mercredi 15 mai 2013

Printemps meurtriers - Maureen Martineau et Le jeu de l'ogre : le Québec meurtrier


De plus en plus de romans policiers québécois trouvent leur chemin sur les tablettes des librairies. Le Québec meurtrier (tel est le titre d’une table ronde des Printemps meurtriers) s’agrandit peu à peu. 

Maureen Martineau a choisi le Centre-du-Québec comme théâtre de son histoire. « J’ai choisi de situer l’histoire au Centre-du-Québec dans le milieu rural. Je tenais beaucoup à ce que le fleuve de notre coin soit dans l’histoire. Le paysage plat qui mène au fleuve et la région sont bornés par les Appalaches. Ce bord du fleuve est à la fois désolant et très beau. C’est un endroit peu habité et méconnu. Ça servait bien de l’histoire. J’ai voulu parler de ce qui m’entoure. »

Le roman se passe en effet dans cette région ou Nickie Provost et sa sœur Alexandra ont résolu de venger leur mère, décédée l’année précédente dans un accident de voiture, de l’Ogre qui lui a fait du mal de nombreuses années auparavant. Les choses se compliquent lorsqu’une mort met la police et l’enquêtrice Judith Allison sur la trace de Nickie. En quoi est-elle impliquée dans l’affaire ? Cela mettra-t-il en jeu ses plans de vengeance ?

Saviez-vous que l’auteure n’est pas à ses premières armes en écriture? Avant Le jeu de l’ogre, elle a écrit pendant 30 ans pour le théâtre. Puis elle a eu envie de tenter l’aventure de la littérature qui, selon elle, lui offre plus de liberté. « Le roman est un terrain de jeu beaucoup plus vaste. Au théâtre, on est très limité, notamment quant aux personnages et aux lieux. On peut développer les histoires davantage. De plus, la narration m’interpelait. J’avais également envie d’essayer l’écriture seule. Je viens d’une culture d’écriture collective. Mes expériences en dramaturgie avec le Théâtre Parminou et au théâtre communautaire étaient majoritairement collectives. Ce sont des histoires plus psychologiques, plus dans le dialogue. »

Et pourquoi la littérature policière? « J’adore la littérature policière. C’est un genre que j’ai découvert plus tard. Il y a de cela dix ans environ. J’aime particulièrement les auteurs scandinaves et européens. Tout le regard qu’il posait sur la société. Ce côté-là m’intéresse beaucoup »

Un élément intéressant dans Le jeu de l’ogre est que l’auteure a choisi plusieurs premières pour son premier roman. Elle y crée un service de police qui vient d’être constitué, puis son héroïne est également à ses débuts. Le lecteur se trouve tout au début de l’aventure, presque au même pied que les enquêteurs.


Ayant une préférence pour le polar d’enquête, il lui fallait donc un enquêteur ou une enquêtrice. Le choix entre les deux a été facile. Comme il y a peu de femmes dans ce rôle, Judith Allison est née. L’auteur estime que le fait qu’elle soit jeune est vraisemblablement parce qu’elle pense peut-être écrire plusieurs romans, donc elle aurait une longue carrière devant elle. Ayant des enfants et des neveux de ces âges-là, elle désirait également explorer cette génération-là.

Comme elle s’intéresse aux criminels, à découvrir leur univers pour essayer de comprendre ce qui les a poussés à commettre ce geste, la narration se partage entre l’enquêtrice et le malfaiteur. « Ce qui m’intéresse, c’est le crime borderline. Ça m’a toujours intéressé les professionnels qui par manipulation, abusent de ses clients. C’est le cas de Luc Gariépy. La proie tout indiquée était Nickie Provost, c’est une fille qui compense beaucoup dans la sexualité et qui la vie assez libre. »

La sexualité occupe en effet une place importante dans ce premier opus. Elle avoue avoir reçu quelques commentaires à cet effet. « Quelques personnes ont réagi au passage qui comportent des rapports sexuels. En fait, je suis portée à écrire des scènes de lit ou des scènes amoureuses, parce que cela dévoile beaucoup de la personne. De plus, ça m’a toujours agacée quand je lis une histoire où l’on nous laisse sur le bord de la porte de la chambre à coucher. Comme s’il y avait encore un tabou à ce sujet. J’ai voulu aller au-delà de ça. C’est plus réaliste, à mon avis. »

« Le deuxième qui paraîtra s’intitulera L’enfant promi. L’intrigue sera complètement différente. Il tournera autour de l’univers du Réseau de la Famille Arc-en-ciel, un mouvement alternatif jeune qui s’apparente légèrement aux hippies. Ils établissent un camp, ils font un jardin. C’est Il y aura un squelette qui est retrouvé, puis quelques jours plus tard, il y a un enfant de 4 ans qui disparaît. Donc, ça tournera beaucoup autour des mères. Autant celles qui ont des enfants dont ils ne sont pas capables de s’occuper et celles qui ne sont pas en mesure d’en avoir malgré leur désir ardent. » Sortira l’automne prochain.

Maureen Martineau a suivi une formation en théâtre à l’Université du Québec, après quoi elle a travaillé comme comédienne et metteure en scène au sein du Théâtre Parminou. Le jeu de l’ogre, publié à La courte échelle, est son premier roman.


Elle participera au Rendez-vous COUPABLE N° 2 une table ronde s’intitulant À la découverte du Québec meurtrier, qui aura lieu le samedi 18 mai à 13 h dans le cadre des Printemps meurtriers de Knowlton.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

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