samedi 16 novembre 2013

Sous la surface de Martin Michaud : une chronique France/Québec !

Vous le savez, sur Livresquement boulimique, nous aimons vous faire partager nos lectures. Nous avons déjà collaboré avec Serge Léonard, de Libraeria. Cette fois, on récidive avec une valeur ajoutée. Notre rédacteur invité est nul autre que Lionel Clément, créateur du webzine français consacré à la littérature, L’ivre de lire. C’est, de loin, mon webzine littéraire chouchou. Boulimique de livres comme moi, Lionel aime également la littérature québécoise – tout pour que l’on s’entende à merveille! Ses critiques sont fouillées et il s’en dégage un indéniable engouement pour les mots. C’est pourquoi lorsqu’il a été question d’en faire une ensemble, j’ai répondu « oui » avec enthousiasme.

Désireux de promouvoir la littérature en langue française auprès de ses compatriotes français, il m’a suggéré que l’objet de cette lecture croisée soit un roman québécois. Vous me connaissez, j’aime beaucoup la France et y passe fréquemment du temps. Une des choses qui m’a toujours attristée quand je visitais les libraires, c’est la rareté de la littérature québécoise dans les rayons. Alors, vous croyez bien que j’étais enchantée de cette idée. Je lui ai proposé le nouveau suspense d’un auteur que j’aime beaucoup, Martin Michaud. Après avoir réglé le « détail » de lui permettre d’avoir le bouquin (il n’est pas disponible en France), il est temps de partager avec vous le résultat de l’exercice.

Tout d’abord, une mise en contexte pour ceux qui ne connaîssent pas l’auteur de Sous la surface : Martin Michaud est détenteur de nombreux distinctions, dont le Prix Roman coup de cœur du Club du polar de Saint-Pacôme en 2010 pour Il ne faut pas parler dans l’ascenseur, du Prix Saint-Pacôme du roman policier 2011 pour La chorale du diable et en 2013 pour Je me souviens.  Cet automne, l’avocat met de côté son enquêteur Lessard et sa collègue Jacinthe pour nous offrir un suspense hors série, un suspense à saveur politique.


La chronique de Lionel Clément, de L'ivre de Lire

Voilà bien une chronique qui n’aurait jamais dû voir le jour. Car sans le web, jamais ce thriller absolument palpitant ne me serait parvenu entre les mains. Sous la surface, de Martin Michaud, est en effet un roman québécois, à ce jour totalement indisponible en France. Pourtant, Martin Michaud écrit en Français, et n’a absolument rien à envier à Maxime Chattam ou  Frank Thilliez ! Simplement, il semblerait que pour bon nombre d’éditeurs français, l’hexagone soit la limite du roman en langue française, ce qui, bien entendu, et sans vouloir lancer un débat sur la littérature francophone, est absolument ridicule. Je constate simplement que le roman francophone a de moins en moins sa place sur les étals de nos librairies, et qu’il m’a été absolument impossible de l’acheter sur une librairie en ligne québécoise comme Renaud-Bray, y compris au format numérique, législation française oblige.

Heureusement, c’était sans compter ma collègue Yannick Ollassa, plus connue sur le web sous le patronyme de Bouquineuse Boulimique ! Car Yannick gère ce que je considère, et je ne suis pas le seul, être le blog littéraire le plus talentueux et passionnant du Québec, Livresquement Boulimique. Un bon blog comme on les aime chez L’Ivre de Lire, rempli d’avis de lecture passionnants et compétents. Et pour la petite histoire, Yannick a été une des premières (je crois la quatrième) à me suivre sur Twitter !

Bref, face à mon désarroi, Yannick m’a proposé de me faire parvenir Sous la surface de Martin Michaud. C’est alors qu’est née l’idée d’une lecture croisée, d’une chronique collaborative France/Québec, afin de faire découvrir au public français un roman québécois à succès et, ce qui fera l’objet d’un autre rendez-vous, que nous puissions en retour présenter aux lecteurs québécois un grand roman français. Vous me connaissez, l’idée m’a passionné, et c’est ainsi que je me suis plongé avec délectation dans Sous la surface !

Disons-le tout net, Ce thriller haletant sur fond d’élections présidentielles américaines est simplement excellent. En pleines primaires démocrates, Patrick Adams est le candidat favori des démocrates pour succéder à Barack Obama. Mais à quelques jours d’un Super Tuesday qui promet d’être disputé avec acharnement par tous les candidats, lui et sa femme Leah se retrouvent à Lowell, ville dans laquelle ils ont grandi tous les deux, en vue d’un meeting certainement décisif. Mais ce que personne ne sait, du moins le pensent-ils l’un et l’autre, c’est que vingt-cinq ans plus tôt, c’est la mort mystérieuse, par noyade, du petit ami de Leah qui les aura fait quitter précipitamment la ville... Ils se rendront compte rapidement que certains sont bien décidés à le leur rappeler !

J’ai lu Sous la surface d’une traite, en une seule nuit, comme seuls les meilleurs romans en sont capables. Si l’intrigue politique est absolument passionnante, c’est clairement dans la psychologie torturée de ses personnages que Martin Michaud a puisé le meilleur de son intrigue. Car, dans Sous la surface, vous allez rapidement être surpris et terrifiés par toute leur complexité, prêts à tout qu’ils sont pour sauvegarder les apparences, protéger une vérité dans laquelle, même s’ils le refusent, ils se révèleront être partie prenante.

Sous la surface est donc un très grand thriller, et nous ne pouvons que lancer un appel aux grands éditeurs français, afin qu’ils puissent permettre au public de découvrir non seulement ce roman, mais aussi l’oeuvre complexe de Martin Michaud dont Yannick Ollassa, la Bouquineuse Boulimique, a su auprès de moi se faire la porte-parole, et grâce à qui nous avons pu instaurer cette collaboration France/Québec passionnante!


Lionel Clément
L'ivre de Lire 
Lionel Clément est le fondateur du Webzine Littéraire L'Ivre de Lire. C'est un dingue de mots, que ce soient les siens ou ceux des autres! 

Parallèlement, il est consultant en content marketing et prend énormément de plaisir à participer à la création de sites web passionnants!




Ma chronique

Massachussetts 2016, au moment des élections primaires américaines. Patrick Adams est le candidat vedette du parti démocrate en vue d’accéder à la présidence du pays. Dans le dernier droit qui culmine avec le Super Tuesday, son équipe, son épouse et lui se retrouvent à Lowell, la ville où ils ont grandi. Leah, sa femme, est quelque peu réticente face à ce retour. Des événements l’ont poussé à fuir ce lieu 25 ans plus tôt. Alors qu’elle y remet les pieds pour la première fois depuis son départ, un fantôme de son passé surgit à nouveau et le drame à l’origine de sa désertion la rattrape. 

Écrit de façon limpide, l’histoire est si palpitante qu’elle se lit d’une traite. À l’aide d’intrigues toujours si brillamment ficelées, l’auteur lève le voile sur les jeux de coulisse en politique, un monde où la manipulation des faits est monnaie courante dans la quête du pouvoir. On navigue de revirement en revirement qui nous laissent parfois le souffle court. Alors que l’on croit avoir saisi de quoi il s’agit, la situation se révèle bien plus complexe qu’ils n’en avaient l’air. Les personnages se développent et on les découvre au fur et à mesure, à notre plus grand étonnement.

C’est le plus international des romans de Martin Michaud. Nous ne serions pas surpris de le voir connaître du succès à l’extérieur du territoire québécois. En attendant, l’auteur termine l’écriture de la quatrième enquête de Victor Lessard qui paraîtra à l’automne 2014, et il travaille avec un réalisateur connu à l’adaptation de ses romans pour la télévision et le cinéma.

Sous la surface, son quatrième roman, est la sélection du mois de novembre du Club de lecture Livresquement boulimique. Nous vous invitons à partager vos commentaires en suivant ce lien :
http://www.livresquementboulimique.com/p/club-de-lecture.html

Pour lire d’autres critiques des livres de Martin Michaud : 


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique



3 commentaires:

  1. Tout à fait d'accord avec vous deux ! Ce roman est extraordinaire !
    J'ai particulièrement apprécié les mots de Lionel Clément sur la présence (disons plutôt l'absence ...) de la littérature québécoise en France. J'essaie, dans mon blogue, de faire connaitre sa richesse, sa créativité et sa qualité. Nous avons au Québec, comme en France, des auteurs qui méritent d'être lus des deux côtés de l'Atlantique.
    Merci à vous deux pour cette chronique croisée !
    Bonne lecture !

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  2. C'est intéressant des lectures croisées, merci à vous deux, même si j'étais déjà convaincue qu'il me fallait ce titre.

    Je déplore tellement cette absence de disponibilité de nos titres dont plusieurs Français me parlent. Je pensais, par contre, que pour le numérique, c'était plus facile.

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  3. Chers Richard et Venise,

    Merci beaucoup! Eh non, il y a encore beaucoup d'obstacles à la disponibilité des romans québécois en France. Bien sûr, nos chroniques ne changeront pas tout, mais j'espère que plusieurs lecteurs français s'y intéresseront et en feront la demande à leurs libraires afin qu'une étincelle s'allume dans la grande chaîne du livre. En tout cas,à au moins éveiller la France aux autres littératures en francais!

    Je rêve un peu... Et j'aime ça! 😉

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