lundi 9 septembre 2013

Pardonner l'impardonnable?


Dans un petit village du New Hampshire, Sage Singer, une jeune boulangère de 23 ans, blessée au visage dans un accident qui a coûté la vie à sa mère, se lie tranquillement d’amitié avec Josef, un membre du groupe de soutien pour endeuillés qu’elle fréquente. Il a plus de 90 ans.

Un jour, Josef demande à Sage de l’aider à mourir. C’est alors qu’il lui révèle avoir été SS lors de la Deuxième Guerre mondiale. Plus précisément, il était commandant l’unité des femmes au camp d’Auschwitz. Sage se retrouve en proie à un dilemme moral. Peut-on pardonner l’impardonnable ? Peut-on pardonner si la personne a passé plus de 70 ans à faire le bien autour de lui ? Est-ce possible de pardonner à quelqu’un qui ne nous a rien fait directement, mais au nom d’un peuple auquel on appartient, même si on ne s’y sent aucun lien d’appartenance ? Accéder au souhait du vieil homme est-il justifié en raison des horreurs qu’il a commises ?

Afin de rechercher les réponses à ces questions, on est plongé dans le lourd passé de l’homme, mais également celui de Minka, la grand-mère de Sage, ayant été emprisonnée à Auschwitz. C’est là que l’on rencontre Darija, Ania et plusieurs autres. On plonge dans les abysses du mal qui peut résider en l’être humain. On assiste, comme si l’on était là, à plusieurs scènes révoltantes, d’une grande cruauté, telles qu’il y en a tant eu durant la guerre.

Pardonne-lui est un roman qui ébranle, qui ne peut laisser personne indifférent. Jodi Picoult excelle dans l’art de dépeindre le drame. Les personnages aux souffrances sont tangibles, sont plus grands que nature.

Le dénouement est un peu prévisible, mais cela n’en ruine pas l’effet. Mon seul bémol est qu’on ait inséré une histoire d’amour dans ce récit qui n’en avait pas du tout besoin. Cette tendance typiquement américaine peut parfois gâcher ce qui aurait pu être une histoire exceptionnelle. Heureusement ici, l’idylle ne porte pas trop ombrage au reste du roman, qui demeure puissant.

En librairie le 12 septembre.

Yannick Ollassa /La Bouquineuse boulimique



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