kraus chez Michel Lafon


Mini Passepeur  - Les mauvais jeux de Mimi Bouh, de Richard Petit chez Boomerang

2054, d'Alexandre Delong chez XYZ Éditeur

Mâle, femelle et autres espèces animales, d'Évelyne Gauthier chez Les Éditeurs Réunis


No Steak, d'Aymeric Caron chez Fayard


Terre à bois, de Sylvain Hotte chez Goélette

Mãn, de Kim Thuy chez Libre Expression


Zâa, tome 4 - Le Medzador, d'Élodie Tirel

Luna, tome 11 - Le baiser de l'araignée, d'Élodie Tirel

Aînako, tome 4 - Les pierres jumelles, d'Ariane Charland

tous trois chez Michel Quintin Éditeur



Joyeuse Pâques !

vendredi 29 mars 2013

De la vertu du dialogue ouvert pour une meilleur compréhension


L’idée de ce livre est tout à fait intéressante. Un échange de courriels entre un militaire et une femme qui se dit antimilitariste. C’était assez pour piquer ma curiosité. Que se racontent-ils? Le font-ils ouvertement? Comment chacun d’eux a-t-il pu tirer parti de cette longue correspondance?

Je ne suis pas proguerre. Je ne me suis jamais particulièrement considérée comme antimilitariste. Je ne suis pas nécessairement une personne qui juge les autres facilement. Déformation professionnelle de sexologue, façon d’être tout court. Cependant, j’étais bien au courant que là où j’avais plus de mal, c’était justement envers le milieu militaire. J’ai toutefois fait l’effort de me lancer dans cette lecture en mettant mes à priori de côté… autant que possible.

Je dois vous dire que j’ai pris mon temps pour lire ce livre. En premier, parce que son contenu porte à la réflexion, à l’ouverture. Il pose des questions sérieuses, voire graves.

On veut un monde meilleur où chaque humain est important. Mais à quel prix? Celui de la vie des nôtres? Y a-t-il des alternatives à la guerre? Est-ce qu’aller prêter main-forte à d’autres peuples constitue de l’ingérence? Doit-on le faire? Deuxièmement, ce que rapporte Patrick Kègle est parfois troublant. Il est témoin et quelques fois victime d’événements qui sont inconcevables pour nous qui sommes bien en sécurité chez nous. C’est un monde totalement différent.

Au fil des pages, on se rend compte que si l’on veut un monde meilleur, il faut passer à l’action et que cela signifie dire d’intervenir dans d’autres pays. Que les missions pacifiques deviennent parfois plus musclées, qu’on n’a pas vraiment le choix pour atteindre nos objectifs. Patrick Kègle nous fait clairement comprendre que l’on ne fait pas une guerre à la religion elle-même, mais à l’oppression, à la torture et toutes formes de sévices infligés aux innocents. Ceux qui leur réservent ces traitements ne veulent pas lâcher le pouvoir qu’ils exercent et désirent le garder à tout prix. Il faut parfois prendre les armes pour le bien de tous.

Cette correspondance nous confronte à nos valeurs, quelle que soit notre position idéologique. L’expression des points de vue diamétralement opposés des auteurs nous permet de nous forger notre propre opinion, avec plus d’information. J’ai été impressionnée par la façon dont le caporal répondait à certains commentaires plutôt piquants, mais toujours respectueux, de Roxanne Bouchard. Je la suspecte presque d’avoir fait exprès pour susciter une réaction chez son interlocuteur et ainsi valider sa thèse de départ qui voulait que les soldats soient des agressifs. Hé! bien elle a fait chou blanc! Dès ce moment, on sent ce lien tangible qui s’est créé entre les deux. Au-delà du sujet même de leurs discussions, En terrain miné aborde l’amitié improbable entre ces deux personnes. On y cerne clairement l’importance d’avoir une relation significative avec quelqu’un qui ne fait pas partie de l’environnement direct des militaires afin de pouvoir parler, du pays qu’ils représentent, de tout, de rien et de ce qu’ils vivent, sans avoir peur d’inquiéter leurs proches. On constate le besoin de soutien avant, pendant et après les missions.

Un livre que chaque citoyen devrait lire afin de se sensibiliser à l’horrible réalité de ces hommes et femmes que l’on reconnaît trop peu pour les risques qu’ils prennent.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


jeudi 28 mars 2013

Une comédie romantique digne de ce genre !


Amatrice de littérature romantique, voilà un roman que vous aimerez sûrement!

Parus au départ en format numérique sous les titres de Suzie et l’homme des bois, L’aventurière urbaine et Le retour de Manon Lachance, les trois premiers romans de Marie Potvin sont maintenant réunis dans un seul et même roman Il était trois fois… Manon, Suzie, Flavie.

La collation de ces trois livres a bien sûr demandé l’ajout de quelques scènes inédites afin de lier le tout ensemble. L’exercice est plutôt réussi, quoiqu’on aurait aimé un peu plus de matière au début. Je note également un léger travail de réécriture ou de correction, ce qui a pour effet d’améliorer le texte des versions originales.

Manon vient de s’acheter une vieille maison après avoir touché un héritage. Lorsque son employé doit la laisser tomber, une personne de son passé rapplique pour l’aider. Le beau Martin. Le problème? Un conflit non résolu fait rage entre eux et Manon n’est pas prête à lui pardonner. Toutefois, elle a grandement besoin d’un coup de main. Comment s’en sortira-t-elle?

Lorsqu’elle se retrouve seule femme dans les bois avec une douzaine d’ex-détenus, Suzie se demande bien dans quelle aventure son impulsivité la conduite. Au milieu de nulle part, sans expérience de la forêt, elle se met dans diverses situations loufoques ou même potentiellement dangereuses. Peut-elle faire confiance à Frank, l’organisateur du projet?

Flavie décide de prendre sa vie en main et de quitter le foyer familial. Elle se cherche un appartement sur le Plateau Mont-Royal quand elle tombe sur un gentil jeune homme qui dit avoir un logement à louer pour pas cher. Ça semble presque trop beau pour être vrai. Elle découvrira rapidement qu’elle se trouve coincée entre deux frères qui se livrent une guerre dans laquelle elle sert de munition. Souhaitant ne pas s’attirer de problèmes, elle essaie de tirer cette situation au clair tout en préservant l’amitié d’Hugo et en tentant de ne pas succomber aux charmes de Mathieu… Mission complexe s’il en est une!

Dans leur ensemble, les trois histoires sont passionnantes. La lectrice butera quelques fois sur certains dialogues qui semblent un peu moins naturels, mais cela ne l’empêchera pas de passer un très bon moment de lecture. Les personnages sont typiques de ce genre littéraire. Ils sont crédibles et ont de la profondeur. Plusieurs s’y reconnaîtront. Les filles sont attachantes, même si parfois on trouve qu’elles sont un peu naïves. Mais… qui ne l’a pas été dans certaines circonstances de la vie?

Une grosse brique qui se dévore en un temps record!