vendredi 18 octobre 2013

Destins tragiques


Le moins que l’on puisse dire, c’est que Digger et Clay, des demi-frères, sont nés sous une mauvaise étoile. Ils font partie de ces individus avec qui la vie n’est vraiment pas tendre. Quelle poisse! Comme on est dans un roman de R. J. Ellory, il ne s’agit pas de petite malchance, du genre avoir crevaison, renverser son café sur un papier important. Non. Ici, c’est beaucoup plus tragique que cela.

Alors qu’ils sont dans un centre de correction pour jeunes, Earl Sheridan, un criminel condamné à mort est transporté vers l’établissement où il sera mis à mort. Une tempête de neige éclate. Sheridan et ses geôliers s’arrêtent pour la nuit dans le centre de correction pour jeune qui abrite Digger et Clay, deux demi-frères. Or, le prisonnier trouve le moyen de s’évader, en prenant les demi-frères en otage. Il s’ensuit une multitude de crimes et de meurtres crapuleux dans lesquels les frères sont entraînés.

Les employés du centre correctionnels pour mineurs avaient déjà cerné les principales différences entre les deux garçons, mais celles-ci se retrouvent exacerbées en présence de Sheridan. Digger, le plus vieux et le plus violent, se prend d’admiration pour Sheridan. Il choisit rapidement son camp et s’allie au criminel, alors que Clay tente de lui faire retrouver la raison. Peine perdue.

Lors d’un cambriolage particulièrement sanglant, le trio est séparé. Clay prend la fuite avec la fille d’une des victimes tandis que Digger et Sheridan poursuivent leur chemin funeste. Une série de rebondissements scellera le destin tragique des deux frères.

La force de l’auteur est sans contredit la psychologie des personnages. Il amène le lecteur dans les méandres des pensées des personnages. Ce qui caractérise son écriture est cette incursion dans la tête des criminels. Il expose tous les mécanismes de leur logique (malade, malsaine, etc.) C’est fascinant de voir à quel point Digger raisonne et tourne tous les événements, toutes les interactions pour justifier ses croyances et ses actes d’une violence inouïe.

Dans les œuvres d’Ellory, il est toujours question de rédemption. Dans celle-ci, ce besoin de se racheter est moins présent. C’est Clay qui veut revenir dans le droit chemin, alors que son frère sombre de plus en plus dans la violence meurtrière. C’est d’ailleurs cette évolution qui est la plus marquante, tant l’auteur réussit à nous plonger dans l’esprit blessé et vicieux de Digger.

Un roman d’une noirceur totale. Il fascine et empoigne le lecteur dès les premières pages pour le recracher, à la fin, pantelant, ébranlé et, d’une certaine façon, ravi.

Pour lire l'entrevue que j'ai effectuée avec l'auteur lors des Printemps meurtriers de Knowlton, suivez ce lien : 
http://www.livresquementboulimique.com/2013/05/printemps-meurtriers-rj-ellory-ecrivain.html

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire