vendredi 27 septembre 2013

Meurtres, humour noir et absurdités!


À Rio dans les années 30 sévit un meurtrier en série qui s’attaque aux femmes avec un important surplus de poids. Dès le départ, on connaît le meurtrier. Il s’agit du propriétaire de la plus prestigieuse entreprise de pompes funèbres de la région, Charon Eusébio. C’est un personnage désaxé. Grand, squelettique, privé de nourriture par sa mère obèse, il se venge maintenant sur les « grosses » en les faisant payer par où elles ont péché.

Un quatuor de professionnels forme une équipe pour tenter d’élucider les meurtres ; l’inspecteur Noronha à l’humeur taciturne, toujours affublé de son cigare, son assistant, Calixto, un jeune homme intrigant, Diana, une journaliste amatrice de vitesse au volant et Tobias Esteves, un ancien policier portugais qui, après avoir été congédié par le service de police, a quitté le pays pour s’établir à Rio et ouvrir une chaîne de pâtisserie. 

La dynamique entre Esteves et Calixto est délicieuse. Ces deux hommes ne peuvent être plus aux antipodes l’un de l’autre. L’un est coloré, rondouillard, perfectionniste, exubérant, a d’excellentes capacités de déduction, une logique implacable et une vaste culture, alors que l’autre est introverti, grand et mince, un peu lent à comprendre, de constitution fragile, plutôt ignare, psychorigide au possible, on se demande comment il se fait qu’il soit devenu inspecteur, puisqu’il menace de tourner de l’œil à l’approche d’une scène de crime. Cela donne lieu à des situations rigolotes. 

C’est une histoire palpitante où l’auteur fait état de sa très grande culture, par l’entremise du personnage de Tobias Esteves, qui est aussi impressionnant qu’attachant. Cependant, il y a un peu trop de noms et de détails, notamment au début. Cela perd le lecteur, entre autres parce qu’ils ne sont pas en français. Les citations en portugais lorsqu’elles ne sont pas traduites frustrent le lecteur, qui a l’impression de perdre son temps. D’autre part, l’humour noir, parfois un peu grinçant est tout à fait succulent. Les nombreuses situations cocasses maintiennent le lecteur accroché. Un moment de lecture qui saura vous mettre le sourire aux lèvres.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique


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