dimanche 22 septembre 2013

Une première réussie pour l’opéra Lakmé de Delibes

Crédit photo : Yves Renaud - Opéra de Montréal


Un délice à saveur d’Orient

Au XIXe siècle, Nilakantha, un brahmane récalcitrant à la colonisation de son pays par les Anglais implore les dieux de venger son peuple de l’envahisseur. Alors que le temple secret qu’il occupe dans la jungle est vide, des soldats anglais, Frédéric et Gérald, et leurs compagnes s’y introduisent. Frédéric met le groupe en garde des risques qu’ils courent de se trouver dans le temple de Nilakantha, ce qui convainc le groupe de quitter le temple, hormis pour Gérald, qui s’y cache, curieux de voir Lakmé, la fille du Brahman, dont on dit de sa beauté qu’elle est envoûtante. Lorsqu’ils se voient, Lakmé et Gérald succombent au charme l’un de l’autre, ce qui déplaît à Nilakantha. Celui-ci jure, en plus de venger son peuple de son colonisateur, de donner la mort à l’homme qui a volé le cœur de sa fille.

Avec des décors somptueux et des costumes fabuleux, la coproduction de l’Opéra de Montréal et de l’Opera Australia invite le spectateur au dépaysement durant les trois actes. Les symphonies de l’orchestre sont d’une qualité remarquable et constituent un support idéal à la mélodie des voix. La performance des chanteurs ne peut être remise en doute tant en solo qu’en groupe. Audrey Luna, qui tient le rôle de Lakmé, chante dans un registre tout à fait impressionnant suscitant à chaque fois l’émotion recherchée auprès du spectateur. Cet opéra se révèle être un régal tant auditif que visuel et le temps passe si vite que l’on est surpris que le moment de l’entracte soit déjà arrive ou de retour, si l’on considère le second.

Bien que celui-ci soit en français, il est parfois assez difficile de comprendre les paroles. Pour cela, les sous-titres se révèlent d’une aide précieuse. La mise en scène est quelque peu statique ce qui vient en contraste avec le propos de la pièce et les sentiments violents et profonds qui en sont le sujet. Il est presque impossible de ne pas chanter dans notre tête la musique que l’on entend, mettant ainsi en communion le spectateur et le chanteur.

L’opéra accessible à tous les budgets

La croyance populaire au sujet de l’opéra est que cet art ne s’adresse qu’aux bourses bien remplies. Or, il n’en est rien. On peut y assister pour aussi peu qu’une vingtaine de dollars. De plus, des prix spéciaux sont octroyés aux jeunes. Le coût de l’abonnement 18-30 ans est à 30 $ le billet et les 17 ans et moins bénéficient de 40 % de rabais. Il n’y a donc aucune raison de s’en priver.

Les prochaines représentations de Lakmé auront lieu les 24, 26 et 28 septembre 2013.


Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

Dominique de Leeuw

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