jeudi 28 février 2013

Une lumière enveloppante de réconfort


Le chanteur Nicola Ciccone présentait le mercredi 27 février à l’Hôtel Nelligan, son tout premier livre, L’étoile enfant.

Le conte, destiné au 7 à 107 ans, met en scène Bellatrix une géante bleue, une étoile qui fait partie de la constellation d’Orion. La pauvre trouve le temps long, là-haut dans le ciel. Il faut dire qu’elle a déjà quelques millions d’années-lumière. Elle se plait beaucoup à regarder la Terre, fascinée qu’elle est par les humains et l’intensité de leurs sentiments. Un peu comme l’homme de fer blanc du Magicien d’Oz, elle est curieuse de ressentir de tels élans, plus particulièrement l’amour. Elle aimerait tant explorer la Terre pour en faire l’expérience. Le problème c’est qu’elle est mille fois plus grosse que la planète bleue... Comment peut-elle réaliser son rêve, dans de telles conditions?

Fort débrouillarde, elle trouvera un moyen d’aller sur terre pour une petite période. Elle vient donc au monde, bébé tant désiré par des parents. Selon le processus de développement normal d’un enfant. Normal, enfin, il faut dire qu’elle est toujours une étoile à l’intérieur! Au cours de son évolution, elle y découvrira l’amour, l’amitié. En plus de ses sentiments, elle apprendra aussi des vertus et valeurs, tels le courage, la liberté, la foi.

Écrit en toute délicatesse et avec toute la poésie que l’on connaît à l’auteur-compositeur-interprète, le livre plaira à tous ceux qui apprécient les contes. Il faut aimer ce genre littéraire, sinon l’adulte aura plus de mal avec les premières pages, dont le ton semble plus approprié pour les enfants. Il est compliqué de réussir un texte qui s’adresse tant aux enfants et aux adultes. On doit se situer dans une zone médiane parfois difficile à maintenir. Ici, Ciccone réussit assez bien l’exercice.

En plus d’entretenir le lecteur au sujet de valeurs socialement et personnellement souhaitables, l’intérêt de L’étoile enfant, c’est surtout d’aborder la mort infantile. Offrant une vision réconfortante de ce phénomène si douloureux, il rejoindra plus spécifiquement les adultes dont un enfant est décédé. Il s’agit également d’un bel outil pour expliquer aux plus jeunes la départ d’un enfant qui a été près d’eux. Le ton positif et la grande sagesse exprimée par Bellatrix favorisent l’apprivoisement de la perte. Un rayon de lumière dans l’obscurité.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


samedi 23 février 2013

Dans la boîte aux lettres cette semaine

Voici les nouveautés de la semaine! On est heureux !


Barbelés, de Pierre Ouellet, les Éditions Sémaphores

La prison de l'urgence, de Jean-Jacques Pelletier, Hurtubise

L'Étoile enfant, de Nicola Ciccone, Libre Expression



Fausses notes, de Louis-François Dallaire

Match imparfait, de Joanie Godin

les deux chez les Éditions de Mortagne



Cocorico!, de François Gravel et Katy Lemay

Pétillo #2, de Michèle Marineau et Manon Gauthier

tous deux chez Québec Amérique


jeudi 21 février 2013

Du plaisir à portée de bouche


C’est aujourd’hui que sort Le grand livre de l’érable de Philippe Mollé. Vous allez peut-être vous dire : « Encore un!». Eh bien non! C’est plus qu’une simple liste de cuisine. En effet, l’auteur nous fait découvrir, avant toute chose, l’histoire de la production des produits de l’érable en commençant bien sûr par le plus ancien : le sirop. Il est intéressant d’y  apprendre que ce produit très antérieur à l’arrivée des colons en a subi malgré tout l’influence. Cela s’est principalement traduit par une concentration du sirop et une diversification des divers produits dérivés. Mais ce n’est pas tout, la classification des sirops ainsi que les qualités des beurres et sucres n’auront plus de secret pour vous.

Une fois votre appétit intellectuel rassasié, il est temps d’assouvir le désir de vos papilles gustatives, et en cela, les recettes sont nombreuses et plus alléchantes les unes que les autres. Personnellement, j’en ai ciblé quelques une dont, évidemment, une magnifique tarte au sirop d’érable. Mais ce qui est agréable dans cet ouvrage, c’est que je me suis surpris à découvrir des recettes que je ne soupçonnais pas, car il est loin de n’y avoir que des desserts.

Ainsi, après la lecture de ce « grand livre de l’érable », je suis certain que vous allez vous précipiter chez votre marchand pour faire le plein de ce succulent nectar ainsi que de ces sucres.

Dominique de Leeuw

mercredi 20 février 2013

Gel nocturne : Plus qu’une simple enquête


Ce roman nous entraine en Norvège du côté de Hamar. Tout commence par une mise à mort, puis quelques mois plus tard la police entre en scène. C’est ainsi qu’un corps, le crâne défoncé, est retrouvé en forêt. L’enquête est alors confiée au commissaire Valmann. À cela s’ajoute la découverte macabre d’un couple très en vue de la région : le mari, mort d’une balle dans la tête, la femme, les os brisés après une chute. Bien que non responsable de l’enquête, Valmann ne peut s’empêcher de chercher les causes de ce drame, voire de ce meurtre, puisqu’il connaissait ces deux victimes.

L’auteur nous plonge alors, doucement, mais surement, dans les coulisses d’un monde qui était, jusqu’alors, considéré par tous comme exemplaire. Bien qu’il s’agisse d’un roman policier, l’énigme n’est pas le sujet principal durant la première partie du livre. Elle est plutôt un prétexte pour explorer les relations interpersonnelles tant entre les policiers qu’au sein du couple formé par deux représentants de la loi. Valmann se révèle être un personnage complexe qui doit gérer son passé et réussir à s’en détacher afin de faire avancer ses recherches. Mais cette interaction entre son passé et les victimes est aussi ce qui lui permet d’appréhender le sujet sous un autre aspect et de voir des pistes là où d’autres refusent de s’aventurer.

Knut Faldbakken nous livre ainsi un récit très intéressant et où fourmillent rebondissements et réflexions. Gel nocturne vous accompagnera avec brio au cours de vos soirées de lecture, et ne l’oublions pas, il s’agit d’un très bon livre policier. L’écriture est rafraichissante, dynamique et change avec bonheur du style anglo-saxon.

Dominique de Leeuw

mardi 19 février 2013

Une quête palpitante dans le Grand Nord


Dans le Grand Nord canadien, en 1910, on retrouve une tribu d’Inuit frappée par une malédiction : tous les animaux ont disparu et la bande est menacée de famine. Afin de conjurer le mauvais sort, le clan envoie trois jeunes chasseurs, Poutoulik, Markussi et la Apik à Sarila, un lieu magnifique où c’est l’été à longueur d’année, pour demander le pardon de la déesse Sedna. Ils sont accompagnés de Kimi, un lemming adopté par Apik. C’est d’ailleurs lui qui relate leurs mésaventures, car bien sûr, ils seront rudement mis à l’épreuve durant leur périple.

La légende de Sarila est une charmante histoire. Marielle Bernard a écrit le roman à partir du scénario du film, bientôt en salle. D’une plume brillante, sensible et vive, elle transmet plusieurs informations sur le mode de vie des Inuits. On y retrouve également les valeurs de solidarité, de courage, de persévérance, d’amour et d'esprit de groupe. Tout est amené sans complaisance. Et que dire des personnages, si attachants qu’on souhaite ardemment leur réussite? Le voyage se révèlera initiatique pour les quatre compagnons, chacun transcendant ses résistances pour assumer leur potentiel, leurs désirs et être pleinement eux-mêmes. Le ton est enlevant, le lecteur est captivé tant il a l’impression d’être au cœur de l’action. Du côté éditorial, notons aussi la jolie mise en page agrémentée de quelques petits dessins sympathiques.

Le film d’animation sera sur le grand écran à compter du 1er mars.

Pour les 8 à 12 ans

La légende de Sarila
Marielle Bernard
Bayard Canada
19,95 $/15 €

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

lundi 18 février 2013

Du choc culturel à l'acclimatation


Dans Chronique de la dérive douce, Dany Laferrière livre ses observations sur la réalité des nouveaux arrivants.   Le choc culturel du est grand. La richesse ambiante, alors que les nouveaux arrivants viennent de la pauvreté et continue de la vivre ici. La température est brutalement différente. Les normes sociales également. Le dépaysement dû froid de l’hiver et des différences culturelles du Québec est d’une justesse saisissante. L’auteur nous renvoie un portrait du Québec qu’on ne connait pas si on est né ici.  

Il y est aussi question d'aventures sexuelles, de cette liberté sexuelle propre aux années '70. Celles-ci nous semblent un peu improbables de nos jours, mais décrivent habilement l'ambiance de l'époque. On découvre que c’est grâce aux femmes, qui l’ont materné et qui l’ont nourrit, que Dany Laferrière a survécu lors ses premières années au Québec.

Tous les Québécois qui ont peu voyagés (et ceux qui ont voyagés) devraient lire ce livre pour vivre les sentiments qu’apporte l’exil, l’inconnu d’une nouvelle vie. Ceux qui veulent refaire leur vie ici devraient aussi le lire afin de défaire le mythe du rêve américain. La réalité est autre. Le travail  au salaire minimum, dans une usine, la pauvreté dans un appartement mal chauffé. Après avoir peiné des années,  Dany Laferrière a accédé au rêve. Il est un auteur reconnu. Il fait partie de la minorité. Le partage de son expérience devrait en éclairer plusieurs, nouveaux arrivants ou pas.

C’est le premier livre de cet auteur que je lis et je vais en lire d’autres. Le style d’écriture poétique m’a vraiment plu. Quelles belles images il dépeint! J’ai été séduite.

 Karin Boyer