vendredi 17 mai 2013

Printemps meurtriers - Jacques Saussey, auteur français amoureux du Québec


Saviez-vous que cet auteur français, amoureux du Québec depuis 20 ans a écrit, en 2011, un roman qui se passait au Québec ? Je vous invite à le découvrir !

En 2011, Jacques Saussey a publié Quatre racines blanches dont l’action se déroule notamment à Montréal. Daniel Magne, inspecteur français, se trouve à Montréal pour un colloque des policiers francophone. Il est alors témoin d’un enlèvement au sous-sol de l’immeuble qui abrite le rassemblement. Un échange de coup de feu a lieu et le policier québécois qui accompagnait Magne tombe sous les balles. Le Français devient l’unique témoin du crime. Le seul à pouvoir identifier les assassins. Pas assermenté pour mener l’enquête lui-même, il prolonge cependant son séjour afin d’aider la SQ à résoudre le meurtre et mettre les malfaiteurs derrière les verrous.

Afin de se renseigner correctement, Jacques Saussey a rencontré un agent de la Sureté du Québec lors de son passage en 2011. Il l’a informé des particularités des véhicules, des moteurs, des armes de service, des juridictions et compétences propres à la Sureté du Québec, au Service de police de la ville de Montréal, de la Gendarmerie Royale du Canada et des Peace Keapers. Cette aide précieuse lui a permis d’écrire un récit crédible. « Toutes erreurs qui pourraient subsister ne seraient que de mon fait et pas du sein », me dit-il en riant. Son voyage était également important pour lui afin de voir la ville, d’expérimenter l’hiver, qu’il ne connaissait pas, pour transcrire le tout dans l’histoire.

Fin de l’interlude québécois.

Gagnant de concours littéraire pour ses nouvelles en 2002 et en 2007, l’auteur cherchait un projet plus ambitieux. Il a donc rédigé son premier roman, un pavé de 520 pages. Tout un défi, quand même! Il a commencé à travailler sans plan précis, mais s’est rapidement rendu à l’évidence que pour respecter l’architecture temporelle du récit, il lui faudrait un plan beaucoup plus détaillé. Son premier polar (il est à écrire son sixième), Colère Noire, est distribué au Québec depuis avril 2013. Il met en scène l’inspecteur Daniel Magne et sa collègue Lisa Heslin, attaché au commissariat du Xe arrondissement de Paris. Ils doivent élucider le meurtre d’un industriel, partisan de l’extrême droite. Leur travail n’est pas de tout repos, car l’homme qui avait de nombreux contacts politiques a également de très multiples ennemis. Ils auront plusieurs nœuds à dénouer au fur et à mesure que l’enquête avance. Celle-ci mènera le lecteur de Paris à Sens, à New York, jusqu’en Afrique du Sud.

L’idée de ce récit a surgi autour d’une activité chère à l’auteur: le tir à l’arc, qu’il a pratiqué entre 1985 à 1995. L’ancien champion de France est d’ailleurs venu au Québec en 1995 pour s’adonner à la chasse à l’arc. Il n’était pas familier avec le tir instinctif et avait besoin de vivre ses particularités afin de les intégrer à un éventuel projet d’écriture. Assez peu banal, comme arme de crime, n’est-ce pas? « L’arc s’est imposé de lui-même, car c’était, à l’époque, le prolongement de mon bras et de mon cerveau. Puis, une arme à feu, pour moi, c’est un peu plus étrange. J’ai donc recreusé mon parcours pour bien faire passer au lecteur ce qui se passe au moment de décocher une flèche particulièrement sur une cible humaine. » Comme il s’agissait de son premier roman, il s’est servi de ce qu’il connaissait le mieux, tant en ce qui a trait aux armes qu’aux endroits.

D’ailleurs, les lieux revêtent une importance particulière pour l’auteur de L’Yonne. « J’aime bien faire bouger mes personnages, j’aime quand il y a du souffle. J’aime mettre mes personnages en déséquilibre. Les lieux sont importants pour déstabiliser le lecteur. Ils changent la température et la couleur du récit. »

Quand je l’ai questionné au sujet d’une des tables rondes auquel il prendra part, Qui mène? Le personnage ou l’histoire? Il m’a répondu en riant : « Daniel Magne a tendance à laisser le pas de plus en plus à Lisa la jeune femme qui prend de plus en plus d’ampleur, au fur et à mesure des mois, des romans, elle est en train de lui voler la vedette. Elle refuse certaines scènes, où j’essaie de la mettre dans certaines situations. Elle en fait qu’à sa tête! Elle est extrêmement attachante! Dans le 6e roman, j’ai décidé de lui donner l’ampleur la plus totale, j’espère que Daniel Magne ne m’en voudra pas! » On lui souhaite, parce qu’un inspecteur redoutable qui ne vous porte pas dans son cœur, c’est pas jojo! Encore plus quand il vit dans votre tête!

Le prochain projet de Jacques Saussey, son septième roman, sera noir. Cette fois-ci Daniel Magne et Lisa seront au repos. Ce sera tout probablement un médecin ou quelqu’un qui a une vie rangée, une vie sociale. Bref, une vie équilibrée qui se retrouve bouleversée. Hum… ça promet!

Daniel Saussey se réjouit à l’idée de rencontrer des auteurs québécois, car il en connait relativement peu. Il en profitera également pour participer aux nombreuses activités au programme. Pour sa part, il prendra part, samedi 18 mai à 16 h au rendez-vous COUPABLE N° 5, Qui mène? Le personnage ou l’histoire? et dimanche 19 mai à 14 h 30  à la table ronde internationale Mourir ici ou ailleurs?

Les Printemps meurtriers de Knowlton se déroulent du 17 au 19 mai prochain.

Yannick Ollassa / La Bouquineuse boulimique

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