lundi 19 août 2013

Sauvegarder les apparences à tout prix


Hélène, une bourgeoise, dans la cinquantaine, est marié à Henri, un éditeur. Cette femme parfaite, toujours à sa place, attentionnée, s’occupe des autres, mais personne ne se préoccupe d’elle. C’est qu’elle va toujours bien, Hélène. Elle est toujours en contrôle. Bien mise, même pas une mèche de travers, rien.  Toujours irréprochable. Puis un jour, comme ça, elle craque. Elle se trouve au lit avec un parfait inconnu. Comble de malchance, il meurt à la fin de leur étreinte. Elle quitte les lieux, affolée, oubliant son sac à main.

À compter de cet instant, elle se métamorphose, aspirée par le mensonge initial, elle les enfile les uns après les autres, elle manipule les gens et les événements, pour préserver les apparences. Car il s’agit bien de cela, ici. Les qu’en-dira-t-on, le bien, le mal. Pour la femme au foyer, chaque tromperie sert à préserver ce qui compte le plus et qui fait sa vie celle qu’elle est, qui justifie son existence, l’image. De cauchemar en cauchemar, le tragique atteint son paroxysme.

Le lecteur est happé au cœur du tumulte intérieur d’Hélène. Il en éprouve chaque émotion, chaque déchirement. Les courts chapitres donnent le ton, instaurent un rythme qui s’accélère jusqu’au dénouement. Celui-ci laissera le lecteur avec plusieurs questionnements, le déstabilisera à coup sûr. Le laissant, sur le coup, avec une impression de coït interrompu.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

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