mardi 19 novembre 2013

Guérisseuses de mères en filles et gardiennes d’un secret de famille


Non, surtout ne regardez pas cette couverture invitante! Votre œil l’a remarqué, et vous le saisissez. Mais rien n’est perdu, il suffit de ne pas lire la quatrième de couverture. Comment? Là encore vous avez succombé? Cela s’aggrave. Contrôlez votre main et interdisez-lui de tourner les premières pages! Pardon ? Vous n’avez pu vous en empêcher? Si vous mettez un frein à votre lecture avant la page 29 vous parviendrez à vous sevrer. Sinon, vous allez devoir faire comme moi et vous laisser engloutir par le plaisir de plonger au cœur d’une intrigue bien ficelée dans la France du  XVIIème siècle.

Hervé Gagnon nous propulse en l’an 1639 dans une France aux prises avec la famine, les révoltes vidant encore plus les caisses de l’état et à un clergé inquisiteur. C’est durant ces heures sombres que les Dujardin, guérisseuses et accoucheuses de mère en fille depuis des générations, coulent des jours heureux à Abélès, un petit village sans prétention. Elles ont su y trouver un équilibre avec le curé de la paroisse. Bien que ne les aimant pas particulièrement, ils se sont répartis leurs interactions avec les habitants : à lui les âmes et à elles les corps. Mais voilà, le bon vieux prêtre rondouillard vient à mourir et est remplacé par un jeune curé pervers et imbu de lui-même qui n’entend pas partager son pouvoir avec qui que ce soit.

Non loin de là le second protagoniste du roman, un ancien soldat devenu armurier, François Morin, a le malheur de trouver que le prix demandé par un gabeleur pour du sel est un peu trop élevé, ce qui  lui vaudra de servir d’exemple. Lorsqu’il apprend le massacre de sa femme et de sa fille, il se venge cruellement. On l’appellera alors «le démon se promenant dans les bois».  C’est dans ces circonstances que les chemins de François et d’Anneline Dujardin vont se croiser et ne pourrons plus se séparer. Traqués par un prévôt assoiffé de vengeance, par un inquisiteur à la recherche d’un livre mystérieux et dangereux et par des mousquetaires diligentés par le cardinal Richelieu, une fuite pour survivre s’engage.

L’auteur livre ici un roman à la fois palpitant et glauque. L’ambiance de cette époque, et surtout sa noirceur, décrite avec précision plonge le lecteur dans une succession d’émotions allant jusqu’à la rage ressenti par François. L’utilisation d’un langage un peu plus d’époque participe à cette immersion. Les personnages sont très crédibles et construits sur des assises solides qui se développent durant la lecture. Mon seul regret, comme ce fut le cas avec ses précédents ouvrages (Vengeance tome 1 et tome 2),  est de devoir attendre l’arrivée du second tome.

Dominique de Leeuw


1 commentaire:

  1. Ce fut une belle découverte pour moi aussi !
    J'attends le second tome avec impatience.
    On s'attache très rapidement aux personnages.
    Et l'histoire est bien racontée, bien documentée.
    Merci !

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